La violence fait-elle partie intégrante du hockey sur glace ? Une récente altercation entre Matt Lamp, des Rangers de New York, et Ryan Reeves, des Sharks de San José, a ravivé le débat sur la place des combats dans ce sport, alors que la culture de la bagarre évolue, notamment en Amérique du Nord.
L’incident, survenu le 23 du mois dernier au Madison Square Garden de Manhattan, New York, a vu les deux joueurs échanger des coups de poing pendant plus de 20 secondes, sous le regard passif des arbitres. Si cette scène a été accueillie avec enthousiasme par une partie du public, elle soulève des questions sur les risques pour la santé des joueurs et l’éthique sportive.
Ce type de confrontation n’est pas nouveau. Le 2 mars de l’année dernière, Lamp et Reeves s’étaient déjà affrontés lors d’un match au Scotiabank Arena de Toronto, alors que Reeves évoluait sous les couleurs des Maple Leafs.
Le hockey est unique en son genre, car il autorise officiellement les combats. Les règles sont précises : en retirant ses gants, un joueur déclare son intention de se battre, et si son adversaire répond, le combat est engagé. Les arbitres interviennent ensuite pour mettre fin à l’affrontement, qui peut entraîner des pénalités.
Historiquement, ces combats étaient considérés comme un moyen de maintenir l’ordre sur la glace et de dissuader les fautes, en particulier à une époque où l’équipement de protection était moins performant. Les joueurs qui assumaient ce rôle de « justiciers » étaient appelés « exécuteurs ». Cependant, ces dernières années, la ligue a pris conscience des conséquences néfastes de cette culture sur la santé des joueurs.
En 2011, le décès de trois joueurs reconnus pour leur combativité, tous atteints d’encéphalopathie traumatique chronique (ETC), a marqué un tournant. L’ETC est une maladie dégénérative du cerveau liée aux traumatismes crâniens répétés. Depuis lors, les voix s’élèvent pour promouvoir un hockey plus axé sur la technique et moins sur la violence. Le nombre de « guerriers » par équipe a considérablement diminué.
Malgré cette évolution, les combats restent un élément populaire auprès de certains fans. Des plateformes comme « HockeyFights » enregistrent et diffusent les altercations survenues dans différentes ligues, permettant aux internautes de voter et de commenter les affrontements. Matt Lamp, en particulier, est devenu une figure populaire grâce à ses combats, qui sont souvent mis en avant dans les vidéos et les classements.
La situation est différente en Corée du Sud, où les bagarres sont rares lors des matchs nationaux. Un responsable de l’Association coréenne de hockey sur glace a déclaré : « Contrairement à la ligue nord-américaine, il n’y a pas de bagarres pendant les matchs en Corée. Récemment, il y a eu une atmosphère où l’on essaie d’éviter davantage de violence. » En Corée, les combats sont perçus comme une violation de l’esprit sportif.
Le hockey coréen est davantage axé sur la performance que sur le divertissement, et l’évaluation des joueurs se base principalement sur leurs résultats. L’association met en avant des joueurs prometteurs tels que Lee Chong-min, Kim Sang-wook et Lee Don-gu.
Le hockey sur glace connaît une croissance constante en Corée du Sud, notamment dans le domaine des sports récréatifs. En 2025, le nombre de membres inscrits atteindra 3 900, soit une augmentation de 51,6 % par rapport à 2015 (2 572 personnes). L’intérêt pour ce sport est également stimulé par le développement des infrastructures et la couverture médiatique accrue.
