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Iran et Oman lancent premières discussions sur le détroit d’Ormuz malgré tensions US-Iran

by Clara Dubois
Une réunion historique, mais des désaccords persistants

Le détroit d’Ormuz, artère vitale du commerce mondial et passage de près de 20 % du pétrole et du gaz naturel liquéfié échangés par voie maritime, est au cœur d’une tension diplomatique et sécuritaire sans précédent. Alors que l’Iran et Oman ont tenu leur première réunion conjointe pour en discuter, les États-Unis et l’Iran s’affrontent sur l’interprétation d’un accord-cadre signé le 17 juin, tandis que les prix de l’énergie fluctuent sous la pression des risques persistants.

Une réunion historique, mais des désaccords persistants

Le 29 juin 2026, le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Kazem Gharibabadi, a annoncé sur X (anciennement Twitter) que la première réunion du Comité conjoint du détroit d’Ormuz s’était tenue à Muscat, en Oman. Lors de cette rencontre, les deux pays ont examiné les problèmes actuels liés au détroit et échangé des vues sur sa gestion future, selon Euronews et Tasnim News. Cette initiative intervient alors que les États-Unis et l’Iran tentent de stabiliser leur accord-cadre, signé le 17 juin à Versailles, après des échanges de frappes qui ont mis à mal la trêve fragile.

Une réunion historique, mais des désaccords persistants
Pourtant, les positions divergent sur la tenue de négociations techniques. Le ministère iranien des Affaires étrangères a nié toute réunion prévue dans les prochains jours, tandis que des médias américains, comme The Hindu, rapportent que des discussions sont prévues à Doha dès le 30 juin. Le président américain Donald Trump a lui-même confirmé sur Truth Social que l’Iran avait demandé une réunion, prévue pour le lendemain, malgré les dénégations de Téhéran.

« Iran a demandé une réunion et celle-ci aura lieu demain à Doha. »

Le détroit d’Ormuz, un enjeu géopolitique et juridique

Le détroit d’Ormuz est un point de passage stratégique, mais son statut juridique reste un sujet de contentieux. Selon le droit international, notamment la Convention des Nations unies sur le droit de la mer (UNCLOS), les navires jouissent d’un « droit de passage en transit » à travers les détroits utilisés pour la navigation internationale, sans que les États riverains ne puissent imposer de restrictions ou de taxes. Pourtant, l’Iran a utilisé le détroit comme levier de négociation depuis le début du conflit avec les États-Unis et Israël en février 2026, imposant des frais de transit pour compenser les dommages causés par la guerre, comme l’explique Indian Express.

Le détroit d’Ormuz, un enjeu géopolitique et juridique
Aujourd’hui, alors que le détroit est partiellement rouvert, l’Iran maintient une position ferme : il entend conserver un contrôle sur les routes maritimes, tout en proposant un mécanisme d’assurance pour les navires transitant par ses eaux. Le général Mohsen Rezaei, ancien commandant des Gardiens de la révolution islamique (IRGC) et conseiller du guide suprême iranien, a souligné que les coûts liés à la sécurité et à la protection environnementale ne devraient pas être supportés par le peuple iranien, mais par les transporteurs de pétrole, selon ANI News.

« Nous voulons maintenir la sécurité du détroit d’Ormuz. Nous voulons protéger l’environnement du détroit d’Ormuz. Il faut établir un mécanisme d’assurance pour que les navires impliqués dans des incidents ou rencontrant des problèmes soient couverts. »

Cette proposition divise. Les États-Unis rejettent toute idée de taxes ou de frais de transit, considérant que cela violerait le droit international. Le président Trump a qualifié une telle mesure d’« inacceptable », rappelant que les détroits comme celui d’Ormuz ne peuvent être soumis à des péages, selon ANI News.

Oman au cœur des tensions : entre neutralité et équilibre délicat

Oman, pays hôte de la réunion, se retrouve tiraillé entre ses alliances régionales et sa volonté de préserver la liberté de navigation. Le sultanat a longtemps joué le rôle de médiateur entre l’Iran et les États-Unis, mais cette position est aujourd’hui mise à l’épreuve. Alors que l’Iran affirme son autorité sur les routes maritimes du détroit, Oman a annoncé un plan alternatif pour les navires, en coordination avec l’Organisation maritime internationale (OMI), selon The National.

Redrawing maritime power? Iran-Oman discuss arrangements for Strait of Hormuz management
Cette initiative a provoqué l’ire de l’Iran, qui a rappelé que seules les routes approuvées par Téhéran étaient valides. Le Corps des Gardiens de la révolution islamique (IRGC) a même menacé de sanctions contre les navires ne respectant pas cette règle. Résultat : jusqu’à 600 navires se trouvent aujourd’hui dans une situation de flou juridique, devant choisir entre deux autorités aux instructions contradictoires.

Iran Contrôle des routes maritimes, frais de transit possibles, menace de sanctions
Oman Plan alternatif pour les navires, coordination avec l’OMI
États-Unis Rejet des frais de transit, liberté de navigation
Cette situation reflète les divisions internes au sein même de l’Iran. Depuis la mort du guide suprême Ali Khamenei le 28 février 2026, le pays est moins uni, avec l’IRGC, plus radical, s’opposant aux concessions négociées par les canaux civils. Oman, quant à lui, tente de concilier ses relations avec Téhéran et sa coopération avec les États-Unis et les pays du Golfe, comme l’illustre The National.

Quelles conséquences pour l’économie mondiale et les prix de l’énergie ?

Les incertitudes autour du détroit d’Ormuz pèsent lourdement sur les marchés énergétiques. Après une hausse des transits de 270 % depuis la trêve du 8 avril, le trafic reste en dessous des niveaux d’avant-guerre, selon The National. Les prix du pétrole, bien que moins volatils qu’auparavant, restent sous pression : le Brent a atteint 72,51 dollars le baril le 29 juin, tandis que le WTI se négociait à 69,94 dollars, selon Live Mint.

Quelles conséquences pour l’économie mondiale et les prix de l’énergie ?
L’Iran envisage même de créer une autorité régionale pour gérer le détroit et percevoir des frais de transit, estimés à 40 milliards de dollars par an, selon Crypto Briefing. Cette idée, qui pourrait révolutionner la géopolitique énergétique, est cependant rejetée en bloc par les États-Unis et leurs alliés. Les sanctions américaines et les tensions régionales rendent toute mise en œuvre complexe, mais l’Iran explore déjà des solutions alternatives, comme un système d’assurance maritime basé sur les cryptomonnaies, notamment le Bitcoin.

Et maintenant ? Les prochaines étapes et les risques

Les prochains jours seront cruciaux. La réunion prévue à Doha pourrait soit apaiser les tensions, soit les exacerber. Les États-Unis et l’Iran ont tous deux confirmé qu’ils se tiendraient à l’écart des frappes pour l’instant, mais la question des frais de transit et du contrôle du détroit reste un point de blocage majeur. Les pays du Golfe, notamment l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, ont déjà exprimé leur opposition à toute tentative de taxation ou de contrôle des routes maritimes, selon The National.

Sur le plan juridique, la communauté internationale devra trancher : le détroit d’Ormuz est-il un passage international libre, ou un espace de souveraineté partagée où les États riverains peuvent imposer des règles ? La réponse déterminera non seulement la sécurité des navires, mais aussi l’équilibre géopolitique de la région pour les années à venir.

En attendant, les acteurs économiques et les États observent de près les développements, conscients que toute perturbation majeure du trafic pourrait déclencher une nouvelle crise énergétique mondiale.

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