Home Affaires«Une balle dans le pied» : Eric Larchevêque (Ledger) dénonce l’arrivée de l’euro numérique

«Une balle dans le pied» : Eric Larchevêque (Ledger) dénonce l’arrivée de l’euro numérique

by Amélie Bernard

Publié le 20 novembre 2025 à 22h14. L’entrepreneur Éric Larchevêque critique vivement le projet d’euro numérique porté par l’Union européenne, le jugeant contre-productif et préconisant le développement des stablecoins indexés sur l’euro comme alternative pour renforcer la monnaie unique face au dollar.

  • Éric Larchevêque estime que l’euro numérique est une « catastrophe » et risque de freiner l’influence de l’euro à l’international.
  • Il plaide pour une libéralisation de l’émission de stablecoins en euros, actuellement limitée à deux organisations : SG Forge et Circle.
  • La Banque centrale européenne (BCE) reste sceptique quant aux cryptomonnaies et défend l’euro numérique comme un moyen de contrôler la monnaie.

Pour Éric Larchevêque, cofondateur de Ledger, l’Union européenne se pose un problème avec son projet d’euro numérique. Invité sur BFM Affaires le 20 novembre, il a exprimé son désaccord total avec le lancement de la phase pilote prévu en 2027.

« C’est malheureusement une catastrophe. »

Éric Larchevêque, entrepreneur

Selon lui, cette monnaie numérique, conçue comme une version en ligne de l’argent liquide, ne permettra pas à l’Europe de rivaliser avec le dollar américain. La solution, à ses yeux, réside dans le renforcement de l’euro par le biais d’une émission importante de stablecoins, des cryptomonnaies dont la valeur est adossée à celle d’un actif stable, en l’occurrence l’euro. Cette stratégie permettrait de mieux positionner la monnaie européenne sur le marché mondial.

Larchevêque critique également la réglementation européenne actuelle, qu’il juge contraignante et protectrice de certains intérêts. Il estime que cette réglementation entrave l’exportation de l’euro et bloque l’innovation. Il souligne que, pour l’instant, seuls SG Forge et Circle sont autorisés à émettre des stablecoins en euros en raison de ces réglementations strictes.

La BCE, de son côté, affiche un scepticisme de longue date envers les cryptomonnaies, qu’elle considère comme une forme de « privatisation » de la monnaie. C’est cette préoccupation qui motive son projet d’euro numérique. Larchevêque prédit cependant l’échec de cette initiative, la jugeant trop coûteuse et inadaptée. Il met en avant la difficulté pour la BCE de communiquer directement avec les utilisateurs de l’euro numérique, une fonction pour laquelle l’institution n’est pas, selon lui, équipée. Selon certaines estimations, le lancement de l’euro numérique ne se fera pas avant 2029.

L’entrepreneur insiste sur l’urgence de favoriser l’émission de stablecoins en euros pour permettre à la monnaie unique de s’imposer à l’échelle mondiale, même si, pour le moment, la grande majorité de ces stablecoins sont indexés sur le dollar (à 99 % selon ses dires). Les cryptomonnaies restent un sujet de débat, mais Larchevêque voit dans les stablecoins un moyen de concilier innovation et stabilité monétaire.

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