Publié le 2025-10-29 10:24:00. Des millions de Français pourraient se voir refuser l’accès au découvert bancaire à partir de novembre 2026, en raison d’une nouvelle réglementation européenne qui durcit considérablement les conditions d’octroi.
- Environ 22 % des Français ont recours au découvert chaque mois.
- À partir de novembre 2026, le découvert sera traité comme un crédit classique, avec un examen approfondi des revenus et des charges.
- Les banques devront s’assurer que les charges mensuelles ne dépassent pas 30 % du salaire net.
Le découvert bancaire, longtemps considéré comme un filet de sécurité pour les ménages en difficulté, va connaître une transformation radicale. Une directive européenne, transposée en France par une ordonnance adoptée le 3 septembre dernier, va en effet le requalifier en crédit classique. Cette évolution inquiète particulièrement les foyers aux budgets serrés, pour lesquels le découvert représente souvent une solution indispensable pour faire face aux imprévus.
Selon une étude CSA Research pour LesFurets.com publiée en janvier 2025, près d’un Français sur cinq (22 %) bascule dans le rouge chaque mois, généralement après le 16 du mois. Ce phénomène touche en particulier les jeunes et les familles. Désormais, obtenir un découvert nécessitera la même rigueur qu’une demande de prêt. Au-delà de 200 euros, chaque demande fera l’objet d’un examen minutieux.
Les banques devront analyser en détail les revenus des demandeurs, additionner l’ensemble de leurs charges mensuelles et vérifier que le total ne dépasse pas 30 % du salaire net. Cette règle, déjà en vigueur pour les crédits à la consommation, s’appliquera désormais également aux découverts. Concrètement, une personne gagnant 2 000 euros nets par mois ne pourra pas avoir plus de 600 euros de charges fixes (loyer, crédits en cours, factures) pour espérer obtenir un découvert.
L’Observatoire des inégalités souligne que près d’un quart des salariés français perçoit un revenu net mensuel inférieur à 1 750 euros. Pour ces personnes, la marge de manœuvre sera extrêmement limitée. Avec un loyer moyen de 700 euros et des dépenses courantes, le seuil des 30 % sera rapidement dépassé, rendant l’accès au découvert quasiment impossible.
« On risque de priver de découvert autorisé une bonne partie des ménages modestes alors qu’en fait ce n’est pas vraiment un choix. Souvent, c’est juste que les revenus sont inférieurs aux charges. »
Marie Rialland, directrice adjointe du site Moneyvox
Si les ménages aisés ne devraient pas rencontrer de difficultés à franchir ce nouveau filtre, la situation est bien plus préoccupante pour les foyers les plus vulnérables. La Banque de France défend cette réforme au nom de la lutte contre le surendettement, qui a touché près de 135 000 foyers en 2024.
Les découverts déjà autorisés ne seront pas remis en question. Les nouvelles règles ne s’appliqueront qu’aux demandes formulées après le 20 novembre 2026.
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