Home SantéUne consultation chez le généraliste «à 80 ou 100 euros» : Olivier Truchot croit avoir la solution pour limiter les arrêts de travail

Une consultation chez le généraliste «à 80 ou 100 euros» : Olivier Truchot croit avoir la solution pour limiter les arrêts de travail

by Sophie Martin

Les arrêts maladie font l’objet d’un contrôle renforcé, mais les méthodes employées suscitent le débat. Après un refus du Sénat de limiter à 30 jours la durée du premier arrêt de travail, l’Assurance maladie va expérimenter des contrôles médicaux en visioconférence, tandis que des propositions plus radicales, comme une consultation chez le médecin généraliste payante, sont mises sur la table.

Dès ce mois de décembre, l’Assurance maladie pourra organiser des consultations de contrôle en visioconférence avec les personnes en arrêt de travail. L’objectif est de mieux surveiller une augmentation du nombre d’arrêts, mais cette mesure ne fait pas l’unanimité. Selon les premiers retours, environ 300 téléconsultations ont déjà été menées, avec un taux de fin d’arrêt de 38 %. Il est cependant difficile de déterminer si ces fins d’arrêt sont dues à des fraudes avérées.

Le journaliste Olivier Truchot a estimé que la solution pourrait résider dans un changement du tarif des consultations médicales. Il a déclaré dans l’émission « Les Grandes Gueules » : « Si vous mettez la consultation à 80 ou 100 euros (environ 130 à 160 dollars américains) chez le généraliste, vous aurez beaucoup moins de monde, ça va calmer tout le monde, les fraudeurs on ne va plus les avoir. »

M. Truchot a également exprimé des réserves quant à l’efficacité des contrôles en visioconférence, soulignant que les personnes mal intentionnées pourraient facilement s’organiser pour contourner le système : « L’assuré reçoit un mail et un SMS deux jours avant le rendez-vous, si c’est un fraudeur il va s’organiser pour ne pas se faire prendre, mettre un faux décor pour… » Il a rappelé que les contrôles à domicile, bien que contraignants, garantissent au moins la présence du patient à son domicile.

Ces propositions ont été vivement critiquées sur le plateau de « Les Grandes Gueules ». L’éducateur Abel Boyi a dénoncé « une communication de cow-boy » qui « laisse penser que tous ceux qui prennent des arrêts de travail sont des fraudeurs ». Bruno Poncet, syndicaliste et cheminot, a souligné l’importance de prendre en compte les problèmes de santé mentale : « Il y a beaucoup de problèmes liés à la santé mentale et on ne veut pas traiter ce sujet en estimant que tout le monde triche. »

En parallèle, le Sénat a rejeté fin novembre une proposition visant à limiter la durée du premier arrêt maladie à 30 jours, une mesure qui avait été adoptée à l’Assemblée nationale quelques jours auparavant. Les sénateurs ont justifié leur décision en estimant qu’une telle limitation serait « arbitraire et infondée médicalement » et entraînerait « plusieurs centaines de milliers d’heures de consultation ».

You may also like

Leave a Comment

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.