Une épée viking datée entre 800 et 950 après J.-C. a été découverte intacte à environ 1 640 mètres d’altitude dans l’ancien comté d’Oppland en Norvège. Signalée par un chasseur de rennes, cette trouvaille exceptionnelle révèle un réseau de routes commerciales de haute montagne longtemps oublié.
Une épée viking surgie de la glace à Oppland
Un glacier qui fond libère des objets conservés depuis plus de mille ans en Norvège.
C’est lors d’une traque qu’un chasseur de rennes a repéré un objet métallique dépassant du sol gelé à environ 1 640 mètres d’altitude, dans l’ancien comté d’Oppland.
Prise en charge par le Musée d’histoire culturelle d’Oslo, l’arme a été fabriquée entre 800 et 950 après J.-C. Malgré plus d’un millénaire d’exposition aux éléments, le fer de la lame n’a presque pas rouillé. La glace agit comme un congélateur géant sans circulation d’oxygène ni humidité liquide.
Le col de Lendbreen et ses mille artefacts
Non loin de cette découverte se trouve le col de Lendbreen, qui culmine à près de 1 973 mètres d’altitude. Un réchauffement estival particulièrement chaud en 2011 a marqué le point de départ de fouilles systématiques sur le site après l’apparition de crottin de cheval et d’objets anciens. Plus de soixante objets ont depuis été datés au radiocarbone.
Les résultats des analyses dessinent une fréquentation continue du col s’étendant d’environ 300 à 1500 après J.-C., avec un pic d’activité autour de l’an 1000. L’étude parue dans la revue Antiquity a été dirigée par Lars Holger Pilø, codirecteur du Glacier Archaeology Program rattaché au comté d’Innlandet et à l’université d’Oslo. Cette recherche a recensé plus de 1 000 artefacts.
Parmi eux figurent des textiles. Des chaussures en cuir, des outils, une moufle tissée du IXe siècle, une quenouille en bouleau datant d’environ l’an 800, des fers à cheval, des ossements de chevaux de bât et des restes de traîneaux complètent la liste.
Une route commerciale organisée à travers les montagnes
Des cairns et un abri en pierre construit au point culminant du col attestent d’une infrastructure pensée pour durer. James Barrett est archéologue à l’université de Cambridge et coauteur de l’étude. Il indique que ce passage remplissait une double fonction : le trafic longue distance reliant des régions éloignées et les déplacements saisonniers entre les fermes de vallée et les pâturages d’estive. Un bâton de marche comportant une inscription runique faisant office de marque de propriété confirme la régularité de ces trajets, observés dès les relevés menés en 2011.