BP a annoncé le 30 octobre 2026 un bénéfice sous-jacent de 8,46 milliards de dollars au titre du troisième trimestre, en forte hausse par rapport aux 2,2 milliards de dollars enregistrés l’année précédente, porté par l’envolée des marges de raffinage consécutive au conflit au Moyen-Orient.
Le géant énergétique britannique a pulvérisé les attentes des marchés. Les analystes tablaient sur un consensus de 7,33 milliards de dollars, selon un sondage compilé par l’entreprise.
Le résultat net de remplacement sous-jacent, mesure clé de la rentabilité du groupe, a atteint 8,46 milliards de dollars.
Les marges de raffinage et la performance des divisions
Les marges de raffinage ont atteint des niveaux exceptionnels au cours du trimestre, stimulées par des perturbations sévères dans la région du Golfe et en Russie.
Alors que les cours mondiaux du pétrole sont restés sous les sommets de la crise énergétique de 2022, les prix à la pompe pour le diesel et d’autres carburants ont grimpé en flèche en Europe, au Royaume-Uni et aux États-Unis.
La directrice générale de BP, Meg O’Neill, a indiqué sur l’antenne de CNBC que l’indicateur de marge de raffinage du groupe s’était établi à 46,7 dollars le baril sur la période.

Ce sont des périodes dynamiques où la volatilité et les perturbations des flux commerciaux continuent de définir les marchés de l’énergie. L’industrie dans son ensemble a fait preuve d’une adaptabilité remarquable. Les raffineries ont fonctionné près de leur capacité pour compenser les déficits, le transport maritime a emprunté des routes différentes et plus longues, et les libérations de réserves stratégiques et commerciales contribuent à combler les écarts d’approvisionnement.
Meg O’Neill, directrice générale de BP, via CNBC
Les trois divisions commerciales de BP ont surpassé les prévisions.
La branche clients et produits a affiché la plus forte surperformance avec un bénéfice avant impôts de 6,95 milliards de dollars, dépassant l’estimation moyenne des analystes fixée à 6,3 milliards et s’inscrivant en forte hausse par rapport aux 1,72 milliards engrangés un an plus tôt.
La fiabilité du raffinage a dépassé 96 pour cent, permettant au groupe d’ajuster ses volumes de production pour répondre aux produits les plus demandés.
De plus, la performance du trading de gaz et de marketing a contribué à hauteur significative à ces résultats, compensant des réalisations de prix pétroliers plus faibles dans l’amont, avec un brut Brent s’établissant en moyenne à 96,99 dollars le baril contre 103,85 dollars au deuxième trimestre.
La réduction de la dette nette
La solide génération de trésorerie du trimestre a permis à l’entreprise d’accélérer son assainissement financier.

Le flux de trésorerie opérationnel a atteint 14,8 milliards de dollars pour le trimestre, portant le total des neuf premiers mois de l’année à 28,55 milliards de dollars, contre 16,89 milliards en 2025.
Cette rentabilité a permis à BP d’accélérer son assainissement financier.
Cette rentabilité a permis de réduire la dette nette de 8,4 milliards de dollars au cours du trimestre pour la ramener à 13,9 milliards de dollars, soit un niveau de 13,87 milliards selon les données globales rapportées par CNBC, atteignant ainsi son objectif de réduction de dette avec un an d’avance sur le calendrier prévu.
Cette performance financière s’inscrit dans la stratégie de redressement menée par la direction depuis l’année précédente, qui a vu le groupe réorienter ses priorités vers ses activités traditionnelles d’hydrocarbures après un recentrage stratégique opéré en 2025.

Parallèlement, BP a enregistré environ 4 milliards de dollars de dépréciations au cours du trimestre.
Ces dépréciations sont liées principalement à des entreprises de transition énergétique, après avoir acté des dépréciations de plus de 5 milliards de dollars sur des actifs solaires, éoliens et bas carbone au cours des derniers mois.
L’affectation des excédents de trésorerie aux passifs de Deepwater Horizon
Disposant d’un surplus de liquidités, la direction a annoncé son intention d’allouer une part de ces fonds excédentaires pour solder l’intégralité de ses obligations restantes liées à la catastrophe de la plateforme Deepwater Horizon survenue en 2010.
Les provisions et dettes exigibles associées à cette marée noire s’élevaient à 5,94 milliards de dollars selon les données financières de l’entreprise.
Deepwater Horizon a été une tragédie incroyable, et cela a façonné BP. Nous n’oublierons jamais les 11 hommes qui ont perdu la vie, ni l’impact que nous avons eu sur la côte du Golfe et sur l’environnement qui s’y trouve. Nous avons donc profondément intégré ces leçons, mais nous sommes maintenant dans une position où nous voulons nous occuper de ces obligations financières pour nous assurer d’être une entreprise plus résiliente dans les années à venir.
Meg O’Neill, directrice générale de BP, via CNBC
Cette décision vise à éliminer l’incertitude juridique et financière liée à ce passif historique qui pesait sur le bilan du groupe.

Les critiques des associations et les perspectives du secteur
L’annonce de ces profits records a immédiatement provoqué la réprobation des organisations de défense de l’environnement et des associations de consommateurs, alors que les ménages européens font face à des coûts énergétiques élevés à l’approche de l’hiver.
Danny Gross, représentant de l’association Friends of the Earth, a dénoncé l’accumulation de ces superprofits, affirmant que tandis que des millions de foyers luttent pour payer leurs factures, BP engrange des gains massifs tout en maintenant ses investissements dans les énergies fossiles.
Global Witness a de son côté souligné que les performances de BP s’ajoutent à un cumul de 89 milliards de dollars de bénéfices pour les six plus grands groupes pétroliers européens depuis le début de l’année 2026.
Les résultats de BP font écho à ceux publiés par ses concurrents Shell et TotalEnergies, qui ont également bénéficié de la flambée des marges de raffinage liées aux tensions géopolitiques.
La société doit présenter son premier plan stratégique d’envergure sous la houlette de Meg O’Neill lors d’une mise à jour prévue le 15 décembre, alors que le groupe affichait un résultat net de remplacement de 2,2 milliards de dollars un an plus tôt.