Publié le 11 décembre 2023. Des cas d’empoisonnement d’animaux domestiques se multiplient dans le nord de Bogotá, suscitant l’inquiétude des autorités et des associations de protection animale, et laissant craindre une escalade de la violence motivée par des tensions entre voisins.
- L’empoisonnement de plusieurs animaux, dont un chien dans le secteur de Cedritos et un chat nommé Nitri dans le quartier de Palo Blanco, a été signalé cette semaine.
- La maltraitance animale est un crime en Colombie, passible de peines de prison allant de 32 à 56 mois, voire plus en cas d’empoisonnement.
- Les autorités rappellent l’importance de signaler tout soupçon de maltraitance et d’emmener immédiatement un animal intoxiqué chez un vétérinaire.
L’augmentation récente des actes de cruauté envers les animaux dans le nord de Bogotá a mis en alerte les services de police et les organisations dédiées à la protection animale. Ces incidents, qui incluent notamment des empoisonnements, sont perçus comme le reflet d’une intolérance croissante entre habitants de certains quartiers.
Mardi dernier, le 9 décembre, l’empoisonnement d’un chien dans le secteur de Cedritos a été le premier signal d’alarme. Quelques jours plus tard, un nouveau drame s’est produit dans le quartier de Palo Blanco. Un chat de la communauté, affectueusement surnommé « Nitri », est décédé après avoir apparemment ingéré une substance toxique. Selon les témoignages recueillis auprès des voisins, l’animal aurait pénétré dans un atelier avant d’être retrouvé sans vie peu de temps après, renforçant la thèse d’un empoisonnement intentionnel.
La loi colombienne est claire sur la question de la maltraitance animale. L’article 339A du Code pénal prévoit des sanctions sévères pour quiconque inflige la mort à un animal. Les peines peuvent aller de 32 à 56 mois d’emprisonnement. L’utilisation de poison est considérée comme un facteur aggravant, et peut entraîner des peines encore plus lourdes, pouvant dépasser les sept ans de prison, en particulier si les faits se déroulent dans un lieu public.
Le Bureau du Procureur général dispose d’une unité spécialisée chargée d’enquêter sur ces cas de cruauté. Cette unité travaille en étroite collaboration avec des experts vétérinaires, qui réalisent des analyses approfondies, similaires à celles pratiquées en médecine légale, mais adaptées aux animaux. La Police Nationale, à travers la Section des Carabiniers et de la Protection de l’Environnement, apporte également son expertise. À Bogotá, l’équipe anti-cruauté de l’IDPYBA (Instituto Distrital de Protección de Bienestar Animal) a pris en charge plus de 6 000 animaux jusqu’à fin novembre.
Face à une suspicion d’intoxication, les autorités insistent sur la nécessité d’une intervention rapide. Il est crucial d’emmener l’animal chez un vétérinaire sans tenter de lui administrer des remèdes maison ou de suivre des conseils trouvés sur internet. Chaque minute compte pour augmenter les chances de survie de l’animal. Par ailleurs, tout cas de maltraitance animale, ou simple suspicion, doit être signalé immédiatement en composant le 123, afin de permettre aux autorités de réagir et d’éviter que d’autres animaux ne soient victimes de ces actes inacceptables.
