Publié le 2024-11-24. Une prise en charge rapide du cancer colorectal associé à la grossesse (CCAG) semble améliorer les chances de survie des patientes, selon une étude récente. Démarrer le traitement pendant la grossesse plutôt que de l’attendre après l’accouchement pourrait donc être bénéfique.
- Le traitement initié pendant la grossesse est associé à un risque de décès significativement réduit.
- La chimiothérapie et la chirurgie sont des facteurs clés d’amélioration de la survie.
- L’étude ne révèle pas d’impact significatif du traitement sur la mortalité fœtale ou les naissances prématurées.
Le cancer colorectal associé à la grossesse (CCAG) est une maladie rare, touchant entre 0,001 % et 0,002 % des femmes enceintes, diagnostiquée pendant la grossesse ou dans l’année qui suit l’accouchement. Son diagnostic peut être complexe, car les symptômes sont souvent masqués par les changements physiologiques liés à la grossesse. La prise en charge de ce type de cancer est d’autant plus délicate qu’il existe un manque de données robustes, d’essais cliniques et de recommandations standardisées.
Une revue systématique des publications scientifiques en anglais et en chinois, couvrant la période de janvier 2016 à mars 2024, a été menée pour identifier les facteurs influençant la survie des femmes atteintes de CCAG et évaluer l’impact du traitement sur l’issue de la grossesse. L’étude a porté sur 121 patientes issues de 61 études différentes. L’âge moyen des patientes était de 32 ans, et le diagnostic était le plus souvent posé au deuxième (37,19 %) ou au troisième (29,75 %) trimestre.
Dans la majorité des cas (55,37 %), les patientes ont bénéficié d’une intervention chirurgicale combinée à de la radiothérapie et/ou de la chimiothérapie. Seulement 4,96 % des femmes n’ont reçu aucun traitement anticancéreux. Il est à noter que 41,32 % des patientes ont commencé leur traitement pendant la grossesse.
L’analyse des données de survie globale (SG) a révélé que, parmi les 83 patientes pour lesquelles ces informations étaient disponibles, les taux de SG à 1 an et à 2 ans étaient respectivement de 69,9 % et de 58,6 %. Les facteurs pronostiques associés à une meilleure survie maternelle incluent le stade du cancer, la localisation de la tumeur, la chimiothérapie, la chirurgie et le moment du début du traitement.
De manière significative, les patientes ayant débuté un traitement anticancéreux pendant la grossesse présentaient un risque de décès considérablement plus faible que celles ayant attendu la période post-partum (HR : 0,36 ; IC à 95 % : 0,16-0,84 ; P = 0,02). Une tendance similaire, bien que moins marquée statistiquement, a été observée chez les patientes diagnostiquées à un stade avancé (stade IV) (HR, 0,42 ; IC à 95 %, 0,17-1,06 ; P = 0,07).
L’étude confirme également l’importance de la chimiothérapie (HR : 0,31 ; IC à 95 % : 0,14-0,68 ; P = 0,004) et de la chirurgie (HR : 0,22 ; IC à 95 % : 0,11-0,45 ; P < 0,001) pour améliorer la survie des patientes. L'âge de la patiente, le mode d'accouchement et le stade gestationnel au moment du diagnostic n'ont pas été associés à un impact significatif sur la survie.
Concernant l’issue de la grossesse, 67,77 % des fœtus ont survécu. Les chercheurs n’ont pas constaté de différence significative dans les taux de mortalité fœtale ou de naissances prématurées en fonction du type de traitement administré.
Les auteurs de l’étude recommandent la mise en place d’une stratégie de traitement personnalisée pour chaque patiente atteinte de CCAG, en tenant compte de l’âge gestationnel, des caractéristiques histologiques de la tumeur et de son évolution. Ils encouragent également à envisager le début du traitement anticancéreux pendant la grossesse afin d’optimiser les résultats pour la mère, tout en assurant une surveillance fœtale continue et une évaluation rigoureuse des risques materno-fœtaux.
Source de financement : Cette recherche a été financée par le projet de médecine Shenzhen San-Ming. Les auteurs déclarent ne pas avoir de conflit d’intérêts. Veuillez consulter la référence originale pour plus d’informations.
