Home NouvellesUne journée à la San Antonio Soup Kitchen à San Francisco, Californie

Une journée à la San Antonio Soup Kitchen à San Francisco, Californie

by Nicolas Lefèvre

San Francisco a débuté l’année 2026 sous un ciel gris et pluvieux, avec une activité réduite dans les rues. Au cœur du quartier du Tenderloin, connu pour ses difficultés sociales, une institution franciscaine continue d’offrir un refuge et un repas quotidien à ceux qui en ont le plus besoin.

Le 1er janvier, la Soupe populaire de San Antonio, située au 121 Golden Gate Avenue, a servi 1 574 déjeuners à une clientèle diversifiée. Fondée en 1950 par le frère Alfred Boeddeker, OFM, curé de l’église Saint-Boniface, cette initiative est devenue un pilier de la communauté, soutenant plus de 10 000 personnes chaque année.

L’église Saint-Boniface, gérée par les franciscains depuis 1887, est le cœur battant de la Fondation Saint-Antoine. Cette dernière a pour mission de « nourrir, soigner, abriter, vêtir et élever le moral de ceux qui sont dans le besoin, et créer une société dans laquelle tous peuvent prospérer ». Aujourd’hui, une fraternité de dix frères franciscains, intergénérationnelle, multilingue et multiculturelle, assure le fonctionnement de l’église et de ses différents programmes.

Dès 9h30, les bénévoles, au nombre de 260, arrivent pour préparer le service. Aurelio, l’un d’eux, anime une séance d’échauffement avant la distribution des repas. Les tâches sont réparties : distribution de nourriture et d’eau, nettoyage des tables, assistance aux personnes à mobilité réduite… L’ambiance est à la fois studieuse et chaleureuse.

La soupe populaire accueille des sans-abri, mais aussi des personnes à faibles revenus, souvent confrontées à l’alcoolisme ou à la toxicomanie, notamment la consommation de fentanyl, un fléau dans le quartier. Les convives viennent d’horizons variés : d’Asie, du Moyen-Orient, d’Europe de l’Est, d’Amérique latine, d’Afrique, et bien sûr, des États-Unis.

« Bonne année ! » est la salutation la plus fréquente à 10h00, heure d’ouverture. Au-delà du déjeuner, la Fondation Saint-Antoine propose également des petits-déjeuners et des dîners à emporter, ainsi que des paniers alimentaires hebdomadaires.

Le travail intense se poursuit jusqu’à 13h30, avec des équipes de bénévoles qui se relaient. Un incident témoigne de la générosité de l’équipe : un homme, arrivé après la fermeture, a été accueilli et servi malgré tout.

La Fondation Saint-Antoine ne se limite pas à la distribution de repas. Elle propose également des cliniques de santé physique et mentale, un centre technologique pour lutter contre la fracture numérique, un service d’hygiène personnelle avec douches et blanchisserie, un programme de désintoxication pour les toxicomanes, des conseils pour l’emploi, un soutien aux femmes et aux immigrés.

Le pape Léon XIV affirmait que la condition des pauvres est « un cri qui, tout au long de l’histoire humaine, interpelle constamment nos vies, nos sociétés, nos systèmes politiques et économiques, et surtout l’Église ». La Fondation Saint-Antoine s’efforce de répondre à cet appel, en considérant que les personnes les plus vulnérables sont les véritables trésors de l’Église, comme le soulignait déjà Saint-Laurent au IIIe siècle.

À quelques mètres de la soupe populaire, l’église Saint-Boniface offre un refuge nocturne aux sans-abri grâce au programme Santa Clara, leur permettant de bénéficier d’au moins huit heures de repos dans un environnement sûr et encadré.

You may also like

Leave a Comment