Publié le 2025-11-20 19:34:00. Face à une chute record de la natalité en Pologne, une pétition citoyenne réclame des mesures ambitieuses pour alléger la charge de travail des parents et des femmes enceintes, notamment une réduction du temps de travail et des congés supplémentaires financés par l’État.
- Une pétition soumise au Sejm propose de limiter le temps de travail quotidien des parents d’enfants de moins de 13 ans à 7 heures.
- Les parents pourraient bénéficier de 3 jours de congé supplémentaires par enfant et par an, financés par la Caisse d’assurance sociale (ZUS), avec un maximum de 9 jours par an.
- La pétition vise également à renforcer la protection de l’emploi des femmes enceintes et des jeunes mères.
La démographie polonaise est confrontée à des défis majeurs. Le taux de fécondité, déjà bas, continue de décliner, atteignant des niveaux historiquement bas. Selon les données récentes, le nombre de naissances a diminué d’environ 11 000 au premier semestre 2025 par rapport à la même période en 2024, selon le portail Jauge de naissance, qui suit l’évolution de la fécondité mondiale. L’Indice Synthétique de Fécondité (ISF), qui mesure le nombre moyen d’enfants qu’une femme pourrait avoir tout au long de sa vie si les taux de fécondité actuels se maintenaient, est tombé à 1,04 en 2025, contre 1,11 en 2024, 1,16 en 2023 et 1,45 en 2020.
L’Office Central de Statistique (GUS) confirme cette tendance, avec environ 115 500 naissances enregistrées au premier semestre 2025, soit plus de 10 000 de moins qu’un an auparavant. Face à cette situation alarmante, les auteurs de la pétition (n° BKSP-155-X-626/25), déposée le 23 juillet 2025, estiment qu’il est urgent d’agir pour améliorer les conditions de vie des familles et encourager la natalité.
Les pétitionnaires soulignent plusieurs facteurs qui contribuent à cette baisse de la fécondité, notamment les mauvaises conditions de logement des jeunes adultes, le manque de soins prénatals adéquats et les inquiétudes des femmes concernant leur emploi et leur vie professionnelle. Ils mettent en garde contre le fait que, selon leurs estimations, un taux de fécondité de 2,1 est nécessaire pour assurer le renouvellement des générations, sans compter l’immigration.
La pétition propose ainsi plusieurs modifications au Code du travail. Outre la réduction du temps de travail à 7 heures par jour pour les parents d’enfants de moins de 13 ans, elle réclame l’ajout de 3 jours de congé supplémentaires par enfant et par an, financés par la Caisse d’Assurance Sociale (ZUS). Le coût de ces congés serait intégralement supporté par l’État.
D’autres revendications incluent l’extension de la protection contre la discrimination fondée sur la parentalité, la prolongation de la période de protection de l’emploi pour les femmes enceintes et les jeunes mères (jusqu’à trois mois après la fin du congé de maternité), et la mise en place de mesures pour faciliter la création de crèches et d’écoles maternelles sur les lieux de travail.
La pétition a été soumise à la commission des pétitions du Sejm le 5 août 2025 et le délai d’examen a été prolongé le 23 octobre de la même année. À ce jour, aucune date de réunion n’a encore été fixée pour discuter de cette question, et le bureau d’expertise et d’évaluation de l’impact de la réglementation du Sejm n’a pas encore préparé d’avis juridique.
Base juridique :
Loi du 26 juin 1974, Code du travail (texte consolidé : Journal des lois de 2025, article 277)
