Home MondeUne main russe soupçonnée dans le nouvel ICBM nord-coréen

Une main russe soupçonnée dans le nouvel ICBM nord-coréen

by Clara Dubois

Séoul s’inquiète d’une possible assistance russe au développement du nouveau missile balistique intercontinental nord-coréen Hwasong-20, révélé la semaine dernière. Le chef d’état-major interarmées sud-coréen évoque des changements significatifs dans la conception des systèmes de lancement et un renforcement de la coopération militaire entre Pyongyang et Moscou.

Le général Jin Yong-sung a exprimé ses préoccupations lors d’une audition parlementaire mardi, soulignant une « possibilité suffisante » que la Russie soutienne le programme ICBM nord-coréen. Il a notamment mis en évidence des différences notables entre le transporteur-érecteur-lanceur (TEL) utilisé pour le Hwasong-20 et celui du Hwasong-19, testé pour la première fois en octobre 2023. « Je pense qu’il existe une possibilité suffisante », a-t-il déclaré aux législateurs, interrogé sur un éventuel lien entre les progrès nord-coréens et le soutien russe.

Cette inquiétude intervient après une série de rencontres et de transactions d’armes entre Moscou et Pyongyang ces derniers mois. La Corée du Nord aurait notamment fourni à la Russie des obus d’artillerie et des missiles balistiques pour soutenir son effort de guerre en Ukraine.

Pyongyang décrit le Hwasong-20 comme son « système d’armes nucléaires stratégiques le plus puissant », mais son statut opérationnel et sa portée n’ont pas été vérifiés de manière indépendante. Interrogé sur la capacité de la Corée du Sud à se défendre contre un éventuel missile hypersonique nord-coréen, le général Jin a reconnu une possible légère diminution de l’efficacité de l’interception, tout en affirmant que de tels missiles pourraient être interceptés.

Face à cette évolution, Séoul renforce ses capacités de surveillance et d’alerte précoce. Le général Jin a confirmé que l’armée sud-coréenne exploite à la fois des satellites militaires et commerciaux pour augmenter la fréquence et la couverture de la surveillance. « Il est important d’obtenir des informations dans un court laps de temps et de manière répétée, en utilisant non seulement des satellites de reconnaissance militaires mais aussi des satellites civils », a-t-il précisé. La Corée du Sud a lancé son premier satellite espion en décembre 2023, équipé de capteurs électro-optiques et infrarouges, et a depuis placé trois satellites supplémentaires en orbite, dotés de systèmes radar à synthèse d’ouverture (SAR) capables de collecter des images quelles que soient les conditions météorologiques.

Un cinquième satellite est prévu pour plus tard cette année, complétant ainsi un réseau qui permettra aux forces sud-coréennes de surveiller la Corée du Nord toutes les deux heures, améliorant considérablement la couverture de surveillance persistante. Ces développements s’inscrivent dans un contexte de préoccupations croissantes à Séoul et à Washington concernant les conséquences stratégiques du nouvel alignement militaire entre la République populaire démocratique de Corée (RPDC) et la Russie, qui semble apporter des avantages techniques et opérationnels aux deux parties.

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