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Une nouvelle application de paiement fait appel à Twint sans frais

by Amélie Bernard

Publié le 6 décembre 2025 à 15h54. Une nouvelle application de paiement suisse, Pimpay, entend bousculer la domination de Twint en proposant aux commerçants des frais de transaction nuls, une promesse qui pourrait séduire les petits détaillants mécontents des coûts actuels.

  • Pimpay lancera son application début 2026 avec un modèle d’abonnement mensuel fixe, contrairement aux frais par transaction de Twint.
  • L’application fonctionnera comme une carte prépayée, sans lien direct avec un compte bancaire.
  • Les fondateurs de Pimpay, issus du secteur financier et technologique, financent le projet sur leurs fonds propres et cibleront initialement la Suisse romande.

Le commerce de détail suisse manifeste son mécontentement face aux frais appliqués par Twint, l’application de paiement mobile la plus populaire du pays. L’Association suisse du commerce de détail a déposé en juillet une plainte auprès de la Commission de la concurrence (Weko) pour dénoncer des frais jugés excessifs et un possible abus de position dominante.

C’est dans ce contexte que Pimpay se positionne. La start-up promet une alternative radicale : « zéro frais » pour les commerçants. Au lieu de facturer un pourcentage sur chaque transaction, Pimpay proposera un abonnement mensuel fixe, comparable à un forfait téléphonique. Le coût variera en fonction du volume de transactions, avec une offre gratuite pour les petits commerçants. Les abonnements mensuels moyens devraient se situer autour de 9 francs suisses (environ 9,50 euros), pouvant atteindre 29 francs suisses (environ 30 euros) pour les entreprises effectuant un grand nombre d’opérations.

Pimpay prévoit également de proposer des options publicitaires aux commerçants, leur permettant de diffuser des informations sur leurs offres spéciales. Les utilisateurs ayant accepté le suivi de leur localisation recevront des notifications lorsqu’ils se trouveront à proximité d’un magasin partenaire.

Derrière Pimpay se trouvent trois professionnels expérimentés du secteur financier et technologique suisse, qui financent le projet avec leurs propres ressources. André Renfer, ancien membre de l’équipe de direction de la Kreditarbank Lenzburg, est responsable des opérations. Maxime Monod, co-fondateur d’une société de micropaiement, supervise la partie technique. Maxime Charbonnel, issu de la Banque Cantonale Vaudoise, assure la direction générale.

La situation actuelle donne peu de choix aux commerçants. Plus de six millions de Suisses utilisent Twint, ce qui oblige les détaillants à proposer ce mode de paiement pour ne pas perdre de clients. Twint justifie ses frais de 1,3 % par transaction en les comparant aux coûts plus élevés des cartes de crédit (de 1,6 % à 2,5 % pour les petites sommes) et aux frais minimums souvent facturés pour les paiements par carte de débit.

Cependant, les 1,3 % de Twint ne s’appliquent qu’aux transactions effectuées via code QR avec un contrat direct. L’utilisation d’un terminal de paiement entraîne des frais supplémentaires facturés par les sociétés spécialisées, comme Worldline, ce qui peut considérablement augmenter le coût global pour les commerçants.

Pour l’instant, Pimpay ne sera pas compatible avec les terminaux de paiement, mais cette fonctionnalité est prévue dans une phase ultérieure. Les frais associés à ces terminaux seront également pris en compte dans la tarification de Pimpay.

Pimpay se concentrera initialement sur le canton de Vaud, avant de s’étendre aux villes de Bienne, Neuchâtel et Lausanne. Le déploiement dans la Suisse alémanique suivra rapidement. Les fondateurs misent sur un partenariat avec les organisations locales pour impliquer les commerçants et cibler en particulier les petits détaillants qui critiquent les frais de Twint.

Selon André Renfer, les grands détaillants bénéficient de conditions plus avantageuses chez Twint en raison de leur volume de transactions plus important. De nombreux petits entrepreneurs ont déjà exprimé leur intérêt pour Pimpay, notamment via des associations professionnelles du canton de Vaud.

Pimpay ambitionne également de séduire les commerçants grâce à des outils marketing et un programme de fidélisation intégré. L’application permettra aux détaillants de créer des campagnes promotionnelles pour attirer les clients et accroître leur visibilité face à la concurrence des grandes chaînes et des acteurs en ligne.

Contrairement à Twint, Pimpay ne sera pas directement lié à un compte bancaire. Les utilisateurs devront recharger leur compte comme une carte prépayée.

Dagmar Jenni, directrice de la Fédération suisse du commerce de détail, se montre prudente quant à la capacité de Pimpay à s’imposer face à Twint. Elle souligne que les consommateurs sont souvent réticents à installer une nouvelle application s’ils disposent déjà d’une solution fonctionnelle. Il sera donc crucial pour Pimpay de proposer une incitation forte pour encourager les utilisateurs à télécharger et utiliser son application en parallèle de Twint.

L’organisme d’autoréglementation des intermédiaires financiers romands (Arif) doit encore donner son accord pour le lancement de Pimpay. André Renfer se montre confiant, affirmant avoir reçu des retours positifs de l’Arif. La question de la limite du crédit prépayé disponible pour les utilisateurs reste à déterminer. L’avenir dira si Pimpay pourra réellement devenir un concurrent sérieux pour Twint.

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