Publié le 23 décembre 2025 à 00h02. De nouvelles avancées thérapeutiques offrent un espoir accru aux personnes souffrant d’allergies alimentaires multiples, grâce à l’approbation récente d’un traitement ciblé et à l’exploration de nouvelles approches d’immunothérapie.
- L’omalizumab, premier médicament biologique approuvé par la FDA pour traiter une ou plusieurs allergies alimentaires, permet aux patients de mieux tolérer les aliments allergènes et d’améliorer significativement leur qualité de vie.
- L’immunothérapie orale multiallergénique, avec le candidat ADP101, suscite l’intérêt en augmentant les seuils de réaction à plusieurs aliments simultanément, bien que les résultats des essais cliniques soient nuancés.
- L’immunothérapie sublinguale émerge comme une alternative prometteuse, plus sûre et plus simple, pour traiter les allergies alimentaires, avec des recherches en cours pour étendre son application à un plus large éventail d’allergènes.
La prévalence des allergies alimentaires a considérablement augmenté depuis les années 1990, touchant aujourd’hui environ 33 millions de personnes aux États-Unis, selon les Centers for Disease Control and Prevention (CDC). Plusieurs facteurs sont pointés du doigt, notamment l’hypothèse de l’hygiène, une sensibilisation accrue, les changements dans l’environnement microbien, les niveaux de vitamine D et l’augmentation des taux d’accouchement par césarienne. Des directives antérieures recommandant de retarder l’introduction des allergènes courants chez les jeunes enfants ont également pu contribuer à cette augmentation.
Cependant, l’essai LEAP, publié en 2015, a remis en question cette approche en démontrant que l’introduction précoce de l’arachide réduisait considérablement le risque d’allergie. Dix ans après la recommandation de l’Académie américaine de pédiatrie d’introduire précocement l’arachide, les taux d’allergies à cet aliment ont diminué de 27 %, selon des données récentes. Malgré ces progrès, environ 40 % des enfants souffrant d’allergies alimentaires réagissent à plus d’un aliment, soulignant la nécessité de traitements ciblant plusieurs allergies simultanément.
L’omalizumab, approuvé par l’Administration américaine des produits alimentaires et pharmaceutiques (FDA) en février 2024, représente une avancée majeure dans ce domaine. Il permet aux patients de mieux tolérer les aliments allergènes, réduisant ainsi leur anxiété et améliorant leur qualité de vie.
« Ce n’est pas un remède, mais cela augmente leurs seuils à un point tel qu’ils ne sont plus aussi inquiets, en particulier nos patients les plus allergiques et les patients multi-allergiques. »
Ruchi Gupta, professeure de pédiatrie à la Feinberg School of Medicine de l’Université Northwestern
Parallèlement, l’immunothérapie orale multiallergénique, avec le candidat expérimental ADP101, suscite un regain d’intérêt. Cette approche vise à désensibiliser les patients à plusieurs allergènes alimentaires en même temps. L’essai de phase ½ Harmony a montré que plus de la moitié des participants recevant une dose élevée d’ADP101 (P = 0,048) ont toléré une dose de provocation ≥ 600 mg, contre 20 % dans le groupe placebo. Cependant, l’étude n’a pas atteint son critère d’évaluation principal.
« Dès que vous introduisez plusieurs allergènes, plusieurs variables, il devient de plus en plus difficile d’atteindre la signification statistique que nous recherchons. Je pense que… si nous continuons à traiter plus longtemps ou [conduct a] une étude plus vaste, nous verrions de meilleurs résultats. »
Edwin Kim, enquêteur de l’essai Harmony et professeur d’allergie à l’Université de Caroline du Nord à Chapel Hill
L’immunothérapie sublinguale, déjà utilisée en Europe pour les allergies respiratoires, émerge également comme une option prometteuse pour les allergies alimentaires. Des allergologues américains commencent à appliquer cette approche, en utilisant des extraits d’aliments placés sous la langue. Cette méthode est considérée comme plus sûre et plus simple que l’immunothérapie orale.
Hugh Windom, allergologue en Floride, souligne que le traitement des allergies alimentaires multiples est une pratique courante dans son cabinet depuis des années. Il insiste sur la nécessité d’une standardisation des protocoles et d’un soutien des organisations nationales pour faire de l’immunothérapie multiallergénique une norme de soins.
Enfin, l’arrivée potentielle d’une formulation sublinguale d’épinéphrine, dont la FDA a fixé une date limite de décision pour le 31 janvier 2026, pourrait améliorer la prise en charge des réactions allergiques aiguës. Les chercheurs espèrent que ces avancées, combinées à la prévention précoce des allergies alimentaires, permettront de réduire l’incidence de ces affections dans les années à venir.
Références :
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