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Une nouvelle étude révèle que toutes les chauves-souris ne présentent pas le même risque viral

by Sophie Martin

Publié le 3 novembre 2025 22h28. Une étude de l’Université d’Oklahoma révèle que le risque de transmission virale des chauves-souris à l’homme n’est pas réparti uniformément : seules certaines espèces présentent un potentiel épidémique élevé, ce qui permettrait d’optimiser les efforts de surveillance et de conservation.

  • Contrairement aux idées reçues, toutes les chauves-souris ne sont pas des réservoirs de virus dangereux.
  • L’étude identifie des groupes spécifiques d’espèces de chauves-souris plus susceptibles d’héberger des virus à fort potentiel épidémique.
  • La protection des habitats des chauves-souris pourrait réduire le risque de transmission de virus aux humains.

Longtemps pointées du doigt comme des vecteurs potentiels de maladies graves, les chauves-souris sont en réalité des acteurs essentiels de nombreux écosystèmes. Des virus responsables de pathologies telles que le SRAS (Syndrome Respiratoire Aigu Sévère), la maladie de Marburg, ainsi que les virus Hendra et Nipah, ont été identifiés chez ces mammifères volants. Cependant, une nouvelle étude publiée dans la revue Biologie des communications de la prestigieuse revue Nature nuance cette vision et apporte des éléments clés pour mieux comprendre la relation entre les chauves-souris et les virus.

Menée par des chercheurs de l’Université d’Oklahoma, cette recherche démontre que le risque viral n’est pas homogène au sein de l’ordre des chiroptères. Grâce à des techniques d’apprentissage automatique avancées, l’équipe a pu identifier des groupes d’espèces de chauves-souris particulièrement susceptibles d’héberger des virus hautement virulents et transmissibles. Il semblerait que ces caractéristiques tendent à se concentrer au sein de familles d’espèces étroitement apparentées.

« Au lieu de considérer toutes les chauves-souris comme des porteurs potentiels de virus dangereux, nous avons constaté que seules certaines espèces ont co-évolué avec des virus spécifiques, ce qui leur permet de vivre avec ces agents pathogènes sans tomber malades », explique Caroline Cummings, doctorante à l’École des sciences biologiques et principale auteure de l’article.

Cette découverte a des implications importantes pour la surveillance virale, une tâche coûteuse et chronophage. En ciblant les efforts sur les groupes d’espèces à haut risque, il serait possible de réduire considérablement l’ampleur des prélèvements et des analyses nécessaires. L’étude met également en évidence le rôle crucial de la conservation des habitats des chauves-souris. La perturbation de ces habitats et l’empiètement humain augmentent en effet les contacts entre les chauves-souris et les humains, favorisant ainsi la transmission de virus.

« Une colonie de chauves-souris saine et intacte maintient un meilleur équilibre immunologique, ce qui lui permet de contrôler efficacement les virus », souligne Cummings. Les efforts de conservation visant à protéger les habitats des chauves-souris pourraient donc réduire le risque de « débordement » viral – c’est-à-dire le passage d’un virus d’une espèce animale à l’homme – tout en préservant les services écosystémiques essentiels fournis par ces animaux, tels que la pollinisation et la lutte contre les ravageurs agricoles. En Oklahoma, par exemple, les chauves-souris mexicaines à queue libre jouent un rôle important dans la protection des cultures.

Le Dr Daniel Becker, professeur adjoint à l’École des sciences biologiques et co-auteur de l’étude, insiste sur l’importance de cette nouvelle approche : « Ce travail apporte des nuances indispensables aux discussions sur les chauves-souris et leur rôle en tant qu’hôtes viraux. La littérature scientifique a souvent formulé des affirmations générales et radicales sur les chauves-souris et le risque zoonotique. En étant capables d’identifier précisément les groupes d’espèces porteurs de virus dangereux et de localiser les zones où ils interagissent le plus avec les activités humaines, nous pouvons minimiser les interactions négatives entre l’homme et la chauve-souris. »

Au-delà de la conservation et de la surveillance virale, les chercheurs envisagent d’explorer le système immunitaire des chauves-souris hébergeant des virus dangereux. Comprendre les mécanismes qui leur permettent de coexister avec ces agents pathogènes pourrait ouvrir la voie à de nouvelles avancées thérapeutiques.

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