Publié le 8 novembre 2025 00:22:00. Des chercheurs de l’Université de l’Illinois à Chicago ont mis au point une nouvelle approche thérapeutique prometteuse pour la sclérose en plaques (SEP), une maladie auto-immune invalidante, en utilisant des cellules immunitaires modifiées pour délivrer des médicaments directement au système nerveux central.
- Une nouvelle méthode d’administration de médicaments anti-inflammatoires pourrait améliorer le traitement de la SEP et d’autres maladies auto-immunes.
- Cette approche utilise des cellules immunitaires, les cellules myéloïdes suppressives, chargées de nanoparticules contenant un médicament anti-inflammatoire.
- Les premiers résultats sur des modèles animaux sont encourageants, montrant une réduction de la progression de la maladie et une amélioration de la fonction motrice.
Aux États-Unis, près d’un million de personnes vivent avec la sclérose en plaques, une maladie chronique qui affecte le système nerveux central et perturbe la communication entre le cerveau et le corps. La SEP se manifeste par une variété de symptômes, notamment la fatigue, des troubles de la mémoire, une déficience visuelle et une perte de mobilité. Bien qu’elle puisse toucher les personnes de tous âges, il n’existe à ce jour ni cause unique établie ni remède définitif.
L’inflammation joue un rôle central dans le développement de la SEP. Les traitements actuels visent souvent à réduire cette inflammation en administrant des médicaments anti-inflammatoires au système nerveux central. Cependant, l’accès au cerveau est un défi majeur, car la barrière hémato-encéphalique empêche de nombreuses molécules thérapeutiques de pénétrer efficacement.
« Les maladies auto-immunes comme la sclérose en plaques sont incurables. Il est essentiel de développer des options thérapeutiques fiables. »
Zongmin Zhao, chercheur principal, professeur adjoint au Retzky College of Pharmacy et affilié au University of Illinois Cancer Center
Pour surmonter cet obstacle, l’équipe du professeur Zhao a développé une stratégie innovante. Ils ont mis au point des cellules myéloïdes suppressives, des cellules immunitaires capables de détecter et de supprimer l’inflammation, qu’ils ont équipées de « nanopacks » contenant de la rapamycine, un puissant anti-inflammatoire. Ces nanoparticules renforcent l’action des cellules immunitaires et facilitent leur passage à travers la barrière hémato-encéphalique, permettant ainsi de délivrer la rapamycine directement dans le système nerveux.
« Si les médicaments peuvent passer, ils atténuent certains symptômes, mais ne sont généralement pas assez puissants pour provoquer une guérison complète », explique le professeur Zhao. Cette nouvelle approche, baptisée CITED (CNS Immune Targeting Enabled by MDSCs), permet de reprogrammer la réponse immunitaire du système nerveux et de cibler plus efficacement l’inflammation.
Les résultats obtenus sur des modèles murins sont prometteurs : la thérapie a permis de ralentir la progression de la maladie et d’améliorer la fonction motrice. Selon Luyu Zhang, doctorant et co-auteur de l’étude, le potentiel de cette approche s’étend bien au-delà de la SEP. La publication des travaux dans la revue Science Advances souligne l’intérêt de cette méthode comme stratégie prometteuse pour l’immunothérapie ciblée dans d’autres maladies auto-immunes, telles que les maladies cardiaques ou l’arthrite.
Les chercheurs envisagent désormais d’explorer les applications potentielles de CITED dans le traitement d’un éventail plus large de pathologies inflammatoires et auto-immunes.
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