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Une odeur nauséabonde entourait 3 villes

by Clara Dubois

Publié le 27 octobre 2023 08:40:00. Chaque automne, une odeur particulièrement désagréable envahit plusieurs grandes villes françaises, suscitant l’incompréhension et l’agacement des habitants. L’origine de cette nuisance olfactive, surprenante, se trouve dans les fruits d’un arbre décoratif prisé : le Ginkgo Biloba.

  • Des arbres femelles de Ginkgo Biloba sont à l’origine d’une odeur nauséabonde, comparée au vomi ou au beurre rassis, qui se répand en automne dans les rues de villes comme Paris, Rouen et Bordeaux.
  • Cette odeur est due à l’acide butyrique libéré par les fruits mûrs et écrasés.
  • La confusion entre arbres mâles et femelles lors de la plantation est à l’origine du problème, les arbres mâles ne produisant pas ces baies malodorantes.

Chaque année, avec l’arrivée des frimas, un parfum indéfinissable et repoussant se répand dans l’air de nombreuses villes françaises. Les témoignages affluent : « Un mélange de vomi et de chaussettes sales », « comme du beurre rassis… » Cette odeur mystérieuse, source de plaintes répétées, a une origine inattendue : les Ginkgo Biloba femelles.

À Rouen, la municipalité a ainsi reçu « de nombreuses plaintes » de riverains excédés par cette nuisance. Un père de famille parisien, interrogé par Le Figaro, illustre le quotidien de nombreux habitants :

« On se bouche le nez quand on se tient devant l’école pour attendre notre enfant ! »

Père de famille, Paris

Mais d’où vient cette odeur si particulière ? La réponse réside dans les fruits du Ginkgo Biloba femelle, qui mûrissent et tombent au sol à l’automne. Lorsque ces fruits sont piétinés ou écrasés, ils libèrent de l’acide butyrique, un composé chimique également présent dans le beurre, et dont l’odeur est souvent comparée à celle du vomi.

L’ironie de la situation est d’autant plus frappante que le Ginkgo Biloba est un arbre exceptionnel. Arbre préhistorique ayant survécu à la bombe atomique d’Hiroshima, il orne les villes françaises depuis le XVIIIe siècle, apprécié pour sa longévité et la beauté dorée de son feuillage automnal.

Le cœur du problème se situe dans une erreur d’urbanisme. Seules les femelles produisent ces baies à l’odeur nauséabonde, les arbres mâles étant exempts de ce défaut. Or, il faut plusieurs années pour déterminer le sexe d’un jeune Ginkgo, ce qui a conduit de nombreuses villes à planter, sans le savoir, des arbres « malodorants ». À Rouen, par exemple, la commune a même été victime d’une escroquerie d’un arboriculteur néerlandais qui lui avait vendu par erreur des plants femelles, envisageant même leur abattage.

Les municipalités ont tiré les leçons de ces erreurs et ne plantent désormais plus de Ginkgo femelles. Didier Jeanjean, adjoint au maire de Bordeaux, explique :

« C’est un problème connu et nous intensifions le nettoyage des chaussées à l’automne pour réduire les nuisances. »

Didier Jeanjean, adjoint au maire de Bordeaux

Pour l’heure, l’abattage des arbres existants n’est pas envisagé. Les villes préfèrent subir ce « désagrément » qui, bien que fort, ne dure qu’un mois par an. Les habitants des villes françaises devront donc continuer à supporter cette odeur particulière et à aérer leurs intérieurs avec prudence pendant encore quelques semaines.

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