Home AffairesIndex – Économie – Le voile tombe sur les multis – même les plus grandes entreprises ne peuvent pas y survivre

Index – Économie – Le voile tombe sur les multis – même les plus grandes entreprises ne peuvent pas y survivre

by Amélie Bernard

Publié le 27 octobre 2025 08h47. Les grandes entreprises européennes devront bientôt rendre publiques leurs informations fiscales détaillées, une mesure visant à accroître la transparence et à lutter contre l’évasion fiscale. Cette nouvelle obligation, qui entrera en vigueur l’année prochaine, concernera les groupes réalisant un chiffre d’affaires annuel supérieur à 750 millions d’euros.

  • À partir de 2025, les entreprises de plus de 750 millions d’euros de chiffre d’affaires devront publier un rapport détaillé de leur impôt sur les sociétés, pays par pays.
  • Ce rapport, appelé CbCR public, inclura des données sur les revenus, les bénéfices, les impôts payés et le nombre d’employés dans chaque pays où le groupe est présent.
  • Les commissaires aux comptes seront chargés de vérifier la conformité de ces rapports, et les entreprises qui ne s’y conformeraient pas s’exposeraient à des sanctions.

Cette nouvelle réglementation européenne, transposée en droit national français en mai 2023, marque une étape importante dans la lutte contre l’optimisation fiscale agressive des multinationales. Jusqu’à présent, des informations similaires étaient déjà communiquées aux administrations fiscales dans le cadre du « Country-by-Country Reporting » (CbCR), mais ces données restaient confidentielles. Le CbCR public, en revanche, sera accessible à tous : investisseurs, concurrents, ONG, journalistes et même consommateurs.

Selon András Szadai, associé directeur de WTS Klient, « Ces entreprises fournissaient déjà des données similaires aux autorités fiscales, mais les données fournies jusqu’à présent n’ont servi qu’aux fins de contrôle interne et d’analyse des risques des autorités fiscales. Le CbCR public, en revanche, est un document public. »

L’obligation de publication du rapport public de l’impôt sur les sociétés incombera en général à la société mère du groupe, mais si celle-ci n’est pas établie dans l’Union européenne, les filiales et succursales européennes devront assumer cette responsabilité. Les entreprises concernées doivent donc se préparer dès maintenant à se conformer à cette nouvelle réglementation.

Le rapport devra contenir des informations détaillées, ventilées par pays, notamment : le nom de la société mère, l’exercice concerné, la devise utilisée, les revenus, le bénéfice avant impôt, l’impôt sur les bénéfices payé et à payer, les réserves de bénéfices, le nombre d’employés, la liste des membres du groupe et les principales activités commerciales. Il devra être établi dans un format lisible par machine, conformément aux spécifications de la Commission européenne.

La date limite de publication du rapport est fixée au dernier jour du sixième mois suivant la date de clôture de l’exercice pour les sociétés mères, et au dernier jour du cinquième mois pour les entreprises indépendantes. Pour un exercice se terminant le 31 décembre 2025, les sociétés mères devront publier leur rapport avant le 30 juin 2026, tandis que les entreprises indépendantes auront jusqu’au 31 mai 2026.

Le non-respect de cette obligation pourra entraîner des conséquences juridiques conformément à la loi sur la comptabilité. Les dirigeants et les membres du conseil de surveillance seront solidairement responsables du respect de ces règles.

Au-delà des aspects administratifs, cette nouvelle transparence pourrait avoir un impact significatif sur la réputation des entreprises. Les données publiées pourraient influencer les décisions des investisseurs, l’opinion des consommateurs et la confiance du public. Il est donc conseillé aux entreprises concernées de se préparer en amont et d’adapter leurs processus internes et leur communication en conséquence.

(Image : Au service d’Ovchararyshyn / Getty Images)

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