Home SantéUne puce implantée dans l’œil permet aux aveugles de relire

Une puce implantée dans l’œil permet aux aveugles de relire

by Sophie Martin

Publié le 20 octobre 2025. Une avancée majeure pour les patients atteints de dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA) : une prothèse oculaire implantée, combinée à des lunettes high-tech, a permis à près de la moitié des participants à un essai clinique de retrouver une capacité de lecture perdue.

  • Une puce implantée dans l’œil et des lunettes spéciales ont restauré partiellement la vision de 27 patients sur 32 atteints de DMLA avancée.
  • Il s’agit de la première prothèse oculaire offrant une vision fonctionnelle aux patients souffrant de cette perte de vision incurable, leur permettant de percevoir des formes et des motifs.
  • L’appareil, nommé PRIMA, utilise la lumière infrarouge pour stimuler les neurones rétiniens, contournant les photorécepteurs endommagés.

Une lueur d’espoir pour des millions de personnes : une nouvelle technologie permet à des patients atteints de dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA) de retrouver une partie de leur vision. Une étude clinique menée par l’Université de médecine de Stanford (États-Unis) a démontré que l’implantation d’une minuscule puce sans fil dans l’œil, associée à des lunettes high-tech, pouvait restaurer la capacité de lire chez 27 patients sur 32.

Les résultats de cette recherche, publiés dans le New England Journal of Medicine, marquent une étape importante dans le domaine des prothèses oculaires. Jusqu’à présent, les tentatives de restauration de la vision chez les patients atteints de DMLA se limitaient à une simple sensibilité à la lumière. L’appareil PRIMA, en revanche, offre une véritable vision des formes, permettant aux patients de distinguer des motifs et, dans le cadre de l’étude, de relire.

La DMLA est une maladie qui affecte la macula, la partie centrale de la rétine responsable de la vision fine et détaillée. Au fur et à mesure de sa progression, elle entraîne une vision floue et déformée, pouvant conduire à une perte de vision irréversible. Plus de 5 millions de personnes dans le monde souffrent de cette affection, qui est la principale cause de cécité chez les personnes âgées.

L’appareil PRIMA contourne les photorécepteurs endommagés en utilisant une approche innovante. Une petite caméra intégrée aux lunettes capture les images et les projette en temps réel, via la lumière infrarouge, sur une puce sans fil implantée dans l’œil. Cette puce convertit les images en signaux électriques qui stimulent les neurones rétiniens restants, transmettant ainsi l’information au cerveau. Les patients peuvent également ajuster le zoom et le contraste pour optimiser leur vision.

Les participants à l’essai souffraient d’une forme avancée de DMLA, appelée atrophie géographique, qui provoque une érosion progressive de la vision centrale. Après un an, 27 des 32 participants ont retrouvé la capacité de lire, et 26 ont amélioré leur acuité visuelle d’au moins deux lignes sur la carte oculaire, avec une amélioration moyenne de cinq lignes. Deux tiers des patients ont exprimé une satisfaction moyenne ou élevée quant à l’utilisation de la prothèse au quotidien.

« Toutes les tentatives précédentes visant à fournir une vision prothétique aboutissaient essentiellement à une sensibilité à la lumière et non à une vision formelle. »

Daniel Palanker, chercheur

Selon les chercheurs, la clé du succès de PRIMA réside dans sa capacité à exploiter les cellules rétiniennes encore fonctionnelles. La puce, d’une taille de 2 x 2 millimètres, est implantée dans la zone de la rétine où les photorécepteurs ont été perdus. Elle est sensible à la lumière infrarouge, contrairement aux photorécepteurs naturels qui ne réagissent qu’à la lumière visible. L’utilisation de la lumière infrarouge permet d’éviter de stimuler les photorécepteurs restants, préservant ainsi la vision périphérique naturelle du patient.

« La projection se fait par infrarouge car nous voulons nous assurer qu’elle soit invisible pour les photorécepteurs restants à l’extérieur de l’implant. »

José-Alain Sahel, École de médecine de l’Université de Pittsburgh

Sheila Irvine, l’une des patientes ayant participé à l’étude, témoigne de l’impact positif de la prothèse : « Avant l’implant, j’avais l’air d’avoir deux disques noirs dans les yeux, avec une vision déformée autour d’eux. » Après l’opération, elle a pu reprendre la lecture, une activité qu’elle affectionnait particulièrement. « Réapprendre à lire n’est pas facile, mais plus je pratique, plus j’avance. La lecture transporte, et aujourd’hui je me sens beaucoup plus optimiste. »

Pour l’instant, l’appareil PRIMA offre une vision en noir et blanc, mais les chercheurs travaillent déjà sur un logiciel qui permettra d’accéder à une gamme complète de niveaux de gris. Cette avancée technologique représente un espoir considérable pour les millions de personnes atteintes de DMLA et pourrait améliorer considérablement leur qualité de vie.

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