Publié le 4 novembre 2025 à 03h14. Des archéologues ont mis au jour les vestiges d’un tumulus romain exceptionnellement bien conservé en Bavière, révélant de nouvelles informations sur les pratiques funéraires et le statut social dans la province de Rhétie au cours de l’Antiquité.
- La découverte d’un tumulus romain, une structure funéraire rare dans la région, lors de travaux de construction dans le district d’Eichstätt.
- L’identification d’un anneau de pierre de 11 mètres de diamètre entourant une extension carrée, suggérant un monument commémoratif de grande envergure.
- L’hypothèse que le tumulus pourrait être un cénotaphe, un mémorial dédié à une personne enterrée ailleurs, compte tenu de son emplacement stratégique et de son absence de vestiges funéraires.
Les fouilles archéologiques menées dans le district allemand de Haute-Bavière d’Eichstätt ont permis de révéler les fondations d’un tumulus romain, une découverte inhabituelle dans l’ancienne province de Rhétie. Cette région, conquise par les Romains vers 15 avant notre ère, ne présentait pas d’intérêt économique majeur pour Rome, mais constituait un point stratégique de défense contre les invasions potentielles. La Rhétie, qui englobait une partie de l’Autriche, de la Suisse et de l’Allemagne actuels, continue de livrer ses secrets plus de deux millénaires après la présence de l’empire romain.
Le tumulus découvert se compose d’un anneau de pierre soigneusement disposé, mesurant environ 11 mètres de diamètre, et d’une extension carrée de 1,8 mètre de côté. Les archéologues pensent que cette extension servait probablement de socle pour une statue ou une stèle (une dalle de pierre gravée). Selon Mathias Pfeil, conservateur général de l’Office d’État bavarois pour la préservation des monuments historiques, « Nous ne nous attendions pas à découvrir ici un monument funéraire de cet âge et de cette taille. » déclaration. Il ajoute que le tumulus, situé sur un axe de transport romain important, permettait à la famille du défunt de rendre hommage à son mémoire de manière visible. Le monument funéraire était donc à la fois un lieu de souvenir et une affirmation de statut social.
La plupart des tumulus découverts dans la région datent de l’âge du bronze et de l’âge du fer. Les chercheurs se demandent si la construction de ce tumulus romain représente une tentative délibérée de renouer avec les traditions funéraires préromaines. L’Europe centrale romaine et l’Italie avaient en effet une longue tradition de tumulus, qui a débuté au premier siècle de notre ère. Les Romains n’hésitaient d’ailleurs pas à réutiliser des structures plus anciennes, datant de l’âge du bronze et de l’âge du fer, pour construire leurs propres tumulus.
Un aspect intrigant de cette découverte est l’absence de squelette et d’objets funéraires à l’intérieur du tumulus. Cela ne signifie pas nécessairement qu’il a été pillé. Compte tenu de sa position le long d’une voie romaine importante et à proximité d’un ancien domaine romain, les archéologues envisagent l’hypothèse qu’il s’agisse d’un cénotaphe, un mémorial érigé en l’honneur d’une personne enterrée ailleurs. Des découvertes similaires, comme des sépultures d’enfants romains en Suisse, continuent d’enrichir notre compréhension des pratiques funéraires de l’époque.
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