Home Technologie et scienceUniversité de Birmingham : le vaccin antigrippal matinal plus efficace chez les seniors

Université de Birmingham : le vaccin antigrippal matinal plus efficace chez les seniors

by Thomas Caron

Des chercheurs de l’université de Birmingham ont établi que la vaccination antigrippale matinale augmente la production d’anticorps chez les seniors. L’étude, menée auprès de 276 patients de plus de 65 ans dans 24 cabinets médicaux anglais, montre une efficacité accrue pour les souches A/H1N1 et B lors d’injections effectuées entre 9h et 11h.

L’heure du rendez-vous médical pourrait influencer la réponse immunitaire des personnes âgées.

Le protocole de Jenna Long dans le West Midlands

Mené par Jenna Long et son équipe, cet essai clinique s’est déroulé entre 2011 et 2013. Pour éliminer les biais, les chercheurs ont utilisé une randomisation par grappes, répartissant 24 cabinets médicaux du West Midlands en deux groupes distincts : 15 cabinets ont administré les vaccins durant des créneaux matinaux (9h-11h) et 9 cabinets durant l’après-midi (15h-17h).

L’échantillon comprenait 276 adultes âgés de 65 ans et plus. Les critères de sélection étaient stricts : aucun patient ne devait présenter d’infection en cours, de trouble immunitaire ou suivre un traitement immunosuppresseur.

Des résultats contrastés selon les souches grippales

Le vaccin testé ciblait trois souches : A/H1N1, A/H3N2 et la souche B. L’impact de l’horaire s’est avéré variable selon la cible. Pour la souche A/H1N1, la différence entre les groupes matin et après-midi était significative, avec une valeur p de 0,03, un indicateur suggérant que le résultat n’est pas dû au hasard.

Concernant la souche B, les auteurs ont publié une correction ultérieure. Celle-ci a nuancé l’ampleur de l’effet, faisant passer le résultat du statut de significatif à celui de tendance, tout en maintenant l’orientation générale en faveur d’une vaccination matinale. En revanche, aucune différence n’a été observée pour la souche A/H3N2, ce qui indique que l’effet du timing ne s’applique pas à toutes les composantes du vaccin.

L’influence du cortisol et du rythme circadien

L’équipe de Birmingham avance que ce phénomène repose sur le rythme circadien du système immunitaire. Le cortisol, une hormone de stress qui module l’activité immunitaire, atteint son pic naturel au réveil avant de décliner progressivement durant la journée. Cette hormone influence directement la réaction des lymphocytes T, cellules essentielles de la réponse immunitaire, face à un antigène vaccinal.

Pour vérifier cette hypothèse, les chercheurs ont analysé les concentrations d’hormones stéroïdiennes et de cytokines prélevées au moment précis de la vaccination. L’objectif était d’identifier le mécanisme biologique expliquant pourquoi le matin semble plus propice à la réponse immunitaire, particulièrement chez les personnes âgées.

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