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USA Wrestling Coach’s Corner: Jack Conroy (CT) – Win Magazine

by Camille Renault

Publié le 30 septembre 2025 à 13h54. Jack Conroy, entraîneur de lutte au lycée Greens Farms Academy dans le Connecticut, a bâti une communauté florissante autour de ce sport, en misant sur l’engagement, la collaboration et une approche axée sur les besoins de son établissement.

  • Jack Conroy a transformé une petite équipe de lutte en un programme dynamique comptant près d’un quart de la population masculine de son lycée.
  • Il souligne l’importance de l’engagement personnel de l’entraîneur, affirmant qu’il doit « vouloir plus que les athlètes ».
  • Conroy a développé une philosophie basée sur le service de l’école et la création de liens avec la communauté, plutôt que sur la simple promotion de la lutte.

L’histoire de Jack Conroy avec la lutte a commencé tardivement, à l’université. Rapidement captivé par ce sport, il a trouvé une vocation inattendue dans l’entraînement, d’abord par nécessité, puis par passion. Son ancien entraîneur, Jeff Morrison, à la Greens Farms Academy, a joué un rôle déterminant dans son parcours, sans le savoir à l’époque.

« J’étais son assistant pendant un an après avoir terminé mes études à Bucknell (2006-2010) », explique Conroy. « Lorsque Jeff a décidé de prendre sa retraite, je me suis retrouvé propulsé dans le rôle d’entraîneur-chef. Au début, ce n’était qu’un moyen de passer le temps, de chercher une voie professionnelle. Je ne voyais pas d’avenir à long terme dans ce rôle. »

Deux facteurs ont changé sa perspective. D’une part, il a rencontré un groupe d’élèves enthousiastes et désireux de progresser. D’autre part, sa participation à une convention de la NWCA (National Wrestling Coaches Association) lui a permis d’échanger avec des entraîneurs légendaires et de s’inspirer de leurs expériences.

« Nous n’avions pas beaucoup d’élèves, mais ceux que nous avions étaient vraiment passionnés par la lutte, ce qui a allumé une flamme en moi », se souvient Conroy. « À la convention, j’ai été entouré de grands entraîneurs, et j’ai pu découvrir leurs méthodes et leurs succès. Chacun avait une approche unique, adaptée à sa situation. »

Conroy a réalisé que sa situation, dans un État comme le Connecticut et dans un lycée où seulement six élèves s’étaient inscrits à l’équipe de lutte, était différente de celle de nombreux autres entraîneurs. Cette prise de conscience a été cruciale. Il a compris qu’il devait adapter son approche pour répondre aux besoins spécifiques de son établissement.

« Je discutais avec l’entraîneur de basket-ball, et j’ai réalisé qu’il fallait attirer les gens avec le miel, plutôt que de les repousser avec la jalousie », explique Conroy. « J’ai compris que je devais servir l’école et la communauté, et non pas seulement promouvoir la lutte. L’école ne se soucierait de la lutte que dans la mesure où elle répondait à ses propres objectifs. »

Conroy a donc changé de stratégie. Il a commencé à offrir son aide à l’école, à développer des relations amicales avec les autres entraîneurs et à promouvoir la lutte auprès de la communauté. Il a même offert un maillot de lutte au directeur sportif de l’école.

« Rapidement, les gens ont commencé à nous soutenir », se souvient Conroy. « Nous n’avons que 200 garçons dans notre lycée, et 48 lutteurs dans notre équipe, ce qui représente un quart de la population masculine. Nos matchs à domicile attirent plus de 500 spectateurs, et nous devons souvent installer des sièges supplémentaires. »

Conroy a également remis en question une idée reçue courante chez les entraîneurs : « Les enfants ne s’investissent pas autant que les entraîneurs ». Il a développé sa propre philosophie à ce sujet.

« Reconnaissez que vous le voulez plus que les enfants », a-t-il déclaré. « On entend souvent : « Vous ne pouvez pas vouloir plus que les enfants ». Mais un enfant qui n’a jamais lutté… Vous ne pouvez pas vous attendre à ce qu’il ait la même passion que vous. Vous devez le vouloir plus que les enfants. Vous ne pouvez pas vous attendre à ce que les gens suivent un leader qui s’en soucie moins que les athlètes. »

Jack Conroy, entraîneur de lutte

Conroy et son équipe s’efforcent de construire une communauté autour de la lutte, en encourageant la participation aux compétitions de freestyle et de lutte gréco-romaine. Il a également rejoint le conseil d’administration de l’équipe du Connecticut pour le championnat junior national de lutte Fargo. Cette année, son club a envoyé 40 athlètes à Fargo.

Parmi ses protégés, Kayla Batres a remporté un titre junior et a été nommée meilleure lutteuse, Jaxsen Bailey est devenu le premier double champion de l’État du Connecticut depuis 2015, et Liam Carlin a terminé quatrième au championnat junior des 65 kg.

Conroy concilie avec succès ses rôles d’entraîneur-chef, d’entraîneur de club et d’entraîneur de l’équipe du Connecticut pour Fargo. Il ne croit pas à l’équilibre, mais plutôt à la priorité donnée à ce qui compte le plus.

« L’équilibre est l’ennemi de la grandeur », affirme-t-il. « Tant que tout le monde est heureux, vous êtes équilibré. J’ai une épouse formidable qui soutient ce que nous faisons, et de grands entraîneurs adjoints qui partagent nos valeurs. »

Pour Jack Conroy, l’engagement est la clé du succès. Il encourage ses athlètes à se dépasser, même sans garantie de résultats. Il croit que la lutte est plus qu’un sport, c’est une communauté, une passion et une opportunité de grandir.

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