Home MondeVa amener la Chine sur Covid-19 à la Cour internationale de justice

Va amener la Chine sur Covid-19 à la Cour internationale de justice

by Clara Dubois

Des experts juridiques explorent la possibilité de poursuivre la Chine devant la justice internationale pour sa gestion de la pandémie de Covid-19, estimant que des manquements aux réglementations sanitaires internationales ont pu aggraver la crise mondiale.

Plusieurs universitaires affirment que les actions de la Chine concernant la pandémie de Covid-19 (et le nouveau coronavirus SARS-CoV-2), notamment en ce qui concerne le calendrier et la communication des informations prévues aux articles 6 et 7 du Règlement sanitaire international (RSI), constituent une violation des normes internationales. Si la Chine avait respecté ces engagements, l’ampleur de la pandémie aurait pu être moindre, selon ces spécialistes.

Un juriste va jusqu’à déclarer : « La Chine peut et doit être tenue responsable des pertes massives qu’elle a causées à travers le monde. » Bien que tous ces experts s’accordent sur la nécessité d’une action en justice, ils reconnaissent l’absence de précédent juridique permettant de traduire la Chine devant un tribunal étranger.

L’article 56 du RSI prévoit un mécanisme de résolution des différends, mais son activation dépend de l’accord de la Chine, ce qui est jugé improbable. Cependant, certains mettent en avant l’article 75 de la Constitution de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), qui renvoie les litiges concernant l’interprétation ou la mise en œuvre de la Constitution à la Cour internationale de Justice (CIJ).

La CIJ a d’ailleurs reconnu son autorité en la matière. Un État pourrait ainsi saisir la CIJ en arguant que les actions de la Chine relèvent d’une interprétation ou d’une application de la Constitution de l’OMS. La difficulté réside dans le fait que cette Constitution ne contient pas de responsabilités importantes en vertu du droit international de la santé, mais plutôt un cadre législatif concernant l’adhésion et la structure institutionnelle.

Plusieurs arguments pourraient être avancés. Un État pourrait, par exemple, invoquer les articles 21 et 22 de la Constitution de l’OMS pour dénoncer des violations du RSI. Il pourrait également arguer que la Chine a manqué à son obligation de signaler des données statistiques et épidémiologiques conformément à l’article 64 de la Constitution de l’OMS. Cet article stipule que chaque État membre doit transmettre à l’Assemblée des données officielles sur la santé.

Par ailleurs, l’article 63 de la Constitution de l’OMS exige que chaque État membre transfère immédiatement à l’Organisation les lois, règlements, documents officiels et statistiques de santé publiés dans cet État. Il est rapporté que la Chine aurait refusé de communiquer des informations précoces sur les maladies du personnel médical, ce qui a conduit l’OMS à conclure qu’il était difficile de déterminer la transmission de personne à personne. De plus, les statistiques chinoises sur le nombre de personnes malades asymptomatiques, un facteur essentiel pour évaluer la contagiosité, ne sont actuellement pas disponibles.

Un autre point de litige potentiel concerne l’article 37 de la Constitution de l’OMS, qui stipule que chaque État membre s’engage à respecter le Directeur général de l’OMS et le personnel de l’Organisation, en leur qualité d’étrangers. Toute tentative de manipulation de ces acteurs pourrait être considérée comme une violation de ce principe.

Enfin, un État pourrait invoquer le principe général du droit international selon lequel un traité ne doit pas être privé de son objet et de son but (article 18 de la Convention de Vienne sur le droit des traités), arguant que la Chine a contrecarré l’objectif de la Constitution de l’OMS, qui est d’assurer le niveau de santé le plus élevé possible pour tous les citoyens (article 1 de la Constitution de l’OMS).

Bien que la validité de ces arguments reste à démontrer, une action en justice, même infructueuse sur le plan juridique, pourrait avoir des retombées politiques importantes. Il est rare que des violations du droit international soient directement liées à la mort de nombreux civils dans de nombreux pays, et il serait donc pertinent d’examiner si la justice doit être rendue dans ces cas.

You may also like

Leave a Comment

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.