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Vague de « confinements » dans les écoles britanniques en raison d’une « mutation agressive » de la grippe

Publié le 2025-12-10 04:00:00. Une souche particulièrement virulente de la grippe saisonnière, la sous-variante K de la sous-clade H3N2, provoque des vagues de maladies et des fermetures temporaires d'écoles à travers le Royaume-Uni, ravivant les souvenirs de la…

Vague de « confinements » dans les écoles britanniques en raison d’une « mutation agressive » de la grippe

Publié le 2025-12-10 04:00:00. Une souche particulièrement virulente de la grippe saisonnière, la sous-variante K de la sous-clade H3N2, provoque des vagues de maladies et des fermetures temporaires d’écoles à travers le Royaume-Uni, ravivant les souvenirs de la crise sanitaire liée à la Covid-19.

  • Plus de 250 élèves et membres du personnel ont été touchés simultanément dans une école du Pays de Galles.
  • Le gouvernement britannique insiste pour que les écoles restent ouvertes sauf dans des « circonstances extrêmes », craignant un retour aux perturbations massives de l’éducation.
  • L’augmentation des cas de grippe coïncide avec une pression accrue sur le système de santé publique (NHS), notamment en raison de grèves et de pénuries de personnel.

Le Royaume-Uni fait face à une recrudescence de la grippe saisonnière, alimentée par une nouvelle sous-variante, la K de la sous-clade H3N2, qui se propage rapidement et affecte un nombre croissant d’écoles. L’établissement St Martin’s, situé à Caerphilly, au Pays de Galles, est le plus touché à ce jour, avec plus de 250 cas recensés parmi ses élèves et son personnel. Cette situation a conduit à des fermetures temporaires de plusieurs établissements scolaires, ravivant les inquiétudes liées à la santé publique et à l’impact sur l’éducation.

Le gouvernement britannique a réagi en soulignant l’importance de maintenir les écoles ouvertes autant que possible. Un porte-parole a déclaré que les fermetures ne devraient être envisagées que dans des « circonstances extrêmes », insistant sur le fait que la présence en classe est « essentielle aux opportunités de la vie des enfants ». Cette position reflète une volonté de ne pas répéter les erreurs du passé, lorsque les fermetures d’écoles prolongées pendant la pandémie de Covid-19 ont eu des conséquences négatives sur le développement social et émotionnel des élèves.

L’Agence britannique de sécurité sanitaire (UKHSA) a recommandé d’« envisager l’utilisation d’un masque » pour les personnes présentant des symptômes grippaux. Plus d’informations sur les recommandations sanitaires. La nouvelle souche virale a muté de manière à contourner partiellement l’immunité acquise grâce aux vaccins précédents, ce qui explique la propagation rapide de la maladie. Fin novembre, on comptait en moyenne 1 717 patients hospitalisés chaque jour pour cause de grippe, un chiffre record depuis le début des relevés statistiques.

Les experts expliquent que le virus a « légèrement dérivé cette année », augmentant ainsi sa contagiosité. Pourquoi la variante K de la grippe se propage-t-elle si facilement ? L’efficacité du vaccin reste toutefois dans les marges habituelles. La situation est d’autant plus préoccupante qu’elle coïncide avec une période de forte pression sur le NHS, déjà confronté à des grèves, à une saturation structurelle et à une pénurie de personnel.

Certains établissements scolaires ont réactivé les mesures mises en place pendant la pandémie, telles que l’annulation de cours, la suspension de rassemblements et l’annulation de spectacles de Noël. Des images d’élèves quittant des écoles partiellement fermées ont fait le tour des médias locaux, évoquant un sentiment de déjà vu. Lee Jarvis, le directeur de l’école St Martin de Caerphilly, a pris la décision de fermer préventivement l’établissement pour procéder à une désinfection en profondeur, justifiant sa décision par la nécessité de « briser la chaîne de contagion » dans un contexte qu’il a qualifié d’« épidémie importante ». Les symptômes observés – vomissements, forte fièvre, diarrhée, maux de tête et épuisement – correspondent aux effets graves que certains patients de la nouvelle sous-variante présentent cet hiver.

La crainte à Downing Street ne se limite pas à la santé publique. Elle est également politique, sociale et économique. Des études menées après les confinements ont révélé une détérioration marquée de la santé mentale, de l’interaction sociale et du développement du langage des enfants et des adolescents, en particulier dans les secteurs les plus vulnérables. Un rapport récent de l’Université d’Édimbourg a associé les mois de fermeture à une augmentation de 6,6 % des troubles du développement chez les nourrissons et les jeunes enfants. L’impact intergénérationnel est déjà l’une des grandes préoccupations du gouvernement.

Des personnalités politiques conservatrices, comme Jacob Rees-Mogg, ont accusé certaines écoles de « répéter la folie du Covid pour une simple grippe », alimentant le débat. L’opposition, quant à elle, souligne la nécessité de trouver un équilibre entre la prudence sanitaire et l’hystérie institutionnelle, et appelle les établissements scolaires à éviter de « surréagir », ce qui pourrait aggraver l’anxiété sociale en plein hiver.

Dans d’autres régions du pays, les mesures prises sont moins radicales, mais témoignent d’une prudence accrue. À Leeds, l’école Wigton Moor a limité les chants lors des répétitions des spectacles de Noël après avoir constaté qu’un élève sur six était malade la semaine dernière. Dans le Somerset, l’école intermédiaire de Danesfield a temporairement fermé ses portes en raison d’une épidémie de norovirus. En Irlande du Nord, la direction de l’école primaire d’Ebrington a décrit la situation comme « remontant à l’époque du Covid », avec 170 élèves absents en une seule journée.

Les syndicats de l’éducation se montrent pour l’instant prudents. L’Association des directeurs d’écoles et de collèges a apporté son soutien aux responsables qui prennent des décisions « difficiles » lorsqu’il n’y a pas d’autre alternative pour assurer la sécurité des élèves. Ils ont toutefois évité de réclamer des fermetures généralisées, conscients de l’impact négatif que cela pourrait avoir sur la réputation du secteur depuis 2020.

La crainte à Downing Street est que l’augmentation des infections et la pression sur les hôpitaux coïncident avec la grève des médecins résidents, annoncée la semaine précédant Noël, ce qui pourrait créer la tempête parfaite pour le NHS. Les hôpitaux ont déjà activé les protocoles de port du masque dans les zones à risque et préviennent qu’ils pourraient avoir entre 5 000 et 8 000 lits occupés par des patients atteints de la grippe dans les prochains jours, dépassant ainsi le pic de l’hiver dernier.

Le gouvernement insiste sur le fait que le pays ne fait pas face à une situation d’urgence nationale, mais plutôt à un hiver compliqué dans lequel la gestion de la peur sera presque aussi importante que la gestion du virus.

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À propos de l’auteur: Sophie Martin

Sophie Martin suit les sujets de santé, de prévention, de recherche médicale et de politiques publiques. Ses articles rappellent les limites de l’information générale et encouragent la consultation de professionnels qualifiés.