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Graz, Autriche – Le futur de l'intelligence artificielle (IA) en Europe a été au cœur des discussions lors du Technology Impact Summit, qui s'est tenu à Graz. Experts, universitaires et représentants politiques ont examiné les défis et les…

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Graz, Autriche – Le futur de l’intelligence artificielle (IA) en Europe a été au cœur des discussions lors du Technology Impact Summit, qui s’est tenu à Graz. Experts, universitaires et représentants politiques ont examiné les défis et les opportunités liés à l’intégration de l’IA, ainsi que la nécessité pour l’Europe de renforcer sa souveraineté technologique face à la concurrence mondiale.

L’essor rapide de l’IA dans les entreprises nécessite une approche pragmatique, soulignent les participants. Au-delà des stratégies à long terme et des réglementations potentielles, des solutions concrètes sont indispensables pour une utilisation responsable et efficace de cette technologie. Le sommet, animé par Katrin-Cécile Ziegler, a rassemblé des acteurs clés pour créer un pont entre la recherche scientifique, le développement technologique et les applications pratiques.

La science est identifiée comme le moteur principal de l’innovation technologique. « La force des universités réside dans la mise en réseau des compétences et dans le transfert des nouvelles technologies vers le secteur économique », a insisté Peter Riedler, recteur de l’Université de Graz. Combinée à la formation de spécialistes qualifiés, cette dynamique permettra à l’Autriche de maintenir une position géographique avantageuse.

Les participants ont également plaidé pour une réglementation réaliste, favorisant l’innovation plutôt que de la freiner. Alexander Pröll, secrétaire d’État à la numérisation, a déclaré : « L’Europe s’est réveillée et retrouve son indépendance. La voie à suivre est une stratégie coopérative, basée sur nos propres forces et sur des partenariats fiables. L’Autriche joue un rôle moteur dans la construction d’une compréhension commune de la souveraineté numérique entre les États membres. » Il a souligné l’importance de la déclaration autrichienne, adoptée à Berlin par tous les États membres de l’UE, tout en appelant à une réduction significative de la bureaucratie.

Henna Virkkunen, commissaire européenne chargée de la souveraineté technique, de la sécurité et de la démocratie, a réaffirmé l’engagement de l’Union européenne à soutenir le développement technologique de tous les secteurs économiques afin de devenir un leader mondial, en misant sur l’investissement et la sécurité juridique.

Les experts ont également souligné l’importance de l’autonomie stratégique, non seulement pour l’indépendance, mais aussi pour la protection des valeurs et de la création de valeur. Horst Bischof, recteur de la TU Graz, a mis en garde contre une réglementation excessive qui pourrait entraver la mise en œuvre de projets de recherche innovants. Karl-Theodor zu Guttenberg, de Spitzberg Partners, a critiqué l’aversion au risque de l’UE, qualifiant le programme d’IA de « diesel saccadé » par rapport à la concurrence internationale. Josie-Marie Perkuhn, de l’Université de Trèves, a quant à elle dénoncé le manque de protection des données européennes à l’étranger.

Le sommet a également mis en lumière les enjeux environnementaux liés à l’IA. Ramin Hasani, fondateur de Liquid AI, a démontré comment une utilisation intelligente des ressources pouvait concilier objectifs écologiques et compétitivité économique. Il a souligné le potentiel inexploité de la puissance de calcul disponible sur les appareils existants, permettant de réduire les besoins en infrastructures et en énergie des centres de données.

Cependant, Patrick Wollner, de McKinsey & Company, a exprimé des inquiétudes quant à la prolifération de projets pilotes inefficaces et peu rentables. Il estime que les applications actuelles offrent peu d’avantages économiques et manquent d’effets d’échelle, appelant à une vision stratégique plus claire. Georg Schneider, doyen de la faculté SOWI de l’Université de Graz, a également identifié de nombreux projets sans véritable perspective de mise en œuvre.

Les experts du changement Michael Timmermann et Andreas Zehetner ont prédit une nouvelle culture de coopération entre les humains et les machines, avec une évolution des organisations en trois étapes : de l’IA assistée à l’IA intégrée, puis à l’IA prédominante. Dans ce dernier stade, l’IA façonnerait activement l’entreprise, tandis que les humains se concentreraient sur les aspects éthiques.

Markus Fallenböck, vice-recteur de l’Université de Graz et co-initiateur du Technology Impact Summit, a conclu : « L’intelligence artificielle n’est plus une vision de l’avenir, mais elle fournit déjà aujourd’hui des impulsions décisives pour les entreprises, l’administration et la société. » Il a souligné l’importance de la combinaison des connaissances, de la technologie et de la recherche pour stimuler l’innovation.

Le Technology Impact Summit est une initiative conjointe de l’Université de Graz, de l’Université de technologie de Graz, de Joanneum Research et de FH Joanneum. Il vise à créer une plateforme d’échange multiperspective entre la science, l’économie, les start-ups et la politique, en se concentrant sur les effets des évolutions technologiques sur l’économie et la société.

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À propos de l’auteur: Thomas Caron

Thomas Caron couvre les technologies, les sciences, l’intelligence artificielle et l’innovation. Il explique les nouveautés sans jargon inutile et distingue les annonces spectaculaires des avancées réellement établies.