Publié le 2026-01-18 09:58:00. Des études récentes mettent en lumière un lien possible entre la consommation de certains conservateurs alimentaires, présents dans de nombreux produits ultra-transformés, et un risque accru de diabète de type 2 et de certains cancers. Ces recherches, basées sur l’analyse de données de plus de 100 000 Français, soulèvent des questions sur la réglementation actuelle de ces additifs.
- Une consommation élevée de certains conservateurs, comme le sorbate de potassium et les sulfites, est associée à un risque accru de cancer.
- L’étude révèle également un lien entre la consommation globale de conservateurs et une augmentation de l’incidence du diabète de type 2.
- Les chercheurs appellent à une réévaluation de la sécurité de ces additifs alimentaires et recommandent de privilégier une alimentation fraîche et peu transformée.
Des substances souvent invisibles aux yeux du consommateur, mais omniprésentes dans notre alimentation quotidienne, pourraient avoir des conséquences néfastes sur la santé à long terme. Ces conservateurs alimentaires, utilisés pour prolonger la durée de conservation des produits, sont identifiés sur les étiquettes par des codes alphanumériques complexes. Si leur rôle est essentiel pour éviter le gaspillage, des études récentes suggèrent qu’ils pourraient augmenter le risque de développer des maladies graves.
Deux études publiées simultanément dans les revues scientifiques Communications naturelles ici et BMJ là, ont analysé l’impact de ces additifs sur la santé de plus de 100 000 participants à l’étude NutriNet-Santé, un vaste programme de recherche nutritionnelle français couvrant la période 2009 à 2023. Les chercheurs ont examiné l’association entre l’exposition aux conservateurs et le risque de diabète de type 2 et de cancer chez les adultes.
Si les résultats nécessitent des investigations plus approfondies, ils pourraient conduire à une révision de la réglementation concernant l’utilisation de ces conservateurs, notamment dans les aliments ultra-transformés. Des études antérieures avaient déjà montré que certains conservateurs pouvaient endommager les cellules et l’ADN, mais les preuves d’un lien direct avec le diabète de type 2 ou le cancer restaient limitées.
L’étude sur le cancer : quels conservateurs sont pointés du doigt ?
L’étude publiée dans BMJ a analysé 17 conservateurs différents. Si 11 d’entre eux n’ont montré aucune association avec l’incidence du cancer, les chercheurs ont constaté que les personnes les plus consommatrices de certains conservateurs présentaient un risque accru de développer la maladie. Par exemple, le sorbate de potassium était associé à une augmentation de 14 % du risque global de cancer et de 26 % du risque de cancer du sein. Les sulfites, quant à eux, étaient liés à une augmentation de 12 % du risque global de cancer. Le nitrite de sodium était associé à une augmentation de 32 % du risque de cancer de la prostate, tandis que le nitrate de potassium était associé à un risque accru de cancer en général (13 %) et de cancer du sein (22 %). L’acide acétique total était associé à un risque accru de cancer en général (15 %) et de cancer du sein (25 %), tandis que l’acide acétique seul était associé à un risque global accru de 12 % de cancer.
Les chercheurs suggèrent que ces composés pourraient modifier les voies immunitaires et inflammatoires, favorisant ainsi le développement de tumeurs. Il est important de noter qu’il s’agit d’une étude observationnelle, qui ne permet pas d’établir une relation de cause à effet définitive. D’autres facteurs non mesurés pourraient également avoir influencé les résultats. Néanmoins, cette vaste étude, basée sur des données alimentaires détaillées collectées sur 14 ans, corrobore les données expérimentales existantes suggérant des effets indésirables de ces composés sur le cancer.
« Cette étude fournit de nouvelles informations pour la réévaluation future de la sécurité de ces additifs alimentaires par les agences de santé, en tenant compte de l’équilibre entre les avantages et les risques pour la conservation des aliments et le cancer. »
Chercheurs (non nommé dans la source)
Les scientifiques appellent les fabricants à limiter l’utilisation de conservateurs inutiles et recommandent aux consommateurs de privilégier une alimentation riche en aliments frais et peu transformés.
Diabète de type 2 : les conservateurs à surveiller
L’étude publiée dans Communications naturelles a révélé qu’une consommation globale plus importante de conservateurs, qu’ils soient antioxydants ou non, était associée à une augmentation de l’incidence du diabète de type 2, respectivement de 47 %, 49 % et 40 %, par rapport aux niveaux de consommation les plus faibles. Sur les 17 conservateurs étudiés, une consommation plus élevée de 12 d’entre eux était associée à un risque accru de diabète de type 2.
« Il s’agit de la première étude au monde sur les liens entre les additifs conservateurs et l’incidence du diabète de type 2. »
Mathilde Touvier, coordinatrice de la recherche
« Même si les résultats doivent être confirmés, ils concordent avec les données expérimentales suggérant des effets nocifs de plusieurs de ces composés », ajoute-t-elle.
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