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« Viol collectif » à Durgapur : les dirigeants du BJP omettent les noms non musulmans de la liste des accusés ; donner une tournure communautaire au crime

Publié le 12 octobre 2025 à 17h13. Des accusations de viol collectif visant un étudiant en médecine à Durgapur, dans le Bengale occidental, ont déclenché une vive polémique politique en Inde, exacerbée par des allégations de partialité religieuse…

« Viol collectif » à Durgapur : les dirigeants du BJP omettent les noms non musulmans de la liste des accusés ; donner une tournure communautaire au crime

Publié le 12 octobre 2025 à 17h13. Des accusations de viol collectif visant un étudiant en médecine à Durgapur, dans le Bengale occidental, ont déclenché une vive polémique politique en Inde, exacerbée par des allégations de partialité religieuse dans la couverture médiatique et les réactions politiques.

  • Suite à un présumé viol collectif, des responsables du BJP ont diffusé les noms des accusés sur les réseaux sociaux.
  • Ces publications ont été accompagnées de suggestions implicites ou explicites que les accusés étaient tous musulmans.
  • Une enquête a révélé que les informations diffusées étaient incomplètes et que l’un des accusés identifiés n’avait pas été arrêté.

L’affaire, qui s’ajoute à une série d’incidents similaires dans la région, a suscité l’indignation et des critiques virulentes à l’encontre du gouvernement de Mamata Banerjee. Le 10 octobre dernier, un étudiant de 23 ans en deuxième année de médecine dans un établissement privé de Durgapur aurait été victime d’une agression sexuelle collective. Selon un article du journal The Hindu, l’étudiant a quitté le campus vers 19h58 pour dîner avec un camarade. Les deux étudiants sont revenus ensemble à 21h29, mais l’étudiante s’est ensuite rendue à sa résidence étudiante et a signalé l’agression.

Le député du BJP et chef de l’opposition, Suvendu Adhikari, a réagi à l’incident le 12 octobre sur le réseau social X, en publiant les noms de quatre personnes qu’il présentait comme les accusés : Cheikh Nasim Uddin, Cheikh Riyaz Uddin, Cheikh Ferdaus et Cheikh Safikul. Il a également précisé que les domiciles de ces individus se trouvaient dans le village de Bijra. Dans son message, Adhikari a semblé critiquer la réponse du gouvernement de Mamata Banerjee à l’affaire.

Amit Malviya, responsable de la cellule informatique du BJP, a amplifié le message d’Adhikari, suggérant que la ministre en chef du Bengale occidental, Mamata Banerjee, avait choisi de blâmer la victime plutôt que les agresseurs en raison de leur religion. Cette accusation fait référence à des déclarations de Banerjee dans lesquelles elle conseillait aux étudiantes vivant en foyer de ne pas sortir seules la nuit et de prendre leurs précautions.

D’autres personnalités politiques du BJP, comme Vishnu Vardhan Reddy, vice-président du parti dans l’Andhra Pradesh, ont également partagé les noms des accusés sur les réseaux sociaux et appelé à leur arrestation. Des influenceurs de droite, tels que @MrSinha_ et @MeghUpdates, ont également contribué à la diffusion de ces informations. Un article du site d’information News18, citant des sources policières, mentionnait également les quatre mêmes noms et indiquait qu’ils avaient été arrêtés.

Cependant, une vérification des faits menée par Alt News a révélé des inexactitudes dans ces informations. Le commissaire adjoint de police de Durgapur (Est), Abhishek Gupta, a confirmé que trois arrestations avaient été effectuées et que les suspects avaient été déférés à la justice le 12 octobre. Selon un rapport de l’Indian Express, les personnes arrêtées ont été identifiées comme Apu Bauri (21 ans), Firdous Shiekh (23 ans) et Sheikh Riazuddin (32 ans). Le nom de Cheikh Safikul n’apparaissait pas parmi les personnes arrêtées. M. Gupta a confirmé à Alt News le 12 octobre à 17h57 que personne du nom de Safikul n’avait été arrêté. Un autre officier de police, souhaitant rester anonyme, a également confirmé ces informations et a indiqué que la police était toujours à la recherche d’au moins un autre suspect.

En conclusion, plusieurs responsables du BJP et influenceurs de droite ont choisi de ne pas mentionner le nom d’Apu Bauri lorsqu’ils ont énuméré les noms des accusés dans cette affaire, suggérant ou affirmant implicitement que tous les suspects étaient musulmans. Cette affirmation est fausse et repose sur des informations incomplètes et inexactes.

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À propos de l’auteur: Nicolas Lefèvre

Nicolas Lefèvre couvre l’actualité française, de la vie politique aux questions sociales et économiques. Il privilégie les explications claires, les faits datés et les informations directement utiles au lecteur.