Publié le 24 octobre 2025 15:09:00. Le trouble déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) touche de nombreux enfants. La pédiatre Tammi Lahr répond aux questions fréquentes des parents sur les signes, le diagnostic et la prise en charge de ce trouble.
- Environ un enfant sur quatre atteint de TDAH a un parent qui en souffre également, soulignant une forte composante génétique.
- Le dépistage précoce, notamment grâce à des questionnaires standardisés comme le Vanderbilt, est essentiel pour un diagnostic précis.
- La prise en charge du TDAH combine souvent des approches médicamenteuses et des thérapies comportementales adaptées à l’âge de l’enfant.
Identifier un trouble du comportement chez un enfant n’est pas toujours simple. La pédiatre Tammi Lahr, de Saint Francis Children’s Physicians, explique qu’il ne s’agit pas simplement d’un enfant « agité ». « Nous recherchons une déficience significative dans plusieurs environnements, que ce soit à la maison ou à l’école », précise-t-elle. Cela peut se traduire par des difficultés à rester assis pendant les activités, des oublis fréquents ou une distractibilité importante.
Le diagnostic repose sur une évaluation globale, impliquant les parents et les enseignants. Un outil couramment utilisé est le questionnaire Vanderbilt, disponible en deux versions, une pour les parents et une pour les enseignants. « Il s’agit d’un questionnaire validé, simple et rapide à remplir », explique le Dr Lahr. Dans certains cas, une évaluation plus approfondie par un psychologue peut être recommandée, notamment si des troubles d’apprentissage ou des problèmes de santé mentale sont suspectés.
La question de l’origine du TDAH est complexe. Si une prédisposition génétique est clairement établie – environ 25 % des enfants atteints de TDAH ont un parent concerné – des facteurs environnementaux peuvent également jouer un rôle. L’exposition à la nicotine ou à l’alcool pendant la grossesse, l’exposition au plomb et les traumatismes crâniens répétés sont autant d’éléments qui peuvent augmenter le risque de développer un TDAH.
En matière de traitement, plusieurs options sont envisageables. Les médicaments stimulants sont souvent efficaces, mais ne conviennent pas à toutes les familles. La thérapie comportementale, en particulier chez les jeunes enfants, peut également apporter des bénéfices significatifs. « Une grande partie de la prise en charge est conjointe », souligne le Dr Lahr. « Nous discutons avec les parents, évaluons leur niveau de confort et adaptons le traitement en conséquence. »
Au-delà des traitements médicaux, des stratégies simples peuvent aider les enfants atteints de TDAH à mieux gérer leur quotidien. Mettre en place des routines quotidiennes, réduire les distractions, organiser l’environnement, récompenser les comportements positifs, fixer des objectifs réalisables, donner des instructions claires et concises, limiter les choix et adopter une discipline calme sont autant de pistes à explorer. Il est également essentiel de maintenir une communication étroite avec les enseignants.
De nombreux mythes persistent autour du TDAH. Certains parents pensent à tort que leur enfant est simplement paresseux ou démotivé. « Cet enfant veut peut-être vraiment bien performer, mais il a du mal à rester concentré », explique le Dr Lahr. Un autre préjugé courant est de croire que les enfants atteints de TDAH sont simplement des rêveurs. « Ma description préférée est : ‘Oh, écureuil !’ Les enfants sont facilement distraits », illustre-t-elle.
Il est également important de déconstruire l’idée que le médicament peut « guérir » le TDAH. Enfin, l’observation que les enfants atteints de TDAH peuvent se concentrer intensément sur des activités ludiques, comme les jeux vidéo, ne signifie pas qu’ils n’ont pas de difficultés à se concentrer sur des tâches moins stimulantes. « Les activités amusantes activent notre cerveau différemment », explique le Dr Lahr. Il est crucial de comprendre que le TDAH n’est pas un manque de discipline ou une mauvaise éducation.
Pour les parents qui souhaitent en savoir plus, de nombreuses ressources sont disponibles. Le site healthychildren.org, géré par l’American Academy of Pediatrics, propose notamment une liste de contrôle sur le TDAH. Le site Understanding.org est également une source d’informations précieuse.
Le TDAH évolue souvent avec l’âge. À la puberté, environ un tiers des enfants voient leurs symptômes s’améliorer, un tiers reste stable et un tiers a besoin d’un soutien accru. La prise en charge à long terme vise à adapter le traitement aux besoins spécifiques de chaque individu, en tenant compte de son fonctionnement dans différents contextes, comme le travail ou les études.
« Si les parents ont des questions, ils devraient commencer par s’adresser au professionnel de la santé de leur enfant », conclut le Dr Lahr. « Nous sommes formés pour les aider à s’orienter et à trouver les solutions les plus adaptées. »

