Home Affaires« Vous faites plus de travail pour vous-même » : DHL contredit clairement les transporteurs de colis

« Vous faites plus de travail pour vous-même » : DHL contredit clairement les transporteurs de colis

by Amélie Bernard

Publié le 13 décembre 2025 à 14h31. Un livreur DHL a fait part de ses difficultés de travail à notre rédaction, dénonçant des conditions qu’il juge pénalisantes et une politique qui, selon lui, privilégie les profits de l’entreprise au détriment du bien-être des employés.

  • Les livreurs sont confrontés à des retours de clients non emballés qu’ils doivent préparer eux-mêmes, ce qui augmente leur charge de travail.
  • Le manque de diables dans certains véhicules, particulièrement en période de forte affluence comme Noël, rend la manutention des colis plus difficile.
  • Un livreur témoigne de l’absence de temps suffisant pour faire des pauses, obligeant certains de ses collègues à improviser des solutions.

Un employé de DHL a contacté notre journal cette semaine pour exposer les problèmes qu’il rencontre dans l’exercice de ses fonctions. Ses témoignages mettent en lumière des tensions entre les exigences de l’entreprise et les réalités du terrain, notamment en matière de charge de travail et de conditions de travail.

Selon Marco B., l’une des principales difficultés réside dans la gestion des retours clients. Les clients déposent fréquemment des articles non emballés dans les points de dépôt, obligeant les livreurs à prendre le temps de les conditionner avant de les acheminer. Une perte de temps significative, selon lui.

Interrogé sur ces allégations, Jens-Uwe Hogardt, porte-parole de la Poste (maison mère de DHL), a rejeté cette critique. Il a expliqué que cette pratique est intentionnelle et s’inscrit dans un accord commercial conclu avec des sociétés de vente par correspondance, générant des revenus pour l’entreprise.

« C’est vrai, le service postal gagne de l’argent avec cela, mais nous, les livreurs, devons en supporter les dépenses. »

Marco B., livreur DHL

Un autre point soulevé par le livreur concerne l’équipement des véhicules. Il déplore le manque de diables dans les fourgonnettes louées par la Poste, en particulier pendant la période de Noël, où le volume de colis est à son maximum. M. Hogardt a affirmé que tous les véhicules de la flotte dont il a la responsabilité sont équipés de diables, mais a reconnu ne pas pouvoir se prononcer sur la situation spécifique dans la région de Marco B.

Les livreurs s’entraident souvent pour charger et décharger les véhicules, et certains clients proposent également leur aide. La Poste précise que les colis de plus de 31,5 kilogrammes (environ 70 livres) représentent une part minoritaire des envois, n’atteignant que 5 % du total.

M. Hogardt a souligné la nature exigeante du métier de livreur, tant physiquement que mentalement. Il a précisé que les nouveaux employés ont la possibilité de tester le métier sur une période allant d’un à deux jours, voire plus, avant de prendre une décision définitive. Cependant, il a admis que certains abandonnent rapidement, parfois après une seule journée de travail.

Le livreur a également évoqué les difficultés rencontrées pour trouver des toilettes pendant son parcours. Il affirme que le manque de temps et d’opportunités conduit certains de ses collègues masculins à utiliser des bouteilles vides pour se soulager. M. Hogardt a balayé cette affirmation, assurant que les livreurs peuvent généralement utiliser les toilettes des commerces, des collectivités locales ou des particuliers.

« Les institutions publiques, les collectivités, les magasins et parfois les particuliers apprécient le travail de nos collègues et leur permettent bien sûr d’utiliser les toilettes. »

Jens-Uwe Hogardt, porte-parole de la Poste

Enfin, le livreur s’est interrogé sur la raison pour laquelle les livreurs ne sonnent pas toujours à la porte, préférant déposer les colis dans un point relais ou une succursale DHL. Il estime que cela représente un travail supplémentaire inutile. M. Hogardt a expliqué que plusieurs facteurs peuvent expliquer cette situation, tels qu’une sonnette défectueuse, un bruit ambiant élevé, une porte fermée ou une adresse difficile à trouver.

Le livreur, déçu par le rejet de ses critiques, a exprimé son souhait que la direction prenne conscience des difficultés rencontrées sur le terrain.

« Ces messieurs sont assis là-haut dans leurs bureaux. Ils devraient faire le tour et voir comment les choses se passent ici. »

Marco B., livreur DHL

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