Home Technologie et scienceVous souhaitez améliorer votre utilisation de ChatGPT ? Une nouvelle recherche met en évidence l’empathie

Vous souhaitez améliorer votre utilisation de ChatGPT ? Une nouvelle recherche met en évidence l’empathie

by Thomas Caron

Publié le 13 janvier 2026. L’intelligence artificielle s’invite de plus en plus dans le monde du travail, mais une nouvelle étude révèle que la clé d’une collaboration réussie réside moins dans des compétences techniques pointues que dans des qualités humaines fondamentales, comme l’empathie.

  • Près d’un Américain sur cinq utilise désormais l’IA dans son travail.
  • Les chercheurs ont découvert que l’empathie et la capacité à se mettre à la place d’autrui sont des atouts majeurs pour travailler efficacement avec l’IA.
  • La collaboration homme-IA semble particulièrement bénéfique pour les travailleurs moins qualifiés, réduisant potentiellement les inégalités de compétences.

L’intelligence artificielle est en train de transformer le paysage professionnel. Selon une étude récente du Centre de recherche Pew, environ 20 % des travailleurs américains recourent désormais à l’IA dans le cadre de leurs fonctions. Si l’on pensait initialement que maîtriser des compétences techniques spécifiques, comme l’ingénierie rapide (l’art de formuler des requêtes précises pour obtenir les meilleurs résultats d’un chatbot), était essentiel pour tirer parti de cette technologie, une nouvelle perspective émerge : l’importance des compétences interpersonnelles.

Des chercheurs ont mis en évidence que les mêmes qualités qui favorisent la collaboration au sein d’équipes humaines – l’empathie et la prise de perspective – s’avèrent également cruciales pour une synergie efficace entre les humains et les agents d’IA. Christoph Riedl, professeur à la Northeastern University, spécialisé dans l’étude de l’intelligence collective, explique :

« Il n’y a pas de compétence spécifique en IA qui soit nécessaire. Il s’agit simplement de bonnes compétences générales, celles que l’on valorise depuis toujours. »

Christoph Riedl, professeur de chaîne d’approvisionnement et de gestion de l’information à la Northeastern University

Pour quantifier cette synergie humain-IA, Riedl et ses collaborateurs ont développé une méthode permettant de mesurer la collaboration entre les deux. Ils ont évalué la capacité d’une personne à réussir une tâche, avec ou sans l’aide de l’IA, en comparant ses prédictions statistiques à ses performances réelles. Leurs tests ont porté sur des participants de différents niveaux de compétence, utilisant deux chatbots : ChatGPT-4, considéré comme un modèle de pointe, et Meta Llama 3, jugé « raisonnablement stupide » par Riedl.

Les participants ont été confrontés à une série de questions couvrant des domaines variés tels que les mathématiques, la physique et le raisonnement moral. Ils ont d’abord répondu seuls, puis avec l’assistance de ChatGPT ou de Llama. Les résultats ont révélé que les humains réussissaient 56 % des questions, ChatGPT 71 % et Llama 39 %. Cependant, la véritable révélation est venue de la collaboration : l’association de l’humain et de l’IA a considérablement amélioré les performances.

Riedl souligne :

« C’est particulièrement intéressant car, seul, le modèle Llama semble si peu performant qu’il peine à répondre à ces questions. Mais combiné à l’intelligence humaine, leur collaboration crée une synergie. »

Christoph Riedl, professeur de chaîne d’approvisionnement et de gestion de l’information à la Northeastern University

L’étude soulève également la question de savoir si l’IA peut contribuer à réduire les inégalités de compétences. Les résultats suggèrent que la collaboration homme-IA est particulièrement bénéfique pour les travailleurs moins qualifiés, qui ont davantage de marge de progression. Même si les travailleurs les plus compétents bénéficient également de l’IA, l’amélioration de leurs performances est moins significative, ce qui tend à maintenir leur position de leader. Riedl précise :

« Les personnes hautement qualifiées restent hautement qualifiées grâce à l’IA. Cela aide à réduire un peu l’écart de compétences, mais comme cela ne le comble pas encore complètement, cela l’amplifie, d’une certaine manière. »

Christoph Riedl, professeur de chaîne d’approvisionnement et de gestion de l’information à la Northeastern University

Si de nombreuses entreprises, comme IBM, reconnaissent l’existence d’un déficit de compétences en IA, une étude de Randstad révèle que seulement 35 % des salariés ont reçu une formation à l’utilisation de cette technologie, alors que 75 % des entreprises ont commencé à l’adopter. Ces disparités sont particulièrement marquées entre les générations et les genres. Cependant, le débat se concentre souvent sur les compétences techniques, alors que les recherches de Riedl mettent en lumière l’importance de la « théorie de l’esprit », c’est-à-dire la capacité à comprendre les intentions et les connaissances d’autrui.

L’étude a révélé que les participants qui adoptaient une approche plus empathique, en expliquant par exemple : « Je ne suis pas bon en mathématiques. Aide-moi à comprendre cela comme si j’avais 12 ans », obtenaient de meilleurs résultats. Cette capacité à adapter sa communication aux capacités du chatbot permettait à l’IA de fournir des réponses plus pertinentes. Riedl conclut :

« Comme l’IA génère une meilleure réponse, vous pouvez alors mieux collaborer et trouver une meilleure réponse à la question. Le facteur clé est que ma théorie de la capacité mentale se reflète d’une manière ou d’une autre dans la façon dont je la suscite, ce qui permet à l’IA d’écrire une meilleure réponse. »

Christoph Riedl, professeur de chaîne d’approvisionnement et de gestion de l’information à la Northeastern University

Alors que l’IA s’immisce de plus en plus dans notre quotidien, Riedl espère que l’importance des compétences interpersonnelles ne sera pas négligée. Ces qualités, qui facilitent la collaboration entre les humains, s’avèrent également essentielles pour tirer le meilleur parti de l’intelligence artificielle.

Cette histoire est republiée avec l’aimable autorisation de Northeastern Global News news.northeastern.edu.

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