L’Afrique du Sud fait face à une recrudescence de la rougeole, avec 2 031 cas confirmés en laboratoire entre le 29 décembre 2025 et le 7 juin 2026. Selon le rapport hebdomadaire de la situation sur la rougeole et la rubéole, les autorités sanitaires surveillent de près l’évolution de l’épidémie pour atteindre les objectifs nationaux d’élimination. Ces données sont issues de la surveillance continue menée par l’Institut National des Maladies Communicables (NICD), l’organisme technique chargé de la surveillance épidémiologique et des services de laboratoire pour le ministère de la Santé sud-africain.
Répartition provinciale des cas de rougeole
La propagation du virus de la rougeole présente des disparités marquées selon les régions du pays. La rougeole est une maladie virale extrêmement contagieuse qui se transmet par voie aérienne, notamment via les gouttelettes respiratoires émises par une personne infectée lors de la toux ou des éternuements. Cette haute transmissibilité explique la présence de cas dans la quasi-totalité des provinces du pays.
Le Free State a enregistré le plus grand nombre de nouveaux cas avec 51 signalements, suivi par Gauteng avec 28 cas et le Western Cape avec 26 cas. Les autres provinces rapportent des chiffres plus modérés, comme le Limpopo et le Northern Cape qui comptent chacun 16 cas.
| Province | Nouveaux cas signalés |
|---|---|
| Free State | 51 |
| Gauteng | 28 |
| Western Cape | 26 |
| Limpopo | 16 |
| Northern Cape | 16 |
| Eastern Cape | 14 |
| KwaZulu-Natal | 9 |
| Mpumalanga | 5 |
| Northern West | 1 |
Impact de la rubéole sur la population infantile
Parallèlement, la rubéole continue de circuler, totalisant 307 cas confirmés en laboratoire sur la même période de surveillance. Les données de surveillance de la rougeole indiquent que la population la plus touchée est celle des enfants âgés de 1 à 14 ans, qui représentent 80,5 % des cas recensés. Cette concentration de cas dans cette tranche d’âge souligne l’importance des environnements communautaires et scolaires dans la dynamique de transmission du virus.

Au cours des deux dernières semaines, 17 nouveaux cas de rubéole ont été identifiés. Cette situation est particulièrement préoccupante en raison des risques de complications graves pour les femmes enceintes, notamment le développement du syndrome de rubéole congénitale chez les nourrissons en cas d’infection durant la grossesse. Le syndrome de rubéole congénitale peut entraîner des malformations graves, telles que des problèmes cardiaques, des troubles de l’audition ou des atteintes oculaires, ce qui place la prévention de la rubéole au cœur des priorités de santé publique pour la protection maternelle et infantile.
Mesures de surveillance et enjeux de vaccination
Pour contrer cette dynamique, les autorités sanitaires demandent aux cliniciens de renforcer la surveillance nationale en procédant à des prélèvements sanguins systématiques pour confirmation en laboratoire. La confirmation biologique est une étape cruciale pour distinguer ces maladies d’autres pathologies présentant des symptômes similaires et pour permettre une réponse épidémiologique précise.
Tous les cas suspects doivent être signalés via le système de surveillance des maladies médicales notifiables (NMCSS). Ce système permet une remontée d’informations en temps réel depuis les centres de soins locaux vers les autorités nationales, facilitant ainsi l’identification rapide des foyers d’infection et la coordination des interventions d’urgence.

Sur le plan de la santé publique, l’accent est mis sur l’intensification des campagnes de sensibilisation pour lutter contre l’hésitation vaccinale. Le maintien d’une immunité collective, ou immunité de groupe, est essentiel pour stopper la circulation de ces virus ; cela nécessite un taux de couverture vaccinale élevé au sein de la population pour protéger ceux qui ne peuvent pas être vaccinés.
Les responsables sanitaires préconisent d’engager les leaders communautaires et les travailleurs de santé afin de promouvoir l’acceptation et la participation aux activités d’immunisation, notamment par l’administration du vaccin MR, qui fait partie du calendrier de vaccination infantile de routine. L’utilisation de ce vaccin combiné contre la rougeole et la rubéole est l’outil principal pour réduire l’incidence de ces deux maladies et prévenir les complications épidémiques à l’échelle nationale.
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