Les États-Unis et l’Iran ont signé mercredi un accord intérimaire pour mettre fin à un conflit de quatre mois. Signé à Versailles par Donald Trump et Masoud Pezeshkian, ce mémorandum prévoit un cessez-le-feu immédiat, la levée du blocus naval et un programme de développement économique américain pour l’Iran d’au moins 300 milliards de dollars.
L’accord, baptisé mémorandum d’entente d’Islamabad, a été officialisé lors d’un dîner au Palais de Versailles, en marge d’un sommet du G7, en présence du président français Emmanuel Macron. Pour Donald Trump, l’aboutissement de ces discussions a été ardu. Juste avant la signature, le président américain a admis : « Ce n’était pas facile, je peux vous le dire ».
L’enjeu est désormais la conversion de ce cadre intérimaire en un traité définitif. Les deux puissances disposent d’une fenêtre de 60 jours pour négocier les détails finaux concernant les sanctions, les capacités missiles et la sécurité régionale, selon les informations rapportées par NDTV.
Les termes du mémorandum d’Islamabad
Le document repose sur 14 points clés visant à stabiliser l’Asie occidentale. L’engagement le plus immédiat est la cessation des opérations militaires, y compris au Liban. Sur le plan financier et diplomatique, le texte prévoit un allègement progressif des sanctions et la libération des avoirs iraniens gelés.

L’aspect économique constitue le pivot de l’accord. Washington s’engage à soutenir un programme de développement économique pour Téhéran d’une valeur minimale de 300 milliards de dollars. En contrepartie, l’Iran a réaffirmé qu’il ne développerait ni n’acquerrirait d’armes nucléaires.
La question de l’uranium enrichi reste un point de friction à venir. Le texte envisage des discussions futures sur les stocks d’uranium, lesquelles seront placées sous la supervision de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).
La rhétorique de force de Mohammad Bagher Ghalibaf
Malgré la signature, le ton reste belliqueux du côté de Téhéran. Mohammad Bagher Ghalibaf, président du Parlement et négociateur principal, a utilisé la télévision d’État pour qualifier l’accord de « record d’échec » pour Washington.

« L’accord est un record d’échec des États-Unis. Les gens le verront et jugeront. »
Mohammad Bagher Ghalibaf, négociateur iranien, via NDTV
Ghalibaf soutient que l’Iran ne négocie pas par nécessité, mais depuis « une position de force ». Selon lui, les victoires militaires obtenues sur le terrain servent de garantie aux négociations actuelles. Pour le diplomate iranien, un succès militaire sans document politique final ne serait d’aucun bénéfice.
La fragilité de ce cessez-le-feu est soulignée par des avertissements explicites. Comme le rapporte The New Indian Express, Ghalibaf a prévenu que Téhéran délivrerait une « réponse écrasante » si les États-Unis ou leurs partenaires tentaient de saper les négociations ou d’imposer de nouvelles conditions.
Cette menace est renforcée par les directives du Guide suprême, l’Ayatollah Mojtaba Khamenei. Ce dernier a précisé que les futures négociations en face-à-face ne doivent pas être interprétées comme une acceptation de la position américaine, affirmant que l’Iran ne cédera pas face aux exigences excessives de Washington DC.
Le nouveau régime tarifaire du détroit d’Ormuz
L’un des points les plus critiques pour l’économie mondiale concerne le détroit d’Ormuz. Si l’accord garantit le passage sécurisé des navires commerciaux et la levée du blocus naval américain, la situation ne reviendra pas à l’état antérieur à la guerre.
Téhéran a instauré une transition stricte : une période de 60 jours sans frais, après laquelle l’Iran commencera à facturer les navires traversant le détroit.
« Le détroit d’Ormuz ne reviendra pas aux conditions d’avant-guerre. L’Iran a le droit de souveraineté sur le détroit d’Ormuz et, bien sûr, nous recevrons une taxe pour les services. »
Mohammad Bagher Ghalibaf, via NDTV
Cette décision transforme un point de passage stratégique en une source de revenus directs pour Téhéran, marquant une rupture nette avec la gestion pré-conflit de ce corridor vital pour l’approvisionnement mondial en pétrole.
Le rétablissement du trafic aérien dans le Golfe
L’impact immédiat de cet accord se fait sentir dans le ciel de l’Asie occidentale. Les compagnies aériennes du Golfe, dont les réseaux avaient été dévastés par les attaques de drones et de missiles, reprennent progressivement leurs activités. Selon des données de Flightradar24 citées par The Hindu, le volume global des vols a retrouvé 82 % de son niveau du 27 février, veille du début des hostilités.

Le rétablissement varie selon les transporteurs :
- Gulf Air et Kuwait Airways : ont déjà dépassé 100 % de leur niveau pré-guerre.
- Emirates, Qatar Airways et Etihad : se situent désormais à 90 % ou plus de leur capacité initiale.
Il y a un mois encore, Etihad et Qatar Airways étaient tombées à des niveaux critiques, entre 40 % et 50 %. James Halstead, associé gérant chez Aviation Strategy, estime que la fin des hostilités permettra une réouverture complète de l’espace aérien, permettant aux transporteurs de reprendre leurs opérations à pleine puissance.
Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaeil Baqaei, a résumé la situation actuelle en affirmant qu’il est désormais « temps de tester la mise en œuvre de l’accord ». L’incertitude demeure quant à la capacité des deux parties à transformer ce mémorandum en une paix durable sans qu’un incident frontal ne vienne briser ce fragile équilibre.
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