Publié le 20 novembre 2023. Il y a quarante ans, Microsoft franchissait une étape décisive dans l’histoire de l’informatique avec la finalisation de la première version de Windows, un système d’exploitation qui allait révolutionner notre rapport aux ordinateurs.
Le 20 novembre 1985, l’équipe de développement de Microsoft a officiellement marqué la version 1.0 de Windows comme “RTM” (Release to Manufacturing), signifiant que le code était prêt à être compilé, enregistré sur des supports physiques et distribué dans les magasins. À une époque où l’internet en était à ses débuts et où le téléchargement de logiciels était loin d’être la norme, la distribution se faisait par des disquettes. Le système a d’abord été lancé aux États-Unis avant de gagner l’Europe l’année suivante.
Si Windows 1.0 paraît aujourd’hui rudimentaire, il a posé les bases de l’interface graphique moderne. À une époque où le système d’exploitation MS-DOS dominait, exigeant des utilisateurs qu’ils saisissent des commandes textuelles, Windows a introduit une interface visuelle intuitive, permettant l’utilisation de la souris comme périphérique de contrôle à part entière. Cette innovation a ouvert la voie au multitâche, offrant la possibilité de basculer entre plusieurs programmes et d’afficher plusieurs fenêtres simultanément sur l’écran.
L’arrivée de l’interface graphique n’était pas sans défis. Les performances matérielles de l’époque étaient limitées, et l’investissement dans du matériel puissant était nécessaire pour profiter pleinement des avantages de cette nouvelle approche. Bill Gates, cependant, avait déjà une vision claire de l’avenir de Microsoft, plaçant Windows au cœur de sa stratégie.
Plusieurs plateformes se disputaient alors la domination dans le domaine des interfaces utilisateur graphiques, et les premiers Windows ont dû faire leurs preuves. Le système d’exploitation était un module complémentaire à MS-DOS, et il était possible de revenir à l’environnement DOS à tout moment pour exécuter des programmes compatibles. Cette compatibilité a permis une transition en douceur pour les utilisateurs habitués à l’ancien système.
Windows 1.0 était livré avec des outils de base tels qu’un calendrier, une calculatrice, un bloc-notes et un gestionnaire de fichiers, bien que rudimentaires. L’absence d’applications tierces était un point faible initial, mais Microsoft a continué à développer et à améliorer le système au fil des versions.
L’une des particularités de Windows 1.0 était l’absence de fenêtres superposées. Tandy Trower, chef de produit, explique que cette décision avait été prise par son prédécesseur, sans qu’il en connaisse les raisons précises. Steve Ballmer l’avait également dissuadé de modifier ce concept initial, limitant ainsi le temps de développement à six mois pour la première version.
L’interface utilisateur de Windows 1.0 était également différente de ce que nous connaissons aujourd’hui. Au lieu du menu Démarrer, on trouvait MS-DOS Executive, un lanceur et gestionnaire de fichiers basique. Les icônes étaient absentes, et les menus n’apparaissaient qu’en maintenant le bouton de la souris enfoncé. De plus, les fenêtres étaient automatiquement alignées les unes à côté des autres, et il n’existait pas de boutons de réduction, d’agrandissement ou de fermeture de fenêtre tels que nous les connaissons aujourd’hui.
Malgré ses imperfections, Windows 1.0 a marqué un tournant dans l’histoire de l’informatique, rendant les ordinateurs plus accessibles à un public plus large. Microsoft a continué à prendre en charge cette version jusqu’à la fin de l’année 2001, ce qui en fait la version de Windows la plus longue durée de vie jamais créée.
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