Publié le 25 octobre 2025. Une nouvelle étude suggère qu’un régime alimentaire personnalisé, basé sur la détection d’intolérances alimentaires spécifiques via un test d’immunoglobulines G (IgG), pourrait améliorer significativement les symptômes du syndrome de l’intestin irritable (SII) chez certains patients.
- Jusqu’à 90 % des personnes atteintes du SII rapportent une aggravation de leurs symptômes en lien avec certains aliments.
- Un essai clinique randomisé, en double aveugle, mené sur 238 patients, a démontré une amélioration significative de la douleur abdominale chez 59,6 % des participants suivant un régime d’élimination guidé par les IgG, contre 42,1 % dans le groupe témoin.
- Les bénéfices semblent plus marqués chez les patients souffrant de SII à prédominance de constipation ou présentant des troubles intestinaux mixtes.
Le syndrome de l’intestin irritable, affection chronique affectant le gros intestin, se manifeste par des douleurs abdominales, des ballonnements, des gaz et des troubles du transit intestinal. Les causes exactes du SII restent mal comprises, mais l’alimentation joue souvent un rôle déclencheur ou aggravant. De nombreux patients identifient des aliments spécifiques qui exacerbent leurs symptômes, suggérant une possible intolérance alimentaire.
L’étude, publiée dans la revue Gastroenterology, a évalué l’efficacité d’un nouveau test d’IgG spécifique au SII pour guider un régime d’élimination personnalisé. Les participants, présentant une douleur abdominale quotidienne modérée (entre 3 et 7,5 sur une échelle de 11), ont été répartis aléatoirement en deux groupes : un groupe suivant un régime d’élimination basé sur les résultats de leur test d’IgG, et un groupe témoin suivant un régime placebo. Après huit semaines, les résultats ont révélé que le régime personnalisé était significativement plus efficace pour réduire la douleur abdominale chez les patients du groupe expérimental (P = 0,02).
L’analyse des sous-groupes a mis en évidence des résultats particulièrement encourageants pour les patients atteints de SII à prédominance de constipation (67,1 % d’amélioration dans le groupe expérimental contre 35,8 % dans le groupe témoin) et ceux présentant des habitudes intestinales mixtes (66 % contre 29,5 %). Cependant, les chercheurs soulignent que le taux de réponse au placebo reste élevé (environ 40 %), ce qui complique l’interprétation des résultats, notamment pour les sous-groupes.
Il est important de noter que le régime d’élimination a été moins rigoureusement suivi par les participants du groupe expérimental et que certains patients ont abandonné l’étude. De plus, les mécanismes précis par lesquels les anticorps IgG réagissent aux aliments et contribuent aux symptômes du SII restent à élucider. Des recherches supplémentaires sont donc nécessaires pour confirmer ces résultats et mieux comprendre les liens entre les intolérances alimentaires, les réponses immunitaires et le SII.
Ce travail, l’une des plus vastes études sur ce sujet à ce jour, ouvre la voie à des approches thérapeutiques plus personnalisées pour la prise en charge du SII. Il souligne l’importance d’une évaluation individualisée des intolérances alimentaires et de l’adaptation du régime alimentaire en conséquence.
Consultez les actualités précédentes de l’Organisation Mondiale de Gastroentérologie.
- Pasta A, Formisano E, Calabrese F, Plaz Torres MC, Bodini G, Marabotto E, Pisciotta L, Giannini EG, Furnari M. Intolérances alimentaires, allergies alimentaires et SII : lumières et ombres. Nutriments 2024;16:26
- Singh P, Chey WD, Takakura W, Cash B, Lacy BE, Quigley EMM, Randall CW, Lembo A. Un nouveau régime d’élimination basé sur IgG ELISA spécifique au SII dans le syndrome du côlon irritable : un essai randomisé et contrôlé de manière fictive. Gastroenterology 2025 ; 168 : 1128-36.
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