Publié le 23 novembre 2023 16:45. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky espère relancer les discussions de paix avec les États-Unis, en présentant une version révisée de son plan en 28 points à Washington, tandis que la Russie adopte une attitude prudente et réclame l’implication européenne dans toute future architecture de sécurité.
- Volodymyr Zelensky souhaite discuter d’un plan de paix révisé avec le président américain à Washington.
- Des négociations secrètes ont eu lieu à Abou Dhabi entre des représentants américains et russes, sans résultats concrets pour l’instant.
- La Russie insiste sur la nécessité d’une participation européenne aux discussions sur la sécurité en Europe.
Après des pourparlers à Genève et Abou Dhabi, l’espoir d’une avancée vers la pacification du conflit en Ukraine se concentre désormais sur une possible rencontre à la Maison Blanche. Le président Zelensky ambitionne de présenter une version affinée de son plan de paix en 28 points au président américain, espérant parvenir à une solution avant les célébrations de Thanksgiving. Cependant, le respect de ce calendrier semble peu probable.
Les délégations américaine et ukrainienne se sont accordées dimanche et lundi à Genève sur une version modifiée de ce plan initial, diffusé au cours du week-end. Parallèlement, le secrétaire américain à l’Armée, Daniel Driscoll, a rencontré mardi une délégation russe lors de discussions confidentielles à Abou Dhabi. Bien qu’aucun résultat tangible n’ait été annoncé dans l’après-midi, la réaction du Kremlin s’est avérée plutôt réservée.
Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a souligné qu’un plan de paix révisé ne devrait pas préjuger d’accords bilatéraux entre Vladimir Poutine et Donald Trump, mais plutôt refléter l’esprit et les conclusions de leur sommet de 2021 en Alaska. Il a rappelé que lors de cette rencontre, le président Poutine, visé par un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale pour des crimes de guerre présumés, avait été accueilli avec les honneurs aux États-Unis.
Moscou attend toujours de prendre connaissance de la version modifiée du plan américain, a précisé M. Lavrov. Le plan original avait suscité des interrogations, certains évoquant sa conception dans un hôtel de Miami avec l’aide d’un proche de Poutine soumis à des sanctions. Un sénateur américain avait même qualifié ce document de « liste de vœux russes », tandis que l’expert militaire autrichien Gerald Karner l’avait décrit sur le réseau social X comme une « opération de renseignement intelligente de la Russie ».
Cette initiative a surpris tant l’Ukraine que les principales puissances européennes sur le plan militaire. À Genève, des tentatives ont été faites pour aborder certains points clés des 28 propositions lors d’entretiens avec une délégation américaine dirigée par Marco Rubio. Mardi après-midi, un entretien téléphonique a également eu lieu entre le Premier ministre britannique Keir Starmer et le président français Emmanuel Macron, dans le but de former une « coalition de volontaires » qui examinera le plan révisé et les prochaines étapes vers la paix.
Le Kremlin a réaffirmé la nécessité d’une participation européenne aux discussions concernant l’architecture de sécurité en Europe. Selon un porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, cité par l’agence de presse russe Tass, il serait « pratiquement impossible » de discuter d’un système de sécurité permanent pour l’après-conflit sans l’implication des Européens, et ce, à « un certain stade » du processus.
Parallèlement à ces efforts diplomatiques, les attaques se sont poursuivies en Ukraine et en Russie. Les deux camps ont utilisé des drones, causant la mort de sept personnes à Kiev, la capitale ukrainienne, et de trois à Rostov, en Russie. (zot/APA)