Édition française
En continu
---Advertisement---

Affaires

L’économie indonésienne traverse une période d’instabilité marquée

L’économie indonésienne traverse sa période la plus instable depuis la crise financière de 1998, sous le choc combiné de politiques publiques contestées et d'une menace de…

L'économie indonésienne traverse une période d'instabilité marquée

L’économie indonésienne traverse sa période la plus instable depuis la crise financière de 1998, sous le choc combiné de politiques publiques contestées et d’une menace de déclassement boursier brandie par l’agence MSCI.

L’Indonésie fait face à une érosion marquée de sa classe moyenne et à un chômage des jeunes avoisinant 17 pour cent, l’un des taux les plus élevés d’Asie. Les décisions prises sous la présidence de Prabowo Subianto bousculent la confiance des investisseurs.

La Bourse enregistre une chute historique face aux menaces de MSCI

La sanction des marchés a été immédiate.

La Bourse locale a enregistré sa plus forte chute en une seule séance depuis la crise financière asiatique de 1998, avec un plongeon de plus de 11 pour cent. La dynamique vendeuse s’est prolongée le lundi suivant avec un nouveau recul de près de 4 pour cent.

Pour Phillip Wool, directeur de la recherche et de la gestion de portefeuille chez Rayliant, un fonds californien gérant 17 milliards de dollars, ces turbulences restent circonscrites.

Les départs successifs de dirigeants fragilisent la gestion publique

Jusqu’à la pandémie de COVID-19, les investisseurs internationaux saluaient la rigueur budgétaire de Jakarta, qui maintenait sa dette publique autour de 30 pour cent de son économie grâce à un plafond de déficit strict, de pair avec une banque centrale réputée indépendante.

En septembre 2025, le président Prabowo Subianto a écarté Sri Mulyani, la ministre des Finances perçue comme un pilier de stabilité sous l’administration précédente de Joko Widodo. En juillet de la même année, le gouverneur de la banque centrale avait également quitté ses fonctions de manière inopinée.

Un cabinet de recherche indépendant a jugé que la vigueur de la croissance enregistrée au quatrième trimestre de l’année précédente était difficile à concilier avec la réalité d’une économie visiblement essoufflée.

Un diplômé en technologie devient chauffeur de taxi moto

Novri Putra, diplômé en technologie de l’information à Jakarta, symbolise ces espoirs déçus. Entré à l’université en 2018 alors que le secteur technologique local prospérait, il travaille aujourd’hui comme chauffeur de taxi moto pour environ 220 dollars par mois.

Novri Putra, 28 ans, a déclaré que ses parents le grondaient presque tous les jours et qu’ils ressentaient probablement une forme de honte en voyant que leur enfant avait fait des études universitaires et finissait comme chauffeur de taxi moto.

De son côté, Erika Ananda Fatimah, enseignante universitaire de 52 ans disposant d’un revenu mensuel d’environ 820 dollars, a dû renoncer aux cafés de grande marque, aux voyages en Malaisie, à l’achat de vêtements et aux salles de sport.

La contraction de la classe moyenne menace la stabilité

Le segment de classe moyenne s’est contracté d’environ 19 pour cent par rapport à son sommet.

Ferry Latuhihin, ancien économiste en chef de Bank International Indonesia, a déclaré que l’économie indonésienne constituait une bombe à retardement et qu’aucun observateur n’avait prévu en 1997 que Suharto tomberait en raison du dysfonctionnement de l’économie. Il a ajouté que la même histoire pourrait se répéter avec le gouvernement actuel.

Une étude publiée en juillet et menée sous la direction de l’ancien ministre des Finances établit une corrélation directe entre la contraction de la classe moyenne et la multiplication des mouvements de contestation. En août 2025, des manifestations d’ampleur nationale avaient éclaté à la suite de la mort d’un chauffeur de covoiturage lors d’un rassemblement contre la hausse du coût de la vie et du chômage.

Join WhatsApp

Join Now

Join Telegram

Join Now
À propos de l’auteur: Amélie Bernard

Amélie Bernard traite l’économie, les entreprises, les marchés et les transformations du travail. Son approche relie les chiffres, les décisions publiques et leurs effets dans la vie quotidienne.