Home Technologie et science▶ Sucres, « gommes » et poussières d’étoiles mortes. Des scientifiques ont examiné des échantillons de l’astéroïde Bennu — ČT24 — Télévision tchèque

▶ Sucres, « gommes » et poussières d’étoiles mortes. Des scientifiques ont examiné des échantillons de l’astéroïde Bennu — ČT24 — Télévision tchèque

by Thomas Caron

Publié le 3 décembre 2025 à 13h28. L’analyse des échantillons de l’astéroïde Bennu, rapportés par la mission Osiris-REx, révèle la présence de molécules organiques essentielles à la vie, ainsi que des matériaux inattendus qui pourraient éclairer les origines du système solaire.

  • Des sucres indispensables à la vie, dont le ribose et le glucose, ont été identifiés dans les échantillons de Bennu.
  • Les scientifiques ont découvert une substance caoutchouteuse inconnue jusqu’alors dans l’espace, potentiellement impliquée dans la formation des éléments constitutifs de la vie.
  • Les échantillons contiennent une concentration étonnamment élevée de poussière provenant d’explosions de supernova, suggérant une origine particulière pour Bennu.

L’étude des échantillons de l’astéroïde Bennu, ramenés sur Terre en septembre 2023, continue de surprendre la communauté scientifique. Les analyses récentes ont mis en évidence la présence de molécules organiques complexes, renforçant l’hypothèse que les briques élémentaires de la vie pourraient être largement répandues dans l’univers. Ces découvertes, publiées dans plusieurs études indépendantes, ouvrent de nouvelles perspectives sur l’origine de la vie sur Terre et la possibilité de son existence ailleurs.

L’une des découvertes les plus marquantes est l’identification de sucres essentiels à la vie, notamment le ribose et, pour la première fois dans un échantillon extraterrestre, le glucose. Bien que ces sucres ne constituent pas une preuve de vie extraterrestre, leur présence, combinée à la détection antérieure d’acides aminés, de bases nucléiques et d’acides carboxyliques dans les échantillons de Bennu, suggère que les éléments constitutifs des molécules biologiques sont communs dans tout le système solaire. Comme l’expliquent les chercheurs, c’est comme si l’on trouvait les composants de base d’une maison – portes, fenêtres, briques – ce qui ne prouve pas son existence, mais indique fortement qu’elle a pu être construite.

Le ribose et le désoxyribose sont des éléments clés de l’ADN et de l’ARN, les vecteurs de l’information génétique. L’ARN, en particulier, joue un rôle crucial dans de nombreuses fonctions biologiques et est considéré par certains scientifiques comme le précurseur de l’ADN dans l’évolution de la vie. La découverte de ribose dans les échantillons de Bennu confirme que tous les composants nécessaires à la formation de l’ARN étaient présents dans le jeune système solaire.

Les scientifiques notent que la présence de ribose n’est pas totalement inattendue, car ce sucre a déjà été détecté dans certaines météorites terrestres. Cependant, l’absence de désoxyribose dans les échantillons de Bennu est un élément important. Cela suggère que le ribose pourrait avoir été plus abondant que le désoxyribose dans l’environnement du jeune système solaire, soutenant ainsi l’hypothèse du « monde de l’ARN », selon laquelle les premières formes de vie utilisaient l’ARN comme principale molécule d’information et de catalyse.

Outre les sucres, les échantillons de Bennu contenaient une substance insoupçonnée : un matériau semblable à du caoutchouc, jamais observé auparavant dans l’espace. Cette découverte, réalisée par des chercheurs américains, pourrait avoir contribué à créer les conditions nécessaires à la formation des composants vitaux de la vie sur Terre. Ce « caoutchouc spatial », durci avec le temps, est composé de polymères riches en azote et en oxygène, des molécules complexes qui pourraient avoir joué un rôle dans l’émergence de la vie.

Les analyses ont révélé que ce matériau flexible, comparable à du chewing-gum usagé ou du plastique souple, s’est déposé en couches sur les grains de glace et les minéraux de l’astéroïde. Sa composition chimique rappelle celle du polyuréthane terrestre, ce qui a conduit les chercheurs à le qualifier de « plastique spatial ».

Enfin, une troisième étude, menée par la NASA à Houston, a analysé les grains présolaires présents dans les échantillons de Bennu. Ces grains sont des poussières d’étoiles formées avant notre système solaire et leur analyse permet de retracer l’origine de Bennu. Les résultats indiquent que les échantillons contiennent six fois plus de poussière de supernova que tout autre matériau étudié, suggérant que le corps parent de Bennu s’est formé dans une région du disque protoplanétaire enrichie par les débris d’étoiles mourantes.

Cette étude révèle également que, malgré une altération significative de l’astéroïde parent, des poches de matière moins modifiée subsistent dans les échantillons, offrant ainsi des informations précieuses sur son origine.

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