Publié le 3 décembre 2025 à 10h14. La Fédération des industries thaïlandaises (FTI) alerte sur un ralentissement économique prévu pour 2026, exacerbé par les inondations dévastatrices dans le sud du pays et une conjoncture internationale incertaine, tout en appelant à une coopération renforcée entre secteurs public et privé.
- La FTI prévoit une croissance économique thaïlandaise comprise entre 1,6 % et 2,0 % en 2026.
- Les inondations dans le sud ont déjà causé des pertes de revenus estimées entre 20 et 30 milliards de bahts (environ 550 à 830 millions d’euros) en décembre 2025.
- Une initiative de soutien aux PME, baptisée « Quick Big Win », a été approuvée par le gouvernement.
Bangkok – La Fédération des industries thaïlandaises (FTI) a exprimé son inquiétude quant à la conjoncture économique mondiale, anticipant un ralentissement notable en 2026. Lors d’une conférence de presse présidée par M. Kriengkrai Thiannukul, président de la FTI, un comité conjoint regroupant des représentants du secteur privé – CPF, l’Association des banquiers thaïlandais et la Chambre de commerce thaïlandaise – a souligné la faiblesse de la demande intérieure en Chine comme facteur clé de ce ralentissement. Selon les experts, la Chine devra s’appuyer davantage sur ses exportations pour soutenir son économie, une stratégie qui pourrait intensifier la concurrence pour les entreprises thaïlandaises, conformément aux objectifs du plan quinquennal national de développement économique et social.
Parallèlement à ces défis internationaux, la Thaïlande est confrontée aux conséquences désastreuses des récentes inondations dans le sud du pays. Ces intempéries ont eu un impact majeur sur la vie et les biens des habitants et des entreprises, avec des zones particulièrement touchées classées au niveau 4 de catastrophe – une sévérité comparable à celle du tsunami de 2004. Les dégâts s’élèvent à plusieurs centaines de milliards de bahts, nécessitant des efforts considérables de reconstruction et de réhabilitation. Les pertes de revenus en décembre 2025 sont estimées entre 20 et 30 milliards de bahts (0,1 % à 0,2 % du PIB), ce qui a ramené la croissance économique thaïlandaise pour l’ensemble de l’année à seulement 2,0 %. L’impact des inondations sur les revenus est estimé à environ 90 milliards de bahts pour l’année 2026.
Face à cette situation, la FTI insiste sur la nécessité d’une coopération étroite entre les secteurs public et privé pour surmonter les difficultés à court terme et restructurer l’économie. Le gouvernement a déjà approuvé des mesures de soutien aux petites et moyennes entreprises (PME), baptisées « Quick Big Win », visant à stimuler leur croissance. La FTI a également lancé le projet « Les frères aident les frères dans l’industrie thaïlandaise », qui prévoit notamment l’envoi d’experts pour conseiller les entreprises sinistrées dans la réparation de leurs équipements et l’acceptation de dons de matériel. La FTI se positionne comme un acteur clé dans la gestion des catastrophes, en proposant des lignes directrices pour une prévention et une réponse plus efficaces, à court, moyen et long terme.
L’Association des institutions financières (IMOA) s’engage également à alléger le fardeau financier des entreprises et à améliorer leur compétitivité. Une résolution du Cabinet a été adoptée pour assouplir les critères de sécurité pour l’embauche de travailleurs étrangers. Auparavant, les employeurs devaient déposer une garantie de 1 000 bahts par travailleur étranger, ce qui constituait une charge financière importante. Le nouveau système prévoit un taux de sécurité progressif, basé sur le nombre de travailleurs, et permet aux entreprises d’utiliser une partie de la garantie pour améliorer leur trésorerie, tout en maintenant la responsabilité de l’employeur en cas de dépenses engagées.
Enfin, la FTI et le réseau Zero Corruption Network ont souligné l’importance d’une approche systémique pour lutter contre la corruption en Thaïlande. Ils proposent un cadre d’action articulé autour de six domaines clés – sensibilisation, politique anti-corruption, gestion des risques, technologie, transparence des informations gouvernementales et mécanismes de signalement et de protection des lanceurs d’alerte. Ils prévoient de lancer un plan d’action trimestriel axé sur des résultats concrets, incluant une déclaration d’intention du secteur privé à ne pas verser de pots-de-vin et un appel aux entreprises à rejoindre le CAC pour établir des normes anti-corruption au niveau de l’industrie. L’utilisation de la base de données ACT Ai pour détecter les comportements suspects et l’ouverture d’enquêtes sur les pots-de-vin liés aux licences sont également envisagées, ainsi que la publication d’une liste de « 10 pots-de-vin qui ne seront pas tolérés » afin de promouvoir la transparence des procédures d’attribution des licences.
Ces initiatives s’accompagnent d’une demande urgente d’adoption d’une législation sur la divulgation des données gouvernementales, conforme aux normes de l’OCDE et de l’OGP, afin de renforcer le contrôle et de réduire le coût de la corruption dans le secteur des entreprises.
