Publié le 30 décembre 2025 à 19h09. L’année 2025 se révèle difficile pour Donald Trump, dont la popularité s’érode alors que l’économie américaine, malgré des chiffres de croissance encourageants, pèse sur le pouvoir d’achat des Américains et compromet ses chances pour les élections de mi-mandat.
- Donald Trump a promulgué 225 décrets et initié une guerre commerciale, mais n’a pu empêcher des revers républicains lors d’élections locales.
- L’inflation reste un défi majeur pour l’administration Trump, la plaçant dans une situation similaire à celle de son prédécesseur, Joe Biden.
- Le président Trump ajuste sa stratégie étrangère, privilégiant une approche plus défensive à l’approche d’un sommet avec Xi Jinping.
Ce qui avait débuté comme une année prometteuse pour l’ancien président américain Donald Trump prend une tournure plus sombre. Si l’administration Trump a multiplié les initiatives, avec 225 décrets promulgués et une offensive commerciale visant à obtenir des concessions, les résultats politiques sont mitigés. Les défaites républicaines lors des élections municipales de New York et de l’élection du gouverneur de Virginie en novembre dernier ont sonné l’alarme. De plus, l’annonce du retrait de 30 sénateurs et représentants républicains de la course aux élections de mi-mandat de l’année prochaine ne présage rien de bon pour le parti.
Le principal obstacle auquel est confrontée l’administration Trump est sans conteste l’économie. Lors de la dernière campagne présidentielle, Donald Trump avait brillamment exploité les inquiétudes concernant l’inflation pour dénoncer les faiblesses de l’administration Biden. Or, l’inflation persiste, et le président Trump se retrouve dans une situation délicate, confronté aux mêmes difficultés que son adversaire.
Les indicateurs économiques américains semblent, en surface, positifs. Le taux de croissance du troisième trimestre a atteint 4,3 % (en rythme annualisé), et la consommation personnelle a contribué à hauteur de 2,39 points de pourcentage à cette croissance. Cependant, la réalité vécue par les Américains est plus nuancée. L’augmentation des coûts du logement et de l’alimentation pèse lourdement sur le budget des ménages, même de la classe moyenne. Le terme « abordabilité », désignant le pouvoir d’acquérir des biens et services essentiels, est devenu omniprésent dans le débat public.
Avec la flambée des prix immobiliers, près de la moitié des locataires consacrent plus de 30 % de leurs revenus au logement, se qualifiant de « ménages à forte charge de logement ». Les perturbations des chaînes d’approvisionnement et les guerres commerciales ont entraîné une hausse des prix des denrées alimentaires, rendant les courses quotidiennes de plus en plus angoissantes.
Lors d’une allocution télévisée le 17 décembre, le président Trump a imputé la hausse des prix à l’administration Biden. Toutefois, cette explication ne convainc pas la majorité des électeurs. Un sondage réalisé conjointement par PBS, NPR et l’agence Marist a révélé que seulement 38 % des personnes interrogées estimaient que le président Trump exerçait bien ses fonctions, contre 54 % qui estimaient le contraire. Seulement 36 % des sondés jugeaient la gestion de l’économie satisfaisante, un score en baisse par rapport aux premiers et seconds mandats du président Trump. De plus, seulement 30 % des personnes interrogées considéraient que le coût de la vie était abordable, contre 55 % lors d’une enquête précédente. Si cette tendance ne s’inverse pas, le Parti démocrate pourrait reprendre le contrôle de la Chambre des représentants lors des élections de mi-mandat de novembre prochain.
Afin de recentrer le débat sur les questions intérieures, le président Trump opère un virage stratégique en matière de politique étrangère, passant d’une approche offensive à une approche plus défensive. À la veille d’un sommet prévu en avril prochain avec le président chinois Xi Jinping, le président Trump a assoupli les contrôles à l’exportation de semi-conducteurs de pointe destinés à l’intelligence artificielle (IA) vers la Chine et a pris ses distances avec Sanae Takaichi, le Premier ministre japonais, qui avait tenu des propos critiques à l’égard de Pékin. Dans le cadre des négociations entre la Russie et l’Ukraine, le président Trump, contrairement à l’Union européenne (UE), exerce des pressions sur l’Ukraine pour qu’elle accepte un plan de négociation initialement favorable à la Russie.
Du point de vue de notre pays, le déclin du trumpisme n’est pas forcément une mauvaise chose, dans la mesure où il réduit la menace d’une augmentation des droits de douane. Cependant, il est probable que le président Trump perde le dynamisme politique nécessaire pour organiser une rencontre avec le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un avant et après sa visite à Pékin en avril prochain. Le président Trump est en effet l’un des rares dirigeants capables d’amener Kim Jong-un sur la scène internationale, ce dernier ayant déclaré sa théorie de deux États hostiles et d’un État nucléaire.
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