Home NouvellesL’argent « caché » des Bulgares terriblement pauvres est-il si innombrable qu’ils n’osent pas entrer dans une banque ?

L’argent « caché » des Bulgares terriblement pauvres est-il si innombrable qu’ils n’osent pas entrer dans une banque ?

by Nicolas Lefèvre

Publié le 24 janvier 2024 14:15:00. L’adoption imminente de l’euro en Bulgarie suscite des comportements paradoxaux chez une partie de la population, entre dépôts massifs de liquidités et courses aux guichets de change, malgré la gratuité des opérations bancaires.

  • Ces dernières semaines, 2,9 milliards de leva (BGN) ont été déposés dans les banques bulgares, portant les dépôts totaux à plus de 100 milliards de BGN.
  • On observe également une augmentation des transactions immobilières, avec une hausse des prix de 15 % sur l’année.
  • Des files d’attente persistent devant les bureaux de change et les guichets de services publics, malgré la possibilité de réaliser ces opérations en ligne.

Un afflux notable de liquidités s’est produit dans les banques bulgares à l’approche de l’adoption de l’euro. En quelques semaines seulement, 2,9 milliards de leva (BGN) ont été déposés, portant le total des dépôts à plus de 100 milliards de BGN. Ce mouvement s’accompagne d’une recrudescence des achats immobiliers, avec une augmentation de 15 % des prix cette année, suggérant un possible blanchiment d’argent.

Paradoxalement, alors que les banques proposent des opérations gratuites pour la conversion des leva en euros après le 1er janvier, certains citoyens continuent de se presser aux bureaux de change pour effectuer cette opération, perdant potentiellement de l’argent au passage. Cette incompréhension soulève des questions sur la méfiance envers les institutions bancaires et la gestion de l’épargne personnelle.

Un autre phénomène interpelle : la persistance de longues files d’attente pour le paiement des factures de services publics, alors que le paiement en ligne est possible depuis plus de vingt ans. Si cette habitude peut s’expliquer chez les personnes âgées rencontrant des difficultés avec les outils numériques, la présence de jeunes dans ces files d’attente est plus difficile à comprendre.

Ces comportements contrastés ont alimenté une nouvelle manifestation contre l’euro. Un journaliste de la BNT a tenté de recueillir les inquiétudes de la population dans un village, mais un habitant a relativisé :

« Nous n’avons pas encore vu un euro, mais il arrivera dans quelques jours. »

Habitant du village, cité par la BNT

L’adoption de l’euro en Bulgarie, prévue prochainement, semble donc susciter des réactions diverses, allant de la méfiance à l’opportunisme, et révélant des habitudes ancrées malgré les évolutions technologiques et les nouvelles réglementations.

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