Publié le 27 octobre 2025 14:01:00. Une nouvelle étude révèle un lien surprenant entre la consommation de viande contaminée et les infections urinaires, touchant plus particulièrement les populations défavorisées. Des mesures simples en cuisine pourraient réduire significativement ce risque.
- Près d’une infection urinaire sur cinq pourrait être liée à la consommation de viande contaminée par des bactéries.
- La volaille, en particulier la dinde, semble être la source la plus fréquente de contamination.
- Les personnes vivant dans des quartiers à faible revenu présentent un risque 60 % plus élevé d’infections urinaires d’origine alimentaire.
La viande crue, terrain fertile pour les microbes, pourrait être une source insoupçonnée d’infections urinaires, selon une recherche menée par l’Université George Washington (GW). L’étude, publiée dans la revue mBio, met en évidence un lien entre la consommation de viande contaminée par la bactérie Escherichia coli et l’augmentation des cas d’infections des voies urinaires (IVU).
Jusqu’à 20 % des souches d’E. coli responsables d’infections urinaires analysées correspondent à des souches d’origine alimentaire, provenant d’animaux. Les chercheurs ont étudié plus de 5 700 échantillons d’E. coli prélevés entre 2017 et 2021 chez des patients souffrant d’infections urinaires, ainsi que des échantillons de viande vendue dans le commerce. Ils ont analysé leurs génomes pour établir des liens.
La contamination semble particulièrement élevée dans les produits à base de volaille, notamment la viande de dinde. Maliha Aziz, bioinformaticienne à GW, et ses collègues écrivent que ces produits pourraient présenter le plus grand risque d’infection.
Ce constat est d’autant plus préoccupant que les infections urinaires touchent majoritairement les femmes, qui peuvent souffrir d’infections tenaces et récurrentes, souvent mal traitées. De nombreuses femmes aux États-Unis reçoivent des traitements inadaptés pour ces infections, selon des études récentes. En savoir plus sur les tests inadéquats et la résistance aux antibiotiques.
Lance Price, microbiologiste à GW, souligne l’importance de cette découverte :
« Les infections des voies urinaires ont longtemps été considérées comme un problème de santé personnelle, mais nos résultats suggèrent qu’elles constituent également un problème de sécurité alimentaire. »
Lance Price, microbiologiste à l’Université George Washington
L’étude révèle également une disparité géographique. Les personnes vivant dans des quartiers à faible revenu présentent un risque 60 % plus élevé d’infections urinaires d’origine alimentaire que celles vivant dans des zones plus riches. Lance Price insiste :
« Votre risque d’infection ne devrait pas dépendre de votre code postal. »
Lance Price, microbiologiste à l’Université George Washington
Pour limiter les risques, les chercheurs et le Département américain de l’Agriculture recommandent d’adopter des pratiques rigoureuses en cuisine :
- Vérifier que la viande et la volaille sont bien emballées lors de l’achat.
- Préparer la viande en dernier, après tous les autres aliments (y compris les fruits et légumes).
- Utiliser une planche à découper dédiée à la viande crue.
- Ne pas laver la viande crue, car cela risque de propager les bactéries.
- Se laver les mains avec du savon pendant au moins 20 secondes après avoir manipulé de la viande crue.
- Utiliser un thermomètre alimentaire pour s’assurer que le poulet est cuit à au moins 74 °C (165 °F), les viandes hachées à 71 °C (160 °F) et les autres viandes à 63 °C (145 °F).

Les chercheurs suspectent que le problème est national et ne se limite pas à la Californie, où l’étude a été menée. Ils appellent à des recherches supplémentaires pour identifier d’autres sources potentielles d’exposition à la bactérie E. coli.
Lance Price conclut :
« Cela ouvre de nouvelles voies de prévention, en particulier pour les communautés vulnérables qui supportent un fardeau disproportionné. C’est pourquoi nous devrions investir davantage, et non moins, dans la recherche sur les déterminants sociaux de la santé. »
Lance Price, microbiologiste à l’Université George Washington
Les canneberges peuvent également aider à réduire le risque d’infections urinaires chez certaines personnes.
