Les marchés financiers s’apprêtent à une semaine riche en données économiques et en publications de résultats d’entreprises, tandis que les nouvelles tensions commerciales lancées par l’administration Trump pèsent sur le moral des investisseurs. JPMorgan Chase se profile comme une valeur prometteuse, tandis que PepsiCo pourrait subir des pressions.
La semaine écoulée a été marquée par un repli des indices boursiers mondiaux, conséquence directe des annonces de nouvelles taxes douanières par le président américain Donald Trump, visant notamment le Canada, le Japon, la Corée du Sud et le Brésil. Le Dow Jones a perdu environ 1 %, tandis que les indices S&P 500 et Nasdaq ont enregistré des baisses de 0,3 % et 0,1 % respectivement. Cette volatilité devrait se poursuivre, les investisseurs étant attentifs aux indicateurs économiques, à l’inflation, aux taux d’intérêt et aux résultats des entreprises.
Donald Trump a annoncé samedi l’imposition de droits de douane de 30 % sur les produits importés de l’Union européenne et du Mexique à compter du 1er août, exacerbant les craintes d’une guerre commerciale mondiale.
Le calendrier économique de cette semaine est dense. Mardi, l’attention se portera sur le rapport américain sur l’inflation des prix à la consommation, dont des chiffres supérieurs aux attentes pourraient provoquer de nouvelles turbulences sur les marchés. Ces données seront complétées par la publication des indices des prix à la production et des chiffres des ventes au détail, offrant une vision plus complète de la santé économique américaine.
Parallèlement, la saison des résultats du deuxième trimestre débute. Parmi les grandes entreprises qui publieront leurs chiffres, on retrouve JPMorgan Chase, Bank of America, Citigroup, Wells Fargo, Goldman Sachs, Morgan Stanley, BlackRock, Netflix, Taiwan Semiconductor, Johnson & Johnson et PepsiCo.
JPMorgan Chase : une valeur à privilégier
JPMorgan Chase se distingue comme une opportunité d’achat intéressante. Les analystes anticipent des résultats supérieurs aux attentes, notamment grâce à la performance de ses activités de banque d’investissement et de gestion d’actifs, stimulées par un marché dynamique et une concurrence favorable. La banque devrait publier ses résultats du deuxième trimestre avant l’ouverture des marchés mardi à 6 h 55, heure de l’Est.
Les experts prévoient une réaction implicite de l’ordre de 3,7 % à la hausse ou à la baisse du cours de l’action après la publication des résultats. JPMorgan Chase a une solide réputation en matière de dépassement des estimations des analystes.
Le consensus prévoit un bénéfice par action de 4,48 $ (sur un chiffre d’affaires de 43,86 milliards de dollars). L’environnement de taux d’intérêt élevés est favorable aux banques comme JPMorgan Chase, qui bénéficient d’une marge d’intérêt nette plus importante. De plus, un rebond de l’activité de banque d’investissement, notamment dans les domaines des fusions-acquisitions et de la souscription de dette, devrait soutenir les revenus. La division de gestion de patrimoine de la banque profite également de la bonne performance des marchés boursiers et de l’afflux de nouveaux clients.
Le PDG Jamie Dimon devrait formuler des prévisions optimistes, compte tenu de la position de force de la banque dans un contexte mondial en reprise. L’action JPM a clôturé la séance de vendredi à 286,86 $, légèrement en dessous de son record de clôture de 296 $ (enregistré le 3 juillet). La capitalisation boursière de JPMorgan Chase s’élève à 797,2 milliards de dollars, ce qui en fait la banque la plus valorisée au monde.
PepsiCo : une valeur à éviter
PepsiCo, en revanche, affronte une semaine difficile alors qu’elle s’apprête à publier ses résultats trimestriels. Les analystes s’attendent à des performances décevantes, avec des bénéfices et des revenus inférieurs aux attentes du marché. Le géant des boissons et des collations est confronté à des pressions inflationnistes, à des perturbations de la chaîne d’approvisionnement et à une évolution des préférences des consommateurs vers des options plus saines, ce qui érode ses marges et ralentit sa croissance.
Une analyse d’InvestingPro révèle un pessimisme croissant parmi les analystes avant la publication des résultats, reflétant les inquiétudes quant à la capacité de PepsiCo à naviguer dans un contexte macroéconomique difficile. Les marchés d’options anticipent une volatilité post-résultats, avec un mouvement implicite de +/- 4,1 % dans les deux sens.
Les analystes prévoient un bénéfice par action ajusté de 2,03 $, en baisse de 11 % par rapport aux 2,28 $ de la même période l’année précédente. Les revenus devraient également diminuer de 1,1 % en glissement annuel, à 22,25 milliards de dollars, reflétant les défis auxquels l’entreprise est confrontée. PepsiCo peine à maintenir ses volumes de ventes dans ses segments de boissons et de collations, en particulier en Amérique du Nord, en raison de la préférence croissante des consommateurs pour des alternatives plus saines, ce qui remet en question la pertinence de ses marques emblématiques comme Pepsi et Lay’s. De plus, la hausse des coûts des matières premières, notamment du sucre et des matériaux d’emballage, pèse sur les marges et la rentabilité.
Compte tenu de ces difficultés, PepsiCo est vulnérable à un échec des résultats et à une éventuelle réduction des prévisions, ce qui pourrait exercer une pression supplémentaire sur le cours de l’action. L’action PEP a clôturé à 135,26 $ vendredi, non loin de son plus bas de 52 semaines à 128,02 $ (enregistré le 25 juin). Les moyennes mobiles confirment la tendance baissière, seuls les horizons de court terme offrant un certain soutien.