Publié le 5 décembre 2025 à 20h26. L’administration américaine a considérablement renforcé les restrictions en matière d’immigration et d’asile, invoquant des préoccupations de sécurité après une attaque meurtrière à Washington. Ces mesures affectent les citoyens de 19 pays, principalement d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine.
- Les procédures d’asile sont temporairement suspendues aux États-Unis.
- L’immigration et la naturalisation sont bloquées pour les ressortissants de 19 pays.
- Les détenteurs de cartes vertes originaires de ces pays feront l’objet d’un contrôle de sécurité renforcé.
Dans la foulée d’une attaque armée qui a coûté la vie à un garde national à Washington le 26 novembre 2025, l’administration Trump a annoncé une série de mesures restrictives en matière d’immigration. L’agresseur présumé, un ressortissant afghan de 29 ans, avait travaillé auparavant pour la CIA et d’autres agences gouvernementales américaines, selon les médias.
Le gouvernement américain a initialement suspendu toutes les procédures d’asile, justifiant cette décision par la nécessité de garantir des contrôles de sécurité exhaustifs pour tous les demandeurs. Les services de citoyenneté et d’immigration des États-Unis (USCIS) ont déclaré qu’il fallait attendre que « tous les étrangers fassent l’objet d’une enquête et d’un contrôle le plus exhaustif possible ».
Parallèlement, de nouvelles restrictions ont été imposées aux citoyens de 19 pays, incluant des interdictions d’entrée sur le territoire américain et la suspension de toutes les demandes d’immigration ou de naturalisation. L’obtention d’un permis de séjour permanent, communément appelé Carte verte, ainsi que des autorisations de travail, est également bloquée pour les personnes originaires de ces nations.
Joseph Edlow, responsable de l’agence, a ordonné un « examen exhaustif et strict de toutes les cartes vertes des étrangers des pays concernés », y compris celles déjà délivrées. Cette mesure pourrait entraîner la révocation des permis de séjour et, dans certains cas, l’expulsion des personnes concernées.
Les pays concernés par ces restrictions se répartissent sur trois continents. Outre l’Afghanistan, le Yémen, l’Iran, le Turkménistan, le Myanmar et le Laos sont touchés en Asie. En Amérique latine, les restrictions s’appliquent à Cuba, Haïti et Venezuela. La majorité des pays sanctionnés se trouvent cependant en Afrique : Libye, Tchad, Soudan, Érythrée, Somalie, Sierra Leone, Togo, Guinée équatoriale, République du Congo et Burundi.
Ces 19 pays étaient déjà soumis à des interdictions d’entrée en juin 2025. Les nouvelles mesures constituent donc un durcissement des restrictions existantes. Selon les autorités américaines, ces pays sont considérés comme des « pays à haut risque » en raison d’un manque d’informations fiables sur leurs citoyens, rendant les contrôles de sécurité difficiles. De plus, ces nations sont accusées de ne pas coopérer suffisamment au rapatriement des personnes qui doivent quitter le territoire américain.
Les conséquences de ces mesures sont importantes pour les personnes concernées. Toutes les démarches relatives à l’obtention d’une carte verte, à la naturalisation et aux demandes d’asile sont suspendues. Les demandeurs ne peuvent pas poursuivre leurs procédures, même si elles sont en cours. Les détenteurs de cartes vertes pourraient les perdre après un nouveau contrôle de sécurité, avec un risque d’expulsion.
La suspension des demandes d’asile intervient alors que les États-Unis sont traditionnellement un refuge pour les réfugiés de guerre et les personnes politiquement persécutées. La réunification des familles touchées par ces mesures est également compromise, voire impossible. L’économie américaine pourrait également en subir les conséquences, notamment dans les secteurs qui dépendent de la main-d’œuvre étrangère.
Les élus démocrates et les organisations de défense des droits de l’homme ont vivement critiqué ces mesures. Tanya Greene, directrice du programme américain à Human Rights Watch, a déclaré :
« Ce changement radical n’a rien à voir avec la sécurité. Il s’agit plutôt de faire de nationalités entières des boucs émissaires pour justifier des mesures discriminatoires. »
Tanya Greene, directrice du programme américain à Human Rights Watch
(mn/part)
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