Publié le 31 décembre 2023 à 17h03. Dans son traditionnel discours de fin d’année, le président de la République italienne, Sergio Mattarella, a appelé à une paix durable face aux conflits internationaux et a souligné l’importance de préserver les valeurs fondatrices de la République italienne à l’approche de son 80e anniversaire.
- Le président Mattarella a exprimé son indignation face à la violence en Ukraine et à Gaza, appelant à un refus catégorique de ceux qui privilégient la force à la paix.
- Il a rappelé que la paix est une mentalité qui se construit au quotidien, dans le respect mutuel et le dialogue, à tous les niveaux de la société.
- Le chef de l’État a mis en avant l’importance de la Constitution italienne, fruit d’un compromis entre différentes forces politiques, et a souligné les réalisations sociales et économiques qui ont marqué l’histoire de la République.
Sergio Mattarella a débuté son allocution en évoquant une année marquée par des difficultés et des conflits à travers le monde. Il a particulièrement insisté sur la situation en Ukraine, dénonçant la destruction des villes et les souffrances de la population civile, ainsi que sur la tragédie humanitaire à Gaza, où des nouveau-nés succombent au froid.
« Face aux maisons et aux foyers dévastés par les bombardements des villes ukrainiennes, face à la destruction des centrales électriques laissant les enfants, les personnes âgées, les femmes et les hommes dans le froid de l’hiver glacial de ces territoires, face à la dévastation de Gaza, où les nouveau-nés meurent de froid, le désir de la paix est toujours plus élevée et le refus de ceux qui la nient parce qu’ils se sentent plus forts devient de plus en plus incompréhensible et répugnant. »
Sergio Mattarella, Président de la République italienne
Le président a souligné que la paix ne se limite pas à l’absence de guerre, mais qu’elle est avant tout une façon de penser, basée sur le respect et le dialogue. Il a insisté sur le fait que cette mentalité de paix doit se manifester dans tous les aspects de la vie quotidienne, des relations internationales aux interactions individuelles.
« La paix, en réalité, est une façon de penser : celle de vivre ensemble avec les autres, en les respectant, sans prétendre leur imposer sa volonté, ses intérêts, sa domination. »
Sergio Mattarella, Président de la République italienne
En se tournant vers l’avenir, le président Mattarella a annoncé que l’année prochaine marquera le 80e anniversaire de la République italienne. Il a invité les citoyens à se remémorer l’histoire de la République, en soulignant l’importance du rôle des femmes, qui ont été appelées à voter pour la première fois en 1946, donnant ainsi à la République un caractère démocratique indélébile. Il a également mis en lumière le travail de l’Assemblée constituante, qui a su trouver un consensus malgré les divergences politiques, et a rappelé que la Constitution italienne est un pilier fondamental de la nation.
Le discours a également évoqué les grandes réalisations de l’Italie républicaine, telles que la réforme agraire, le plan de logement, la création du service national de santé, qui garantit l’accès universel aux soins, et le développement du système de sécurité sociale. Le président a souligné l’importance de la culture, de l’art et du sport dans la construction de l’identité nationale, et a rendu hommage aux victimes du terrorisme et de la mafia.
« La Constitution italienne, qui a inspiré et guidé le pays pendant toutes ces décennies. La République est un tournant dans notre histoire. Non pas un État qui domine les citoyens mais un État qui reconnaît les droits inviolables, la liberté des personnes, les autonomies de la communauté. »
Sergio Mattarella, Président de la République italienne
Enfin, Sergio Mattarella a appelé les jeunes Italiens à ne pas céder au découragement et à s’engager activement dans la vie démocratique, en défendant les valeurs de liberté, de justice et de solidarité. Il a affirmé que la démocratie italienne est capable de surmonter tous les obstacles et de construire un avenir meilleur pour tous. Il a conclu en soulignant que chaque citoyen a un rôle à jouer dans la construction de la République et que l’unité et la cohésion sociale sont les clés du succès.
