Trente-six Palestiniens ont été arrêtés par l’armée israélienne lors de raids menés le 23 octobre 2026 à travers la Cisjordanie occupée, tandis que la violence contre les agriculteurs et la récolte des olives s’intensifie à l’approche des élections israéliennes du 27 octobre.
L’armée israélienne a mené le 23 octobre 2026 une vaste campagne d’arrestations à travers la Cisjordanie occupée, plaçant en détention 36 Palestiniens lors d’incursions nocturnes et de descentes domiciliaires. Cette vague répressive s’inscrit dans un climat de tensions exacerbées à quelques jours des élections israéliennes prévues le 27 octobre, alors que la saison de la récolte des olives fait face à une recrudescence d’attaques menées par des colons et des militaires.

Raids massifs et arrestations ciblées en Cisjordanie
Les opérations militaires ont touché plusieurs gouvernorats, ciblant des habitations et soumettant de nombreux habitants à des interrogatoires de terrain. Dans le gouvernorat de Jénine, les forces israéliennes ont arrêté 10 personnes, selon des données rapportées par l’agence de presse palestinienne Wafa et attribuées au Club des prisonniers palestiniens. D’autres arrestations ont eu lieu à Touqou, près de Hébron, où l’ancienne détenue Shorok al-Badan a été interpellée aux côtés de cinq autres habitants.
Dans le village de Khirbet Jawaya, situé dans la zone de Masafer Yatta à Hébron, la Commission de résistance contre le mur et la colonisation a documenté l’arrestation de 14 personnes. Des interpellations supplémentaires ont été menées à Burin, à Awarta près de Naplouse, ainsi que dans le camp de réfugiés de Qalandiya, près de Jérusalem. Parallèlement, dans les villes d’Aqaba et de Tammun, situées dans le gouvernorat de Tubas, des dizaines de résidents ont été brièvement retenus pour des interrogatoires menés dans des maisons temporairement transformées en centres de contrôle par les troupes israéliennes, d’après les déclarations de Kamal Bani Odeh, directeur du bureau du Club des prisonniers à Tubas.
Une escalade des violences contre la récolte des olives
Cette recrudescence des interpellations coïncide avec une multiplication des agressions visant les producteurs d’olives et leurs terres. La Commission de résistance contre le mur et la colonisation a recensé 17 exactions perpétrées en une seule journée par des colons et l’armée à travers plusieurs régions, notamment Hébron, Qalqilya, Naplouse, Ramallah, el-Bireh, Jénine et Salfit. Ces actes comprennent des violences physiques contre les agriculteurs, des interdictions d’accès aux parcelles, des destructions ou des incendies d’arbres, ainsi que des vols de récoltes et d’équipements agricoles sous la menace d’armes à feu.
Cette situation alarme les observateurs internationaux. Des experts des droits de l’homme des Nations unies ont souligné l’importance vitale de cette ressource pour les familles locales, alertant sur le fait que la destruction des oliveraies menace durablement la souveraineté alimentaire et les moyens de subsistance des communautés palestiniennes.

Les agriculteurs palestiniens doivent être protégés et pouvoir accéder à leurs terres en toute sécurité. Pourtant, année après année, la violence, les destructions et les restrictions s’intensifient.
Experts des droits de l’homme de l’ONU, Nations unies
Bilan chiffré des destructions et réactions politiques
Selon les données publiées par la Commission, entre le 1er et le 21 octobre 2026, un total de 409 attaques ont été répertoriées en Cisjordanie, dont 317 attribuées à des colons et 92 menées par l’armée israélienne. Ces incidents se divisent entre 287 attaques directes contre des agriculteurs et 122 ciblant les arbres, les terres ou le matériel. Par ailleurs, les données du ministère palestinien de l’Agriculture indiquent que 286 000 arbres ont été endommagés en Cisjordanie à la fin du mois de septembre 2026, tandis que la grande majorité des oliveraies de Gaza ont été détruites depuis le début du conflit en octobre 2023.
Sur le plan politique, les tensions sur le terrain se reflètent au sommet de l’État. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a annulé ses engagements électoraux prévus en fin de semaine, tandis que le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, a réagi en plaidant pour un contrôle total sur le territoire occupé.
Nous devons agir avant qu’il ne soit trop tard. L’Autorité palestinienne doit être démantelée et démilitarisée, et son infrastructure terroriste totalement détruite.
Itamar Ben Gvir, ministre de la Sécurité nationale
Les répercussions de ce climat tendu touchent également des figures politiques étrangères. Brad Lander, candidat démocrate au Congrès américain, a été brièvement détenu et averti par l’armée israélienne alors qu’il se portait volontaire pour aider des agriculteurs palestiniens à récolter leurs olives en Cisjordanie.