Une série d’interdictions de manifester et de couvre-feux stricts entre en vigueur ce week-end dans plusieurs villes de France, dont Lyon, Marseille et Grenoble. Ces mesures d’exception, décidées par les autorités préfectorales et municipales pour la journée du 24 octobre 2026, font suite aux graves violences urbaines des 17 et 18 octobre dernier.
La sécurité renforcée à Lyon et Marseille
La journée du samedi 24 octobre 2026 se déroule sous de strictes restrictions à travers le pays. Le dispositif policier doit être renforcé de 20 % par rapport au week-end précédent. Des unités spécialisées, des véhicules blindés et des militaires de l’opération Sentinelle sont mobilisés pour permettre de libérer des forces de l’ordre affectées au maintien de l’ordre.
À Lyon, la préfecture a prononcé une interdiction totale de toute manifestation pour ce samedi. Le représentant de l’État Étienne Guyot a proscrit un cortège planifié conjointement par l’Union Nationale des Étudiants de France et le Nouveau Parti Anticapitaliste Révolutionnaire qui avait pour destination finale la place Bellecour. Dans les Bouches-du-Rhône, le préfet Jacques Witkowski a pris un arrêté similaire interdisant toutes les manifestations, déclarées ou non, sur l’ensemble du département. La décision fait suite aux nombreux pillages et actes de vandalisme qui ont touché les commerces et des bâtiments publics le week-end dernier.
Couvre-feux ciblés et interdictions locales
À Marseille, le couvre-feu nocturne initialement réservé aux mineurs est prolongé et élargi. Pour les nuits de samedi à dimanche et de dimanche à lundi, de 23h à 5h du matin, la mesure s’applique à toute la population, majeurs comme mineurs. Le périmètre englobe désormais les bâtiments publics et institutionnels comme la mairie, la préfecture et le palais de justice. En Ardèche, le préfet Benoît Trévisani a interdit sur l’ensemble du territoire départemental le transport de carburant et le port d’armes par destination.
Dans l’Isère, la préfète Catherine Séguin a interdit strictement tout rassemblement ou cortège dans le centre-ville de Grenoble depuis le jeudi 22 octobre jusqu’au dimanche 25 octobre.
À Chambéry, un arrêté préfectoral interdit les cortèges ce samedi de 8h à 22h dans le centre historique, couvrant notamment la place du Palais de Justice. Du côté d’Annecy, le premier édile a mis en place une mesure restrictive interdisant la circulation des mineurs dans l’hypercentre ainsi que dans le secteur de Novel-Teppes, effective entre le samedi 24 octobre à 19 heures et le dimanche 25 à 6 heures du matin.

Les suites de la réunion de Matignon
Ces décisions administratives interviennent au lendemain d’une réunion à Matignon le 21 octobre jugée décevante par les organisations syndicales. La CGT a d’ores et déjà appelé à une nouvelle journée de mobilisation nationale fixée au 5 novembre prochain.
Pour ce samedi 24 octobre, l’incertitude demeure quant à l’ampleur réelle de la mobilisation sur le terrain. La combinaison des vacances scolaires, des interdictions prononcées ville par ville et de la persistance du souvenir des violences du week-end dernier pèse lourdement sur la tenue des cortèges.