Édition française
En continu
---Advertisement---

Technologie et science

3I/ATLAS : la comète interstellaire qui s’approche de la Terre et ce que l’on sait d’elle

Publié le 20 décembre 2025 à 15h00. Une comète interstellaire, la 3I/ATLAS, atteindra son point de plus proche rapprochement avec la Terre ce vendredi 19 décembre, offrant aux astronomes une occasion unique d'étudier un visiteur venu d'un autre…

3I/ATLAS : la comète interstellaire qui s’approche de la Terre et ce que l’on sait d’elle

Publié le 20 décembre 2025 à 15h00. Une comète interstellaire, la 3I/ATLAS, atteindra son point de plus proche rapprochement avec la Terre ce vendredi 19 décembre, offrant aux astronomes une occasion unique d’étudier un visiteur venu d’un autre système stellaire.

  • La comète 3I/ATLAS, découverte par l’observatoire ATLAS, est le troisième objet interstellaire identifié à ce jour.
  • Elle se déplace à une vitesse impressionnante d’environ 60 kilomètres par seconde, ce qui équivaut à un voyage de l’extrême nord au sud du Chili en une minute.
  • Des chercheurs chiliens ont analysé sa composition et son origine, révélant une chimie inhabituelle et une possible provenance du disque épais de la Voie Lactée.

La comète 3I/ATLAS, dont le nom indique qu’il s’agit du troisième objet interstellaire à visiter notre système solaire, se rapproche rapidement de la Terre. Détectée initialement par l’observatoire ATLAS (Asteroid Terrestrial-impact Last Alert System), conçu pour identifier les astéroïdes et autres corps célestes potentiellement dangereux, elle suscite un vif intérêt dans la communauté scientifique internationale.

Une équipe de chercheurs du Centre d’Astrophysique et Technologies Connexes – CATA (ANID Basal Center) et de la Pontificia Universidad Católica de Chile (UC), dirigée par le Dr Thomas Puzia, a étudié la comète à l’aide du Very Large Telescope (VLT) de l’Observatoire européen austral (ESO). Leurs observations ont permis d’approfondir la compréhension de sa composition, de sa dynamique et de son origine.

Selon les estimations, le noyau de la comète 3I/ATLAS mesurerait entre 440 mètres et 5,6 kilomètres de diamètre. Pour donner une idée de l’échelle, Rohan Rahatgaonkar, astronome à l’UC, compare sa taille à celle de la tour du Centre Costanera de Santiago, qui culmine à 300 mètres :

« Le noyau de la comète pourrait être environ 1,5 à 19 fois plus grand que la tour du Centre Costanera. »

Rohan Rahatgaonkar, astronome

La coma, le nuage de gaz et de poussière qui entoure le noyau, s’étend sur des milliers de kilomètres.

La vitesse de la comète est également remarquable, atteignant environ 60 kilomètres par seconde. Juan Pablo Carvajal, chercheur au CATA, illustre cette vitesse en la comparant à un voyage terrestre :

« Un voyage d’Arica à Punta Arenas prendrait environ une minute à cette vitesse. »

Juan Pablo Carvajal, chercheur au CATA

L’analyse de la composition de la comète a révélé des particularités intéressantes. Les premières observations ont détecté des vapeurs de nickel et de fer, ainsi que des composés à base de carbone, dans des proportions inhabituelles pour les comètes de notre système solaire. Au fur et à mesure de son approche du Soleil, la chaleur a modifié sa surface, rapprochant sa chimie de celle des comètes solaires, ce qui fournit des indices sur l’évolution du matériau qui la compose.

Les chercheurs estiment que la comète 3I/ATLAS provient d’une autre étoile que le Soleil, ayant voyagé pendant des milliards d’années avant d’entrer dans notre système solaire. Baltasar Luco, associé au CATA, précise :

« Nous pouvons dire qu’elle vient du disque épais de la Voie Lactée, même si pour le moment il n’est pas possible d’identifier une étoile spécifique. Au cours de son long voyage, elle aurait pu rencontrer d’autres étoiles et sa trajectoire pourrait remonter à des époques antérieures à la formation du système solaire. »

Baltasar Luco, associé au CATA

La trajectoire de la comète est surveillée de près. Bien qu’elle présente des variations dues à la sublimation (l’éjection de matière et de masse lorsqu’elle s’approche du Soleil), les chercheurs assurent qu’il n’y a aucun risque de collision avec la Terre. Rohan Rahatgaonkar explique :

« L’espace est vraiment immense. Les astronomes utilisent une unité spéciale appelée Unité Astronomique (UA), qui correspond à la distance moyenne entre la Terre et le Soleil, soit environ 150 millions de kilomètres. Pour mettre cela en perspective, la Lune est à 0,0026 UA de la Terre, soit environ 384 400 km. »

Rohan Rahatgaonkar, astronome

Malgré l’intérêt suscité, obtenir des images détaillées de la comète s’avère difficile en raison de sa petite taille et de sa grande distance. Seules la coma et la queue, qui s’étendent sur des milliers de kilomètres, peuvent être capturées avec les télescopes actuels.

Les chercheurs soulignent que la comète 3I/ATLAS semble être une comète primitive, ayant conservé une chimie très préservée depuis sa formation autour d’une autre étoile. Juan Pablo Carvajal conclut :

« Tout indique qu’il s’agit d’une comète avec une composition très primitive, qui a maintenu une chimie très préservée depuis sa formation autour d’une autre étoile de notre galaxie. Il n’y a aucune preuve qu’il s’agisse d’un objet créé artificiellement ou d’une vie extraterrestre. »

Juan Pablo Carvajal, chercheur au CATA

Vous pourriez être intéressé par : Ils lancent un projet qui interdit et réglemente l’utilisation des téléphones portables dans les établissements scolaires

Join WhatsApp

Join Now

Join Telegram

Join Now

Laisser un commentaire

À propos de l’auteur: Thomas Caron

Thomas Caron couvre les technologies, les sciences, l’intelligence artificielle et l’innovation. Il explique les nouveautés sans jargon inutile et distingue les annonces spectaculaires des avancées réellement établies.