Publié le 21 octobre 2024 22:42:00. Une nouvelle étude révèle que même une faible activité physique, comme marcher seulement 4 000 pas par semaine, peut réduire significativement le risque de maladies cardiovasculaires et de décès, en particulier chez les femmes âgées.
- Marcher seulement 4 000 pas par semaine est associé à une réduction du risque de maladies cardiovasculaires et de mortalité.
- L’objectif de 10 000 pas par jour, souvent promu par les applications de fitness, est remis en question par les experts.
- L’étude souligne l’importance de sortir d’une approche « tout ou rien » de l’exercice physique.
L’idée que l’exercice physique est bénéfique pour la santé n’est pas nouvelle. Cependant, une étude récente publiée dans le British Journal of Sports Medicine apporte un éclairage surprenant : il n’est pas nécessaire de viser des objectifs ambitieux pour en ressentir les effets positifs. Les résultats, basés sur l’observation de plus de 13 000 femmes d’un âge moyen de 72 ans, suggèrent que même une activité modeste peut avoir un impact notable sur la santé cardiovasculaire et la longévité.
Les participantes à l’étude ont porté des podomètres pendant une semaine, permettant aux chercheurs d’enregistrer le nombre de jours où elles atteignaient différents seuils de pas (4 000, 5 000, 6 000 et 7 000). Pendant plus d’une décennie, les chercheurs ont ensuite suivi l’apparition de maladies cardiovasculaires et les décès. L’analyse a révélé que les femmes qui marchaient 4 000 pas une ou deux fois par semaine présentaient un risque réduit de 27 % de développer une maladie cardiovasculaire et un risque réduit de 26 % de mourir pendant la période d’étude, par rapport à celles qui ne marchaient pas du tout.
Ces découvertes remettent en question la popularité de l’objectif de 10 000 pas par jour, souvent affiché par les applications de suivi d’activité. Amanda Paluch, professeure de kinésiologie à l’Université du Massachusetts à Amherst, explique que ce chiffre semble être né d’un podomètre japonais commercialisé il y a plusieurs décennies.
« Cela n’a jamais été étayé par des preuves scientifiques. »
Amanda Paluch, professeure de kinésiologie à l’Université du Massachusetts à Amherst
Elle souligne que les pas restent un moyen pratique de mesurer l’activité physique, et que les chercheurs se sont efforcés de déterminer le nombre optimal pour une meilleure santé.
L’étude corrobore d’autres recherches, notamment celles menées par la même équipe, qui suggèrent que même 6 000 pas par jour sont associés à un risque plus faible de maladies cardiaques chez les adultes d’environ 60 ans. Elle s’inscrit également dans la lignée des travaux sur les « guerriers du week-end », ces personnes qui concentrent leur activité physique sur un ou deux jours par semaine et qui bénéficient tout de même d’effets positifs sur leur santé. Étude sur les “guerriers du week-end”
Le Dr Shaan Khurshid, électrophysiologiste cardiaque au Massachusetts General Hospital, confirme que même une quantité modeste d’exercice peut avoir des effets bénéfiques significatifs.
« Cette découverte nous permet d’encourager les patients en leur disant que même s’ils ne font pas d’exercice ou ne marchent pas tous les jours, ils en retirent tout de même des bénéfices. »
Dr Shaan Khurshid, électrophysiologiste cardiaque au Massachusetts General Hospital
Il est important de noter que cette étude a été menée sur un groupe de femmes âgées, principalement blanches. Le Dr Rikuta Hamaya, auteur de l’étude et professeur de médecine au Brigham and Women’s Hospital, souligne la nécessité de mener des recherches plus diversifiées auprès de populations plus jeunes afin de déterminer si les mêmes effets bénéfiques se manifestent dans d’autres groupes. De plus, les chercheurs ne peuvent affirmer avec certitude que l’activité physique a directement causé l’amélioration de la santé des participantes, car d’autres facteurs pourraient être en jeu.
Néanmoins, l’accumulation de preuves suggérant que même de petites quantités d’exercice sont bénéfiques est encourageante. Si vous envisagez d’augmenter votre niveau d’activité physique, cette étude rappelle que chaque pas compte.
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