Home Santé42 % des femmes ne savent pas si elles ont été vaccinées contre le VPH

42 % des femmes ne savent pas si elles ont été vaccinées contre le VPH

by Sophie Martin

Publié le 2024-02-29 10:15:00. Une étude récente révèle que plus d’une femme brésilienne sur quatre ignore ou doute de l’efficacité du vaccin contre le papillomavirus humain (VPH), un enjeu majeur de santé publique face à la prévention des cancers gynécologiques.

  • 42 % des femmes brésiliennes âgées de 18 à 45 ans déclarent ne pas avoir été vaccinées contre le VPH ou ne s’en souviennent pas.
  • La sécurité du vaccin et l’âge approprié pour la vaccination sont les principales préoccupations exprimées.
  • Les experts soulignent l’importance de la vaccination chez les hommes pour une protection collective accrue.

L’enquête, menée par l’Organisation mondiale de la santé en partenariat avec l’EVA – Groupe brésilien des tumeurs gynécologiques, met en lumière un niveau d’hésitation significatif concernant la vaccination contre le VPH. Près d’un quart des femmes interrogées (26 %) affirment ne pas avoir été vaccinées, et parmi celles-ci, 16 % remettent en question l’efficacité de la protection offerte. Ces chiffres témoignent de la persistance de la désinformation et de son impact sur les comportements de prévention.

La sécurité du vaccin est au cœur des inquiétudes. L’infectologue Luísa Chebabo, des laboratoires Bronstein et Sérgio Franco de Dasa à Rio de Janeiro, insiste sur la nécessité d’un accès plus large à une information fiable :

« Le vaccin contre le VPH possède un historique d’utilisation solide, couvrant plus de 15 ans dans de nombreux pays. Il s’agit d’une méthode préventive excellente et très efficace contre les types viraux les plus à risque. L’hésitation vaccinale repose davantage sur des idées fausses que sur des données scientifiques avérées. »

Luísa Chebabo, infectologue

L’âge auquel se faire vacciner est également une source de confusion. L’étude révèle que 58 % des femmes non vaccinées pensent que la vaccination n’est pas adaptée à leur âge. Luísa Chebabo précise que la vaccination contre le VPH ne se limite pas à l’adolescence :

« Pour les femmes qui n’ont pas été vaccinées auparavant, une vaccination peut être recommandée jusqu’à 45 ans, en fonction d’une évaluation médicale personnalisée. Dans certains cas, cette indication peut être encore plus individualisée. »

Luísa Chebabo, infectologue

Actuellement, le vaccin tétravalent est proposé gratuitement par le SUS (Système Unifié de Santé) aux filles et aux garçons âgés de 9 à 14 ans. Dans le secteur privé, une formulation nonavalente, offrant une protection contre neuf sous-types du virus, est également disponible. Il est important de noter que la vaccination masculine est essentielle pour réduire la circulation du virus et protéger l’ensemble de la communauté, car les hommes peuvent également développer des cancers liés au VPH (pénis, anus, pharynx) et contribuer à sa transmission.

Malgré l’efficacité de la vaccination dans la réduction des infections et des lésions précancéreuses, la gynécologue Martha Calvente, de la clinique CDPI (également de Dasa), rappelle que le vaccin ne dispense pas des examens de dépistage réguliers.

« Le temps nécessaire pour qu’une lésion de haut grade évolue en tumeur est long, pouvant s’étendre sur plusieurs années. C’est cette lente progression qui rend le test Pap si efficace. Cet examen de routine permet au médecin de surveiller et de détecter les lésions précancéreuses afin de pouvoir les traiter avant qu’elles ne se transforment en cancer. »

Martha Calvente, gynécologue

La combinaison de la vaccination et du dépistage régulier reste donc la stratégie la plus efficace pour prévenir les cancers liés au VPH.

You may also like

Leave a Comment

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.