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67 % des adultes ne se soucient pas de voir du contenu médiatique préjudiciable

by Antoine Girard

Publié le 21 octobre 2025 17h39. Une nouvelle étude révèle un contraste frappant dans la perception des contenus médiatiques potentiellement nuisibles : si la majorité des adultes ne s’inquiète pas pour elle-même, les parents expriment de vives préoccupations concernant l’exposition des jeunes enfants à de tels contenus.

  • Deux adultes sur trois (67 %) ne se sentent pas concernés par la possibilité de visionner ou d’entendre des contenus choquants ou offensants.
  • Plus de la moitié des parents (52 %) estiment qu’il est nécessaire de limiter l’accès des jeunes enfants à ces contenus.
  • Les parents sont particulièrement sensibles à l’exposition des enfants à la violence, aux thèmes sexuels et à la nudité.

L’étude, intitulée « Perspectives du public sur les contenus médiatiques nuisibles et offensants », a été menée par la Coimisiún na Meán, l’Office irlandais de classification des films (IFCO) et le Bureau du Médiateur pour les enfants. Elle examine les attitudes des adultes et des enfants face aux contenus diffusés sur la télévision, la radio, au cinéma, en vidéo à la demande et sur les plateformes de divertissement à domicile.

Si la plupart des adultes ne semblent pas particulièrement inquiets face à la possibilité de rencontrer des contenus potentiellement préjudiciables, les parents se montrent beaucoup plus vigilants, en particulier lorsqu’il s’agit de jeunes enfants de moins de 12 ans. 74 % des parents se disent « très préoccupés » par l’exposition de leurs enfants à des comportements dangereux ou nuisibles, à des thèmes sexuels et à de la nudité (74 %), ou encore à la violence (66 %). Le langage grossier suscite moins d’inquiétudes (44 %).

L’étude révèle également une différence de perception selon l’âge des enfants. Les parents sont généralement moins préoccupés par l’exposition des adolescents à des contenus potentiellement problématiques, estimant parfois que certains contenus pour adultes peuvent être appropriés pour les jeunes plus âgés, à condition qu’ils soient présentés de manière responsable et puissent contribuer à leur éducation.

« Certains contenus pour adultes peuvent convenir aux enfants plus âgés, s’ils sont consensuels, si leur représentation est saine et réaliste, et s’ils peuvent contribuer à l’éducation de leurs enfants. »

Parents interrogés

En ce qui concerne les types de médias, les adultes expriment le plus de préoccupations concernant les émissions de télé-réalité (49 %), suivies des séries dramatiques et des fictions (31 %), des documentaires (27 %) et des divertissements légers (25 %).

Aoife MacEvilly, commissaire à la radiodiffusion et à la vidéo à la demande de la Coimisiún na Meán, a souligné l’engagement de l’organisation à garantir que le public, et en particulier les enfants, puisse profiter des aspects positifs des médias tout en étant protégé de leurs dangers potentiels. Elle a insisté sur la nécessité de garantir que les citoyens irlandais, notamment les plus jeunes, puissent « interagir en toute sécurité avec un contenu adapté à leur âge ».

Des groupes de discussion ont été organisés avec des jeunes de 8 à 17 ans, et leurs observations ont été intégrées au rapport. Le Médiateur pour les enfants, le Dr Niall Muldoon, a constaté que les enfants étaient « très conscients des risques encourus par les jeunes lorsqu’ils sont exposés à des contenus préjudiciables ». Ils ont évoqué les conséquences potentielles sur leur santé mentale et la possibilité que les plus jeunes tentent d’imiter des comportements dangereux observés à l’écran.

Les jeunes participants ont également fait la distinction entre les comportements dangereux présentés comme réalistes et ceux qui relèvent de la fiction, considérant ces derniers comme moins nocifs. Un jeune a ainsi expliqué :

« Quand je regarde un film et que je vois des propos insultants envers d’autres personnes, cela ne me fera pas autant de mal que si je regardais YouTube. Parce que ce que je sais d’un film, c’est qu’il y a des acteurs. Ils jouent. Ils font leur travail. »

Jeune participant à l’étude

L’étude aborde également la facilité d’accès au contenu sexuel en ligne, pointant du doigt la préoccupation des jeunes face à cette accessibilité. Un participant plus âgé a déclaré :

« J’ai l’impression que c’est beaucoup trop facile d’accès, c’est comme une simple recherche et vous voyez des choses que vous ne devriez pas pouvoir voir. »

Jeune participant à l’étude

Plusieurs participants ont exprimé leur inquiétude quant à l’influence potentielle de contenus sexuels misogynes sur le développement d’attitudes et d’attentes malsaines chez les jeunes, en particulier les garçons et les jeunes hommes. Un participant a même évoqué sa préoccupation face à l’influence de la « manosphère ».

« La seule chose qui me préoccupe vraiment, c’est que le contenu de la manosphère soit imposé aux jeunes garçons, car j’ai l’impression que cela a un réel impact sur moi. Je peux remarquer… que je serais en mesure de choisir les garçons de mon année, qui regarde et qui ne regarde pas. »

Jeune participant à l’étude

Concernant les classifications par âge, un participant plus jeune a souligné l’importance de règles adaptées à chaque tranche d’âge :

« Je suis sûr qu’il y a des choses que, par exemple, les gens de mon âge verraient et diraient, oh, vous savez, rien de bien grave. Mais un enfant de cinq ans pourrait le voir et il pourrait avoir vraiment peur. Donc, je pense qu’il est important d’avoir des règles parce que différents âges peuvent gérer différentes choses. »

Jeune participant à l’étude

Le Dr Ciarán Kissane, directeur de la classification des films à l’IFCO, a indiqué que cette recherche avait déjà influencé les nouvelles directives de classification de l’IFCO, qui seront publiées en juin 2025, et servira de référence permanente pour l’équipe de classification.

L’étude révèle que la télévision (86 %) reste la source la plus courante d’accès aux contenus médiatiques pour les adultes, suivie de la vidéo à la demande (82 %), de la radio (66 %) et du cinéma (63 %).

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